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Au soleil de la langue
Publié dans El Watan le 12 - 02 - 2009

Là où Malek Haddad (1928-1978) avait cru bon mettre un point final, sans espoir de revenir à la ligne, Kateb Yacine (1928-1988), son coéquipier dans cet éternel combat de l'écriture, préféra ne pas céder à la tentation de l'instant où toutes les pistes linguistiques semblaient se brouiller. Il prit, tout naturellement, la décision de poursuivre sa quête dans une Algérie réconciliée avec son histoire, mais pas avec sa langue ou ses langues. On se souvient, en effet, qu'en 1961, Malek Haddad, lors d'un voyage qui l'avait mené à Damas pour clamer la voix de l'Algérie combattante, avait dit à son ami, le poète syrien, Souleiman Al Alissa : « Si je savais chanter, je l'aurais fait en arabe ». A la même période, Kateb Yacine préparait son roman Le Polygone étoilé, avant d'amorcer un virage déterminé et prendre une direction toute nouvelle pour lui et pour la littérature algérienne : le dialectal algérien ancestral.
Lakhdar, Nedjma et les autres protagonistes de son espace littéraire, allaient désormais parler en arabe algérien dans toutes les pièces théâtrales qu'il devait écrire jusqu'à sa mort. Il faut dire qu'à partir de ce revirement, il s'était senti bien chez lui. De fait, lui qui disait que la patrie est cette chose qui réunit tous ses enfants, s'était retrouvé dans la langue populaire de cette même patrie. C'est que Kateb Yacine recherchait cette « vérité pratique » dont parle Paul Eluard dans un de ses poèmes intitulé justement La poésie a pour but la vérité pratique. Et cette vérité-là ne pouvait être atteinte que par le truchement d'un mariage heureux entre le peuple et la langue dont il fait usage dans sa quotidienneté. A regarder de plus près, on s'aperçoit rapidement que l'écrivain s'inscrivait pleinement dans la courbe de son peuple, donc de l'humain, en cela qu'il avait toujours quelque chose à se mettre sous la dent en matière linguistique.
Déjà, dans la fameuse interview accordée, en 1956, à la suite de la parution de Nedjma, au célèbre journaliste Pierre Desgraupes (sans doute la première et dernière fois où un écrivain algérien passait sur la télévision française avant l'indépendance), on le voit tranchant en matière d'expression linguistique, mettant au-devant de la scène sa volonté d'aller toujours de l'avant pour dire ce qu'il avait à dire. Pour lui, la langue française n'était pas quelque chose de définitif, même s'il s'agissait d'un « butin de guerre » selon sa célèbre définition. La langue, la véritable, c'est cette quête de l'homme dans son combat pour réaliser son propre équilibre avec lui-même et avec ses racines. Du reste, en matière de racines, Kateb Yacine ne manquait pas de choses à exprimer, car, depuis son emprisonnement en 1945 et son exil, il avait entrepris de revenir sans cesse sur son moi pour se le réapproprier et le cultiver jusqu'aux derniers moments de sa vie, fin octobre 1988.
L'enjeu de son combat linguistique fut donc une espèce de minuscule point d'eau dans le désert qu'il lui fallait atteindre à tout prix. Ses pièces théâtrales, écrites et jouées en dialectal algérien, données devant des publics enthousiastes, devaient ainsi faire la boucle de cette quête linguistique qui s'inscrivait dans une recherche frénétique qui consistait en quelque sorte à se remettre d'aplomb avec soi-même et son pays et oser contempler la face du soleil, celui de la modernité.


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