En examen, depuis lundi dernier à l'APN, le projet de loi de finances 2010 n'a rien d'un projet de développement. Pour le RCD, ce texte confirme le maintien de la stratégie rentière du pouvoir. « Listing d'opérations aléatoires, la loi de finances 2010 est un aveu du maintien de l'option prise en faveur d'une économie de rente qui ruine le destin national et distingue un pouvoir décrié par toutes les ONG chargées de suivre la gestion des fonds publics », affirme le parti de Saïd Sadi dans un communiqué, publié hier sur son site internet. Pour le RCD, l'Alliance présidentielle, majoritaire à l'APN, s'apprête à donner son quitus au projet du gouvernement « sans connaître le bilan de l'exercice précédent comme l'exige la Constitution ». Le RCD dénonce, dans ce sens, plusieurs entraves aux lois de la République « afin de favoriser la dilapidation des deniers publics ». Il commence d'abord par l'absence de la loi de règlement budgétaire devant accompagner annuellement le projet de loi de finances. Analysant le fond dudit projet, le RCD critique également l'affectation des budgets. « Sur le fond, le projet de loi de finances 2010 n'échappe pas à la règle de l'opacité et de la stratégie de distribution de la rente. Les affectations budgétaires les plus importantes sont dédiées aux départements de sécurité et des clientèles », déplore la même source. Selon le RCD, l'éducation, la formation professionnelle et l'enseignement supérieur ne figurent pas dans les priorités du gouvernement. Comment ? Les budgets consacrés à ces secteurs sont dérisoires en comparaison avec ceux des pays voisins (la Tunisie et le Maroc). « Selon un rapport de l'Unesco, notre pays dépense, pour l'éducation, 884 dollars PPA par élève (en parité du pouvoir d'achat), alors que nos voisins y consacrent 1637 dollars. Pour le supérieur, l'Algérie a dépensé 2870 dollars au moment où nos mêmes voisins dépensent pour les mêmes objectifs 4634 dollars », illustre-t-il. Afin de souligner le paradoxe national, le parti de Saïd Sadi compare ces budgets à ceux d'autres secteurs tels que la solidarité nationale et le ministère des Moudjahidine. « Pourquoi le budget du ministère des Moudjahidine augmente, alors, que naturellement, leur nombre diminue ? Pire, ce sont les faux moudjahidine qui profitent de cette manne. Cette dotation représente 7 fois plus le budget de la jeunesse et des sports et avoisine celui du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique ou celui de la Santé. 93 milliards de dinars sont alloués au ministère de la Solidarité, pendant que le ministre de tutelle spécule sur de fausses promesses et achète des bus d'occasion d'un pays asiatique au prix du neuf ! », s'offusque le RCD, qui critique la censure, dont ont été victimes ses députés à l'APN. Les élus de Saïd Sadi ne comptent pas se taire face à cette situation en décidant d'interpeller encore une fois le Premier ministre et le gouvernement sur les gaspillages de l'argent public. Les députés du RCD insistent sur la grande opacité dans la gestion du Fonds de régulation de recette, la gestion de Sonatrach et les scandales de l'autoroute Est-Ouest, l'affaire du Plan national de développement agricole (PNDA) et le projet du métro d'Alger. « En relayant les légitimes interrogations de notre peuple, le RCD prend date et réitère sa conviction que sans élections libres, arbitrées par une surveillance internationale, il est vain de prétendre mettre un terme à la corruption et à l'abus d'autorité », conclut le parti de Saïd Sadi.