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Boualem Rabia. Portrait d'un parolier et chanteur : L'homme, la poésie, la mémoire
Publié dans El Watan le 28 - 12 - 2009

Une allure de prof de français, mais une âme de Si Muhend U'Mhend. Une discrétion et une humilité à toute épreuve, alors qu'il concentre en lui un patrimoine littéraire et artistique inestimable.
Le cartable en bandoulière, Boualem Rabia paraît perpétuellement plongé dans son monde intérieur, un bouillon de culture où la création se décline sous toutes les formes et dans toutes les dimensions. Il a été la cheville ouvrière de Mouloud Mammeri dans la région d'Azazga, parolier et chanteur au sein du groupe de légende Yugurthen, dialoguiste et décorateur des meilleurs films produits en langue amazighe, de la Montagne de Baya à Si Muhend U'Mhend, poète, romancier et producteur d'émissions radio, Boualem Rabia est à lui seul un véritable monument culturel à Azazga. Année 1984.
Un homme d'un certain âge attend au volant de sa voiture près de la maison des Rabia à Azazga. C'est Mouloud Mammeri qui attendait que Boualem Rabia le rejoigne. L'on n'était pas encore à l'ère numérique, et tout le travail se faisait sur papier. « Il était jovial et simple. Il me regardait dans les yeux pour me dire son bonheur de voir la relève assurée, se disant heureux de constater que des jeunes essaient de sauver de l'oubli le patrimoine oral amazigh », se souvient Boualem. Mammeri lui proposait de s'installer à Paris pour travailler au CERAM (Centre d'études et de recherches amazighes) qu'il venait de créer, mais Rabia ne sera pas conquis par la perspective de s'expatrier.
Le jeune prof de français continuera sa collecte des poèmes kabyles anciens, notamment dans sa région natale à Aït Zikki, où il exhumera de vrais trésors littéraires. Il sera l'un des principaux collaborateurs de l'illustre anthropologue et linguiste. Leur collaboration durera jusqu'à la mort de Dda L'Mulud, en 1989. A la parution de Cheikh Mohand a dit, en 1989, on découvre sans surprise la gratitude de Mouloud Mammeri, qui écrivait : « Boualem Rabia, le plus jeune de tous, qui a collecté les faits et dits de Si Muhend avec zèle et compétence ». Mais ce ne sera pas le cas de tous les auteurs et chercheurs.
Un jour, Mouloud Mammeri présentait à Boualem une universitaire qui préparait un ouvrage sur une poésie kabyle spécifique. « Ils ont écarquillé les yeux quand je leur ai récité quelques sixains de notre terroir. J'ai remis tout ce que j'avais collecté sur le thème de l'amour », se remémore Boualem. Il ne sera pas cité à la parution de l'ouvrage. Il a en revanche une parfaite reconnaissance pour Ferhat M'henni, qui, un jour de 1976, entra à la maison de jeunes d'Azazga pour assister aux répétitions du tout nouveau groupe Yugurthen. « Ferhat nous embrassa tous, ravi par notre travail. C'est grâce à lui que nous sortions de l'anonymat. Quelques temps plus tard, Cherif Kheddam nous appellera pour nous produire au studio de la radio-télévision, dans une émission en direct à la Chaîne II », dit Boualem Rabia. Devant l'hésitation des officiels, Cherif Kheddam a menacé de faire faux bond en direct à la radio si le jeune groupe Yugurthen ne se produisait pas.
« Nous avons présenté trois chansons. Par la suite, nous avons enregistré à Alger et nous avons été édités à Paris », dira encore Boualem. Entre deux poèmes sortis des siècles passés, Boualem part dans des mélopées qui immobilisent son auditoire. En allumant la radio Chaine II, c'est peut-être lui qu'on entendrait également, dans son émission hebdomadaire « Tala g-izlan », où il présente aux auditeurs des poèmes et des maximes amazighes menacés d'oubli. Il vient de publier un roman en tamazight, Nnig usennan, aux éditions L'Odyssée. Il a déjà publié Florilège de poésie kabyle et le Viatique du barde, et compte proposer à l'édition un dictionnaire de langue amazighe. Pour le rencontrer, inutile d'essayer de le joindre au téléphone. Il faut aller le chercher là où il a posé son cartable. Boualem Rabia évolue encore comme au temps de Dda L'Mulud.


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