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Une wilaya loin des vicissitudes et de la pollution du Nord
Virée à El Bayadh, région aux énormes potentialités, terre de Plusieurs atouts non exploités
Publié dans El Watan le 02 - 09 - 2009

El Bayadh (ex-Geryville) recèle d'énormes potentialités pour amorcer son développement dans tous les domaines. La richesse de son histoire, la générosité de sa terre dans les domaines agricole et minier, à titre d'exemple, peuvent la rendre parmi les wilayas les plus développées du pays.
El Bayadh. De notre envoyé spécial
Située à 700 km au sud-ouest d'Alger et faisant partie de la région des Hauts-Plateaux (plus de 1300 m d'altitude), El Bayadh est toujours en mal d'investissements. Cette wilaya tire son nom d`une matière locale, de couleur blanche, avec laquelle les premiers habitants lavaient leurs habits. D'autres sources avancent que ce sont les fortes chutes de neige qui caractérisent la région qui sont derrière cette appellation ; la zone d'El Bayadh est la plus froide d'Algérie et l'une des plus froides de toute l'Afrique, avec des températures allant jusqu'à -12° en hiver dans certains endroits. Elle est connue aussi pour ses outardes et ses célèbres batailles de Cheikh Bouamama et des Ouled Sidi Cheikh durant l'époque coloniale. Elle a surtout l'avantage d'être limitée par huit wilayas, ce qui en fait un axe de transit par excellence : Saïda et Tiaret au nord, Laghouat, Ghardaïa et Adrar à l'est et au sud-est, Sidi Bel Abbès, Naâma et Béchar à l'ouest et au sud-ouest. D'une superficie dépassant les 70 000 km2 (72 000 km2 selon la wilaya et plusieurs autres sources, 78 000 km2 d'après les données de la Présidence et du ministère de l'Intérieur), sa population est estimée à 200 000 habitants seulement, soit une densité d'un habitant pour 3 km2, alors que sa superficie équivaut au double d'un pays comme la Belgique. El Bayadh fait 30 fois le Luxembourg et plus de 100 fois la principauté du Bahreïn.
Loin de la pollution du nord, son air est pur et ses différentes ruelles sont souvent propres et espacées. Les arbres de la région sont d'une verdure nette et éclatante du fait de l'absence de poussière. La wilaya d'El Bayadh, qui a tout pour être plus développée qu'elle ne l'est, enregistre toutefois, impuissante, un taux de chômage important (+ de 20%). La montée des sables menace sérieusement les terres agricoles et les parcours face à l'absence de politique de boisement et de réalisation de retenues collinaires pour contrecarrer cette avancée du désert. L'activité économique y est surtout basée sur le pastoralisme et les 12 000 éleveurs d'ovins de cette wilaya appréhendent fortement l'omniprésence des dunes de sable dans leur parcours. A El Bayadh, l'industrie lainière, le tannage des peaux et la fabrication de cuir, ainsi que la production de lait et dérivés méritent d'être développés vu la vocation pastorale de la région. L'espèce ovine y est la plus répandue avec plus de 1 250 000 têtes, ce qui classe cette wilaya au premier rang à l'échelle nationale dans ce genre d'élevage. Le marché de Bougtob, dédié aux moutons, est aussi le plus important du pays. Ceci étant, les cinq zones d'activités de la wilaya attendent désespérément d'être boostées. Selon le site internet (officiel) de la wilaya, sur les 349 lots relevant de ces zones, 132 ont été affectés et 217 attendent encore preneurs. 10 lots seulement sont occupés, générant un nombre insignifiant d'emplois (17 seulement). A El Bayadh, l'industrie pharmaceutique est absente, alors que son territoire recèle des milliers d'hectares contenant plusieurs variétés de plantes médicinales. Côté tourisme, El Bayadh est censée être un lieu de découverte par excellence, sauf qu'elle ne dispose d'aucun hôtel classé. Ils sont seulement cinq hôtels à demeurer opérationnels, avec une capacité de 168 lits.restaurants dignes de ce nom y sont aussi absents.
Le secteur du tourisme dans le chaos
Un véritable paradoxe dans une région connue pour son riche patrimoine inestimable (célèbre zaouïa tidjania, mausolées de saints, waâda du saint Labyodh Sidi Cheikh…), sa forte tradition d'artisanat – fabrication de burnous et de hambel (couvre-lit en laine tissé à la main et richement décoré) – la forgerie, la poterie, ainsi que pour ses nombreux vestiges comme les ksour, les célèbres gravures rupestres et les cimetières de l'homme préhistorique. Le Français Henri Lhote (1903-1991), qui s'est consacré plus particulièrement au recensement des peintures et des gravures du Tassili et du Sud oranais, attesta que les gravures rupestres de la région d'El Bayadh date de l'ère préhistorique appartenant à l'âge néolithique. D'après ses recherches, sur les 69 stations recensées dans toute la région sud de l'Oranie, 40 stations préhistoriques sont situées dans la région d'El Bayadh. Cela confirme que cette dernière a été peuplée durant la période préhistorique, comme en témoignent les différentes gravures rupestres représentant l'homme, comme le chasseur à l'arc et des animaux (l'éléphant incomplet de style bubalin, la girafe avec trait piqueté, le félin, le bubale, l'autruche, le rhinocéros, la gazelle, le cheval, le lion, l'orant, la panthère et le scorpion géant de six mètres de long à « Garet et-taleb » (arbaouat). Henri Lhote était surtout impressionné par la localité de Kebch Boualem (le mouton de Boualem) située à l'est du chef-lieu de la wilaya, devenu « universellement célèbre par le magnifique bélier à sphéroïde, qui est l'une des plus belles gravures, sinon la plus belle de tout le Nord-africain », écrivait t-il, en 1970 dans sa publication : Les gravures rupestres du Sud oranais. En dehors de tout cela, le marathon des sables, les randonnées pédestres, équestres ou sur le dos des dromadaires, la chasse à la gazelle et des oiseaux rares (après autorisation bien évidemment), ainsi que le ski de sable dans certains sites demeurent aussi des potentialités touristiques non moins importantes, qui peuvent contribuer au développement de la région. Heureusement que cette wilaya a bénéficié d'un aéroport pour son désenclavement en attendant la concrétisation de deux nouvelles lignes ferroviaires reliant El Bayadh à Aflou (280 km) et El Bayadh à Mecheria (130 km) et de deux nouvelles routes : El Bayadh-Adrar et El Bayadh-Ghardaïa, sans passer respectivement par Béchar et Laghouat, ce qui va permettre aux usagers de ces routes de gagner 400 km pour le premier axe et 200 km pour le second.
L'habitat se développe quand même
L'on note toutefois, à El Bayadh, le développement remarquable du secteur de l'habitat ces dernières années. La cadence des nouvelles constructions y va vite, surtout depuis 2005, date à laquelle les inscriptions de logement continuent de dépasser les 500 constructions par an, contre une inscription de 120 logements seulement auparavant. Le parc de l'Office public de gestion immobilière de la wilaya d'El Bayadh a évolué de 1846 unités avant 2005 à 5341 logements au jour d'aujourd'hui. Selon Mustapha Bouzid, directeur général de l'OPGI d'El Bayadh, des efforts importants sont déployés pour achever et livrer les programmes de logements sociaux aux échéances fixées, et ce, en dépit des aléas que connaît la wilaya comme le manque de la main-d'œuvre qualifiée, l'éloignement des sources d'approvisionnement et l'éparpillement des sites : les entreprises parcourent en moyenne 400 km pour s'approvisionner en gravier, en briques creuses et en ciment, ce qui influe immanquablement sur les délais et les coûts de réalisation des différents projets, alors que cette wilaya recèle de nombreux gisements miniers non exploités. S'ajoutent à ces contraintes, les conditions climatologiques qui se caractérisent par l'ensablement des routes et des chantiers, les vents de sable, les période des grandes chaleurs pour la partie sud de la wilaya, la période des grandes gelées en hiver…
Des gisements miniers et de la matière grise
C'est aussi dans la région d'El Bayadh qu'on retrouve des potentialités minières multiples qui attendent d'être exploitées. L'on cite ainsi les gisements contenant le calcaire pour ciment, liant et agrégats, l'argile pour ciment et produits rouges, le gypse pour liant et le sable de construction. On y trouve également la barytine, un minéral utilisé notamment en médecine, dans la fabrication du papier et même dans l'industrie pétrolière comme boue lourde, et ce, afin d'augmenter la densité des fluides de forage et éviter les fuites des gaz. Le même minéral peut aussi être ajouté à la composition du béton dans le but d'augmenter considérablement sa densité. El Bayadh recèle aussi de gisements contenant du sel, du sable pour verrerie ou le spath d'Islande. Ce dernier est un minéral chimique ou biochimique rare (calcite), utilisé dans la fabrication du ciment, de la chaux, des pierres d'ornement, des engrais... ou comme fondant dans la verrerie ou la métallurgie. Par ailleurs, Sidi Tifour, à l'est d'El Bayadh, est appelé le Petit village des universitaires. Les « intellos » sont nombreux dans cette wilaya, taxée pourtant de « pays » de « nomades » et des « arouch »… Plusieurs de ses habitants ont accédé à de hautes fonctions, à l'instar de Boualem Bessayeh, ancien ministre de la Culture et des Affaires étrangères et président du Conseil constitutionnel, Boualem Baki, ex-ministre de la Justice, puis des Affaires religieuses dans les années 1970, Boukhobza M'hamed, éminent sociologue assassiné en 1993, Kadda Boutarène, l'un des premiers préfets de l'Algérie indépendante, le défunt Hamza Boubekeur qui était à la tête de la mosquée de Paris, le cheikh Bouamrane du Haut-Commissariat islamique et la liste est longue… L'actuel P/APW d'El Bayadh, Mohamed Belgourari, est aussi un grand chirurgien. Durant l'époque coloniale, les Français de la région ont reconnu le potentiel intellectuel des habitants autochtones de cette wilaya. « Un Geryvillois est tellement intelligent qu'il peut facilement manipuler un avion mais aura du mal à conduire un vélo », disaient-ils avec conviction.


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