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Mechta Dhiba (wilaya de Sétif) : Une région où tout est à faire
Publié dans El Watan le 02 - 10 - 2009

Mauvais présage, pensais-je en mon for intérieur, cela allait se confirmer par la suite. Dès notre arrivée à ce qui reste de cette grande mechta, nous avons été accueillis par une pluie fine et pénétrante. Forcément, Mechta Dhiba ne bénéficie même pas de la clémence de la nature. En hiver, comme en été, elle est livrée aux rudesses de la météo et surtout à l'oubli des hommes.
Mauvais présage, pensais-je en mon for intérieur, cela allait se confirmer par la suite. Dès notre arrivée à ce qui reste de cette grande mechta, nous avons été accueillis par une pluie fine et pénétrante. Forcément, Mechta Dhiba ne bénéficie même pas de la clémence de la nature. En hiver, comme en été, elle est livrée aux rudesses de la météo et surtout à l'oubli des hommes. De cette grande dechra, il ne reste presque plus rien, même les quelques maisons construites en pierre taillée ont disparu avec le temps. Mechta Dhiba est devenue, pour une raison ou une autre, un simple vestige. Dans ce décor de désolation, seule la petite mosquée qui a été restaurée par des fidèles de la région est encore debout, mais pour combien de temps encore ? Vidée de l'ensemble de ses habitants des suites des bombardements incessants de l'armée coloniale, Mechta Dhiba a subi de plein fouet les affres du terrorisme qui a tout rasé.
Et pour enfoncer le clou, des charognards venus des quatre coins de la région, notamment d'El Eulma, ont emporté tout ce qui leur passait sous la main, particulièrement les pierres taillées qu'ils vendaient sur le marché à El Eulma et Sétif. Située sur le flanc d'une montagne dans un endroit fortement boisé, Mechta Dhiba était habitée par une forte population en dépit de la rudesse du climat et de son isolement. Malheureusement, les conséquences de la guerre de Libération et les affres du terrorisme ont eu raison de la région. Les habitants ont, l'un après l'autre, quitté les lieux sous la contrainte pour se réfugier le plus souvent à El Eulma. Et ce fut alors le grand départ vers le début des années 1990. Un exode rural sans précédent. Tout ce beau monde est venu s'installer à El Eulma au lieudit Souamaâ, une cité sauvage créée dans la foulée à la sortie nord de la ville qui, avec le temps, a bénéficié des services de la collectivité. Les gens qui ont fui leurs maisons se sont installés un peu partout abandonnant tous leurs biens. Certains revenaient pendant la journée exécuter les travaux de labour et repartaient le soir. Mais, cela se faisait, nous dit-on, la peur au ventre. Avec le retour au calme, les gens commencent à penser d'ores et déjà au retour. Sur les lieux, c'est plutôt la grande déception, notamment pour les plus jeunes qui rêvent de retourner sur la terre de leurs parents. Pour y aller, il faut emprunter une route qui n'a que le nom de route ; c'est une piste qui n'est même pas praticable.
Déception et désolation
Une situation contraignante pour les habitants, d'autant plus qu'ils ne peuvent plus continuer à vivre à El Eulma, alors que ce qui les lie à Mechta Dhiba se trouve sur place, leur terre et surtout l'espoir et la force de reprendre le travail laissé en jachère depuis des années. Parmi ces jeunes qui nous ont fait part de leur intention de retourner au bled, certains n'ont pas manqué de soulever les problèmes rencontrés sur les lieux, disant : « Notre douar qui a donné le meilleur de ses fils à la cause nationale continue de se morfondre dans l'ignorance et l'oubli ». Pour les anciens de cette mechta, c'est vraiment la désolation ou plutôt le néant avec un grand « N », abonde un vieux qui a tout perdu depuis. Personne n'a jamais pensé au retour, l'Etat en particulier. A Tachouda, chef-lieu de commune, cette localité n'est connue que par la Zerda de Belghafar, célébrée chaque année au printemps. L'agriculture, qui occupait par le passé les gens, faute d'encouragement par l'Etat, est devenue avec le temps un cache-misère devant l'éternel des déshérités. Elle se limite désormais à l'arboriculture.
Encore faut-il ne pas trop pavoiser. L'élevage du cheptel dans cette région montagneuse n'offre pas de meilleures dispositions, même si les gens s'efforcent de continuer à le faire. Le problème d'eau est surmontable, d'autant plus que plusieurs fontaines existent, dont la plus importante est celle connue sous le nom de Aïn Kraouchi. Il suffit de les entretenir et les mettre en valeur pour satisfaire plus ou moins les besoins de la population en attendant la construction d'un château d'eau. Mais, faudrait-il penser d'ores et déjà à préparer le terrain à un éventuel retour, d'autant plus que la volonté existe chez de nombreux habitants de la localité. La commune de Tachouda, dont les moyens matériels sont limités, peut-elle envisager la possibilité de poser les jalons d'un retour au bercail pour ces gens qui ont tout laissé pour fuir le terrorisme et la misère ? L'absence de routes, d'électricité, d'écoles sont autant de contraintes pour ce retour tant souhaité et tant attendu. Il est à signaler que l'exode massif de la population de cette région, qui a commencé à la fin des années 1970 et s'est accéléré durant le début de l'année 1990, a eu des répercussions néfastes sur la ville d'El Eulma qui a subi de plein fouet tout le poids de ces gens qui se sont installés, comme ils pouvaient, donnant lieu à la création tous azimuts de bidonvilles, comme les cités Bahlouli, Boukhabla et Mekaoui, communément appelée quartier « Elil » parce que construite de nuit. Des cités sauvages qui ont eu des effets désastreux sur le plan de l'hygiène et de l'insalubrité.


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