Cinq courts-métrages ont été présentés samedi à la cinémathèque d'Oran au titre de la compétition officielle du 4ème Festival international du film arabe (FIFAO). Il s'agit de "Canari" du réalisateur bahreïni Abu Ali, "La marche du crabe" du marocain Hafid Aboulhayene, "La femme inconnue" du syrien Fajr Yacoub,"Le moulin" du libanais Rami Kodieh et "La cage" du bahreïni Hussein Alriffaei. "Canari" parle de la solitude de gens qui ne trouvent de compagnie que celle d'un canari enfermé dans une cage. A défaut de chanter sa joie, de se voir entouré par des personnes qui souffrent, elles mêmes, d'handicap, un septuagénaire qui passe son temps à téléphoner à des personnes imaginaires, une petite fille aveugle et un sourd-muet qui aime secrètement sa voisine, le canari se cloître dans un mutisme le plus total. Passant d'une personne à une autre, l'oiseau sera finalement vendu au sourd-muet qui décidera enfin à le "libérer" de toute entrave en le laissant prendre son envol. "La marche du crabe", du cinéaste franco-marocain Hafid Aboulhayene, est l'histoire d'un amour impossible entre Samy, un jeune paraplégique et Sarah, une belle bibliothécaire qui "collectionne" les aventures et les déceptions amoureuses. Le film se veut un plaidoyer pour le droit au bonheur et à l'amour des handicapés trop souvent marginalisés dans leur société. "Je t'ai aimée comme un humain et c'est de cela dont j'ai honte" chantait un rappeur. Une phrase qui résume tout le désarroi de Samy. "La femme inconnue" raconte l'histoire de Rym, une jeune sculpteuse, qui croit revoir dans la rue une femme, Mme Rihab, qui ressemble fort à sa défunte mère. Elle part sur ses traces et tente, dans son atelier, de sculpter une tête qui ressemble, trait pour trait, à ce "fantôme" qui la hante depuis des mois. Rym se rendra à l'évidence que sa mère est belle et bien morte.Un soir sous une pluie battante, prise par une crise de déprime, elle détruit son oeuvre artistique. "La cage" du bahreïni Hussein Al-Riffae parle du cas d'Amer, un chauffeur, qui séquestre sa s£ur Salwa, dans une cave pour la préserver des "convoitises" de jeunes prétendants, n'hésitant pas à tuer ceux qui franchissent le seuil de leur porte à la recherche de la belle Selwa. Amer est atteint d'une grave maladie qui l'emportera en fin de compte, laissant seule Selwa, emprisonnée dans sa "cage" sans que quelqu'un ne vienne à son secours. Enfin, "le moulin" du jeune libanais Rami Kodieh relate l'histoire de deux amis bivouaquant près d'un moulin abandonné, dans un cadre magnifique de la campagne du pays du cèdre. Au fil des heures, le ton entre les deux amis monte. Les réprimandes de part et d'autre se multiplient alors que des scènes de violence, intériorisées au fond de chaque personnage, remontent en surface. Et le drame survient. Un personnage finit par tirer sur son ami pour le tuer avant de retourner l'arme contre lui et se suicider. La troisième séance de cette catégorie, prévue mardi, verra l'entrée en lice de deux courts-métrages algériens, "Le dernier passager" de Mounes Khemmar et "Khouya" de Yanis Koussim.