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Oasis sans lumières ?
Publié dans El Watan le 15 - 03 - 2007

D'un côté, les intellectuels et les amoureux des arts, pour le déplorer, de l'autre, les responsables de la culture au chef-lieu de wilaya, qui ne cessent de trouver des excuses pour justifier le statu quo et masquer leur incapacité à mieux gérer la situation.
La naissance de la première troupe théâtrale à Bou Saâda remonte à 1955, sur l'initiative de quelques membres du FLN. Sous le poids de la répression et de l'engagement de ses éléments dans le combat nationaliste, cette troupe s'est disloquée trois ans après. Après l'indépendance, aucune véritable initiative pour faire revivre le 4e art n'a pu voir le jour, et l'on ne peut signaler sur ce plan que quelques tentatives bien limitées et occasionnelles, menées dans le cadre du scoutisme et lors des fêtes nationales ! Il fallut attendre 1995 pour assister à la création de la première association théâtrale locale, la troupe El Qadeçia. Cette association, présidée par le dramaturge Youcef Mahmoudi, envisageait d'enraciner une tradition théâtrale dans la ville. Pendant 4 ans, elle a pu produire sept pièces, dans différents genres et se distinguer dans plusieurs manifestations culturelles nationales. Cependant, faute d'un siège ou d'une salle de répétition, et devant l'indifférence des autorités locales et l'absence d'aides, l'association n'a pu poursuivre son travail de création et d'animation. Ainsi disparut El Qadeçia qui était alors la seule association à vocation théâtrale de tout le territoire de la wilaya de M'sila. Son animateur, Youcef Mahmoudi, nous a affirmé qu'il avait vainement, et à plusieurs reprises, présenté des demandes auprès de la mairie de Bou Saâda pour avoir accès à la grande salle des fêtes. Le destin de cette salle est éloquent : fermée aux artistes et grande ouverte pour les rassemblements politiques ! Aujourd'hui, après l'avortement de son projet, l'homme de théâtre a trouvé refuge dans la Maison des jeunes où il continue vaille que vaille d'exercer sa passion avec une troupe composée principalement d'enfants. Le problème majeur que rencontrent les intellectuels et les artistes de la ville de Bou Saâda reste l'absence d'infrastructures qui pourraient les accueillir. Malheureusement, ces dernières années, la bibliothèque municipale – inaugurée au milieu des années 1970 – conçue pour attirer les gens de culture et les jeunes, a été transformée en véritable caverne, dominée par des gens qui n'ont apparemment aucun rapport avec sa vocation. Pour sa part, le musée national Nasr Eddine Dinet s'est replié loin des milieux intellectuels, ne leur offrant pas des occasions de se voir et de discuter. La plupart du temps déserté, il se recroqueville hors de la scène culturelle de la ville (voir encadré ci-après).
Face à cette situation, les intellectuels de Bou Saâda ne trouvent refuge que dans les cafés où ils se rencontrent régulièrement pour échanger. Le poète Ahmed Abdelkrim nous a ainsi affirmé : «L'absence d'institutions et d'espaces dans lesquels on peut se réunir, nous impose de nous réfugier dans les cafés, et parfois, dans la rue, pour nous rencontrer et échanger». Dans le meilleur des cas, les gens de culture se regroupent à la Maison des jeunes, après l'accord de son directeur, assorti toujours d'exigences, pour un récital de poésie, et ce, en l'absence quasi-totale de public, par manque de canaux de communication. Aujourd'hui, à Bou Saâda, les librairies sont bien moins nombreuses qu'auparavant.
A vrai dire, il n'y en a plus que trois dignes de cette dénomination : les librairies El Haramaïne, El Ghazali et Saâdan, l'ex-filiale de la SNED. Ce qui est fortement remarqué en ces lieux est la domination des livres aux sujets religieux et parascolaires et l'absence quasi-totale de littérature (romans, recueils de poésie, essais…) ou de livres d'histoire.
Leurs propriétaires semblent plus attirés par le commerce que le savoir, option qui favorise un public bien précis qui représente leurs catégories de clientèle préférée. Ces remarques diverses et sans doute incomplètes montrent que la vie culturelle de Bou Saâda se réduit à bien peu de choses. La ville est gravement malade de ce point de vue. On pourrait citer également la salle de cinéma qui a été transformée en un arrondissement de sécurité et l'ancienne Maison de culture, transformée durant la décennie noire, en une garnison.
Aujourd'hui, elle est devenue le siège de plusieurs clubs sportifs et annexes de la mairie. Quel avenir pour la culture dans un pays qui ne respecte pas ses intellectuels ? A Bou Saâda, on entend parler des cafés littéraires d'ailleurs, mais ce n'est que dans les cafés que l'on peut encore parler de littérature.


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