Le président Trump aurait donné son feu vert au général à la retraite Khalifa Haftar pour prendre Tripoli, marquant un tournant décisif dans la position des Etats-Unis à l'égard de la crise en Libye, confient des diplomates américains à Bloomberg. La Maison Blanche a annoncé vendredi dernier dans un communiqué que le président Trump et Khalifa Haftar ont discuté le 15 avril d'une "vision commune" pour la transition en Libye. La présidence américaine a loué le rôle de Haftar dans la lutte contre le terrorisme et la sécurisation des ressources pétrolières de la Libye. Par ce rapprochement du général à la retraite Khalifa Haftar, la Maison Blanche se démarque de la traditionnelle position américaine sur la crise en Libye, réitérée récemment par le secrétaire d'Etat, Mike Pompeo. Dans une déclaration, publiée le 7 avril, le chef de la diplomatie américaine s'est clairement opposé à l'offensive militaire menée par les troupes de Khalifa Haftar, exigeant l'arrêt immédiat de l'assaut sur Tripoli. Peter Bode, le chargé d'affaires américain en Libye, a mis en garde Haftar contre une telle aventure, en déclarant lors d'une réunion tenue en février à Abou Dhabi, que la capitale Tripoli était "une ligne rouge", affirment ces sources diplomatiques. Trump et Bolton sont à l'origine du changement de cap en Libye. Washington qui a initialement soutenu l'initiative britannique au Conseil de sécurité pour arrêter les combats a stoppé ensuite ses efforts, opposant une résistance à un projet de résolution réclamant un cessez-le-feu aux belligérants.