Contrairement à d'autres classements mondiaux, celui dit de Shanghai accorde une part importante aux indicateurs de résultats. L'université Hadj Lakhdar de Batna a été classée au rang 5548 au top mondial des institutions universitaires selon le fameux classement Shanghai, alors qu'au niveau africain, elle vient en 47ème position. Dans le classement en Afrique, 11 sont algériennes et la meilleure, l'université Aboubakr Belkaid de Tlemcen, ne vient qu'à la 23ème place, loin devant les universités marocaines, et même celles du Botswana et du Rwanda. Le classement de Shanghai qui favorise les critères recherche et production scientifique, s'appuie sur quatre normes de sélection, à savoir la qualité de l'enseignement et celle de l'institution, les publications de renom et les brevets, et enfin la taille de l'institution. Si pour ce dernier critère, l'université Hadj Lakhdar peut négocier une bien meilleure position dans le monde (Princeton et la Sorbonne sont beaucoup plus petites), en revanche pour la question qualité de l'enseignement et production scientifique, elle fait figure de très mauvais élève. Les 28 laboratoires de recherche, créés avec le boom qui a suivi la nouvelle loi sur l'enseignement supérieur et la recherche scientifique, ont une présence timide et n'ont pratiquement aucun impact sur la vie locale et nationale et encore moins internationale. La dépendance à l'égard de l'administration empêche le décollage de ces laboratoires, à laquelle s'ajoute le clientélisme qui fait plus de dégâts en intronisant les responsables les moins brillants. Bien entendu, la situation est pareille dans toutes les institutions universitaires en Algérie, mais dans son classement mondial, Batna est seule responsable de son honneur. Dans une récente contribution publiée dans la presse, un chercheur de l'université de Bejaïa explique cette situation, entre autres, par l'absence de légitimité représentative chez les organes de consultation de l'université (comité scientifique de département, conseil scientifique, etc.) auprès du corps enseignant, qui ne sont plus producteurs de l'initiative pédagogique. La régression est selon lui liée aussi à la durée, trop longue, de responsabilité des recteurs qui, dans plusieurs cas, dépasse 10 ans, alors que le système LMD peine à trouver ses marques, et ce n'est pas à Batna qu'on peut dire le contraire. Contrairement à d'autres classements mondiaux qui privilégient des indicateurs de moyens, celui dit de Shanghai accorde une part importante aux indicateurs de résultats. Sous d'autres cieux, ce type de classement influe d'une manière significative sur les décisions des étudiants et leurs familles, sur les stratégies des établissements d'enseignement et des entreprises, voire sur les choix gouvernementaux. Si du côté des étudiants et de leurs familles on n'est pas encore nourri de cette culture, l'université a besoin par contre de développer des programmes d'échanges, de reconnaissance de diplômes et de coopérations scientifiques avec les meilleurs établissements étrangers, ce qui devrait inciter à déployer davantage d'efforts, voire revoir entièrement sa copie, afin d'améliorer l'image de l'université et son classement, et pas seulement refaire les façades à l'image de ce qu'on fait actuellement pour l'entrée principale du campus Hadj Lakhdar.