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7 bonnes idées pour faire décoller la destination DZ
Publié dans El Watan le 20 - 05 - 2016

Comme chaque année, même si le slogan était «Tourisme et économie durable», les visiteurs n'étaient pas émerveillés par les opportunistes pour la destination locale. «Pour développer le tourisme national, on n'a pas besoin de gros sous comme on le laisse croire, ni des 5 étoiles, mais juste d'une politique de marketing pour répondre aux attentes de la demande nationale.
Cette dernière est réelle et elle fait les beaux jours de nos voisins de l'Est, alors les réponses à ses attentes doivent être elles aussi réelles et pragmatiques.» Pour Mourad Kezzar, journaliste, auteur et spécialiste en tourisme, «ce n'est pas le tourisme qui n'a pas encore trouvé sa place en Algérie, mais ce sont les gouvernants qui ne sont pas à la hauteur des défis qui les attendent : ramener à moyen terme la part du tourisme dans le PIB à 7%».
– 1 Détaxer le tourisme local
«Si les agences de voyages algériennes ne commercialisent pas le produit algérien, ce n'est pas uniquement pour des raisons de disponibilité et de qualité. C'est parce que les séjours à l'étranger ne sont pas taxés. En tout cas, les agences payent des dessous de table aux Tunisiens et aux Saoudiens pour ne pas payer cette taxe», explique M. Kezzar.
La taxe, actuellement de 1%, versée aux collectivités locales ou à la Trésorerie de l'Etat ne constitue pas d'obstacle pour Saïd Boukhelifa, expert international, également membre de l'Association mondiale pour la formation hôtelière et touristique (Amfhort) et de l'Association francophone des experts et scientifiques du tourisme (Afest) et aussi ancien conseiller au ministère du Tourisme.
Mais cela reste une idée attractive si l'Algérie adopte par exemple le système de la Pologne où les prix se distinguent entre les touristes locaux étrangers. «Ils sont trois fois plus chers pour les étrangers. Les mesures incitatives décidées par plusieurs textes de loi n'ont jamais été appliquées», regrette le spécialiste en expliquant que depuis «1980, le tourisme domestique est toujours au stade de chrysalide».
– 2 Ouvrir des terrains de camping
Il faut surtout encourager, de l'avis de Saïd Boukhelifa, les collectivités locales pour construire des espaces d'hébergement. Il faut penser, dit-il, aux centres de vacances aérés, à des terrains de camping aux normes internationales à Chenoua, par exemple, et surtout des hôtels modernes dans la catégorie 2 et 3 étoiles.
Le même expert parle de la nécessité de penser à l'hygiène, premier problème de nos hôtels. «Il faudrait penser à mettre en place des structures d'hébergement légères. Une seule forme de tourisme avec des capacités d'accueil suffisantes, des structures d'hébergement pour tous les coûts et les goûts, un bon service, un bon accueil, une bonne hygiène partout et pour tous», explique Saïd Boukhelifa.
– 3 Construire plus d'hôtels
Au lac Uguelmim, Aguelmim averkan (Le lac noir), Tala Guilef en Kabylie, Tamezguida à Médéa ou Tikjda, les hôtels affichent complet. Il ne faut pas se leurrer, ce n'est pas un flux extraordinaire que les sites reçoivent, mais c'est parce que les capacités d'hébergement sont limitées. «Il existe 1000 lits pour le tourisme de montagne pour une demande de 300 000. Des capacités figées depuis 35 ans.» «Le problème qui se pose après celui de la sécurité qui a été réglé, c'est surtout l'hébergement. Pour les vacances d'hiver, j'ai dû réserver à partir de l'été», affirment des habitués de la région. Et Saïd Boukhelifa d'ajouter : «Pour les court, moyen et long termes, notre pays doit jouer sur deux produits porteurs : le tourisme saharien et le tourisme culturel.
Le tourisme balnéaire n'arrive pas à satisfaire la demande locale avec ses 40 000 lits et pour longtemps il n'arrivera pas à absorber cette demande nationale faute d'investissements hôteliers que notre littoral a du mal à capter à cause du phénomène de saisonnalité». Au total, l'Algérie compte 1400 hôtels, toutes catégories confondues, alors que le Maroc ou la Tunisie comptabilisent 230 000 chacun. Il existe aussi la nécessité d'établir une confiance entre les agences et les hôtels. Djamel Ramdani, professionnel du tourisme nous dira : «Les hôtels sont appelés à faire des efforts et des promotions en basse saison au moins.»
– 4 Promouvoir les chèques-vacances dans des œuvres sociales
Il est aberrant que les œuvres sociales de la Fonction publique et des entreprises publiques préfèrent dépenser cet argent pour soutenir l'économie des autres pays et non l'économie touristique nationale, dénoncent les professionnels du tourisme. M. Kezzar explique que le «moment est également venu pour moraliser le marché des œuvres sociales–vacances». Cela s'appelle le tourisme social que Saïd Boukhelifa défend aussi dans la mesure où cela marche dans des pays occidentaux.
«Mais, insiste-t-il, pour le moment cela ne peut pas marcher chez nous puisqu'il y a encore des résistances des hôtels qui n'arrivent toujours pas à accepter des chèques de banque.» L'idée défendue par M. Kezzar est que les salariés choisissent individuellement leurs fournisseurs de voyages et de vacances. L'émission de chèques-vacances, qui n'existe pas encore, peut sauver la morale, selon M. Kezzar et booster la destination algérienne. Aujourd'hui, les bénéficiaires des œuvres sociales ont des choix très limités entre la Tunisie, la Turquie ou le Maroc, explique un cadre d'une banque publique.
– 5 Encourager des séjours chez l'habitant
La loi voulant légaliser le séjours chez l'habitant ou les maisons d'hôtes n'a jamais été appliquée. Selon Saïd Boukhelifa, «le ministère de l'Intérieur avait refusé cette proposition du ministère du Tourisme pour des raisons sécuritaires. Une formule que Cherif Rahmani, à l'époque ministre du Tourisme, voulait encadrer avec un cahier des charges et une grille tarifaire, mais qui n'a finalement jamais vu le jour !»
Le même spécialiste explique : «Si le gouvernement avait adopté cette mesure, on aurait même intégré ces maisons d'hôtes dans une plateforme de réservations hôtelières et un grand problème d'hébergement serait définitivement réglé». En attendant une régularisation, plusieurs préfèrent travailler dans l'informel. Statistiquement, 10 000 touristes ont choisi des séjours chez l'habitant pour le tourisme balnéaire et 2000 au Sud pendant les dernières vacances d'hiver et de printemps. M. Kezzar évoque une urgence de rectifier le tir et de proposer un plan de rentabilisation d'une formule qui a déjà existé et donné ses résultats.
Simple : «L'Etat subventionne chaque famille qui réserve sa demeure pour héberger des touristes en haute saison estivale et saharienne. La subvention se fera sur la base d'aide à l'investissement dans la qualité de l'hébergement (qualité des sanitaires, eaux, etc.).» La construction d'une seule chambre d'un hôtel 3 étoiles coûte au Trésor algérien 6000 euros minimum. «Faites le compte, indique le spécialiste, de ce qu'on rapporte au budget, mais aussi de ce qu'on lui fait gagner.» Une formule encore adoptée par exemple à Timimoun, Kseur de Beni Abbès, Taghit, mais d'une manière timide.
Mohamed Dali, de l'Association de loisirs et de tourisme (ATLED), insiste sur la nécessité de «valoriser les richesses naturelles et humaines». «Le djebel, le vieux ksar de Taghit, les repas chauds de la région, le thé, les braises sous les palmiers, le musée de Brika, la zaouïa Tahtania… c'est particulièrement ce qui intéresse les touristes étrangers. Pour ce faire, il faudrait aussi des maisons d'hôtes, je pense qu'il faudrait encore des subventions et des aides de l'Etat pour mieux réussir.»
– 6 Charteriser les vols
Barka Hamdi, directeur d'une agence touristique à Adrar, évoque la nécessité d'avoir des vols charters. «C'est la seule manière de rendre les vols à destination du Sud accessibles. Il faudrait penser à au moins un vol par semaine vers Tamanrasset et Adrar.» «Les agences doivent se réunir pour affréter un charter.
Mais, malheureusement, ces agences ne veulent pas prendre le risque commercial», explique Saïd Boukhelifa. Car le premier obstacle pour les touristes locaux ce sont les prix des billets, expliquent plusieurs touristes. C'est d'ailleurs pour cela que Barka Hamdi appelle les entreprises à encourager le tourisme social d'une manière à constituer des groupes «afin de pouvoir négocier des réductions sur la billetterie et les séjours hôteliers.»
– 7 Se pencher sur le tourisme solidaire
L'urgence est, pour M. Kezzar, «de promouvoir la ville et le village côtiers et non les zones d'extension touristique (ZET)». «Nous sommes en 2016 et non en 1970», diront les experts. L'exemple du village Djebla dans la commune de Beni Ksila à Béjaïa en est une preuve. Un village qui a commencé à se vider de ses habitants dans les années 1980 et au début des années 1990 a été réaménagé et restauré par des jeunes du village depuis 2008 et financé à 80% par l'Union européenne, dans le cadre du soutien aux associations et aussi par l'APW. L'APC, quant à elle, a contribué avec d'autres aménagements. Un projet est initié par l'association Tajmâat L'Djebla. Des bâtisses anciennes restaurées suivant une gestion quotidienne de la cité. Cela rentre également dans le cadre du projet du lancement d'un tourisme solidaire.
C'est-à-dire un tourisme s'inscrivant à la fois dans une perspective «responsable» et «équitable», mais plus directement associé à des projets de solidarité : soit que le voyagiste soutienne des actions de développement, soit qu'une partie du prix du voyage serve au financement d'un projet de réhabilitation ou d'un projet social. Dans certains cas, l'organisateur ou le voyagiste soutient des actions de développement grâce à une partie du prix du séjour.
A Djebla, une restauration de 20 maisons a été faite, toutes équipées de lits et d'autres commodités, notamment des douches, des sanitaires intégrés à l'intérieur des maisons. Les assainissements par l'évacuation des eaux usées, des fosses perdues et une plantation d'arbres autour des structures a été aussi opérée… Plus de 450 arbres ont été plantés autour du village afin d'éviter l'érosion de la terre… «Une simple idée qui ne cesse finalement d'attirer sans cesse des touristes locaux et étrangers», affirme Ahmed Farid, président de l'association.


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