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Mon ami, mon maître
Publié dans El Watan le 03 - 01 - 2017

Brahim Benladjreb est sans nul doute un grand maître incontesté de musique andalouse, comme l'a été son ami et maître, Sid Ahmed Serri, parti seulement huit mois avant lui.
Brahim Benladjreb était connu pour sa grande passion pour cet art. Il s'imposait d'abord à lui-même l'obligation de respecter l'authenticité et la précision dans l'exécution et la transmission de ce patrimoine appris auprès de grands maîtres, tels Omar Bensemane, Noureddine Bourada, Zoubir Kakachi, Hamidou Djaïder, et bien sûr Sid Ahmed Serri, dont il fut, faut-il le noter, le seul élève qui a formé à son tour des professeurs activant au sein d'associations à Koléa, permettant ainsi la perpétuation de cette musique. La reconnaissance de ses élèves, après celle des autorités de la wilaya de Tipasa, s'est manifestée durant cet été par l'organisation d'une soirée, au cours de laquelle un hommage lui a été rendu.
La légendaire courtoisie, de même que l'affabilité de mon ami et maître Brahim Beladjreb, ont fait de lui un passage obligé pour toutes les questions relatives à la recherche d'un texte, d'une mélodie ou d'une quelconque précision de la part de professeurs venus d'Alger, Blida, Miliana Ténès, Boufarik, Hadjout et Cherchell, et ce, du vivant même de son ami et maître.
C'est dire que son rayonnement s'étalait sur toutes les régions où le genre çanaâ (école d'Alger) était pratiqué. Il ne ménageait quant à lui aucun effort pour vérifier, auprès des maîtres connus et reconnus, représentant les écoles gharnatie et malouf, l'appartenance et/ou l'interprétation réelle ou supposée d'un texte ou d'une mélodie qu'on lui soumettait. Les cloisons théoriques entre les trois écoles ne l'empêchaient nullement de tenter de percer les secrets qui donnaient un cachet particulier à telle ou telle interprétation, tout en veillant au respect de leurs respectives authenticités.
Cette diversité constitue une richesse qu'il s'agit de sauvegarder et de transmettre aux générations futures, en l'état, sans altération ni rajout, et de veiller à la prémunir de toute tentative réductrice, manœuvre que Brahim Benladjreb ne manquait jamais de dénoncer et de désapprouver. Cette constante rigueur lui valut la reconnaissance, de ses pairs d'abord, ainsi que des chercheurs et musicologues, quelles que soient leurs appréciations et/ou différences de points de vue.
Du 5 au 7 avril 2006 furent organisées à Tipasa des journées d'étude consacrées à la musique andalouse, en présence des représentants des trois écoles, et c'est à cette occasion que la Fédération nationale des associations de musique andalouse vit le jour. Tout le monde avait remarqué le rôle qu'avait joué Brahim Benladjreb pour la réussite de ces journées.
Il était sur tous les fronts, de l'organisation au travail de rapprochement des points de vue et des conceptions quant au devenir de cette musique. Sa parfaite maîtrise du patrimoine andalou ne l'empêcha pas de s'intéresser aux autres genres, tels le haouzi et le aroubi, au point que plusieurs interprètes de chaâbi, en quête de qaçayed ou de précisions, venaient s'abreuver chez lui.
Bien plus, il s'était attelé ces dernières années à effectuer un travail titanesque, qui consistait à réunir tout le patrimoine djed(1), dont il était en possession, comme le fit avant lui son ami et maître, s'agissant du patrimoine de l'école çanaâ. Avec l'aide et le concours précieux de quelques amis, il avait réussi à relever ce défi. La publication du recueil fut retardée en raison de considérations techniques. Il m'avait confié, une vingtaine de jours avant sa disparition, qu'il souhaitait enregistrer les textes avant la publication du recueil. Comme je ne parvenais pas à comprendre son souci, puisqu'à mon humble avis il pouvait faire cela en deux temps, il me regarda profondément et me gratifia d'un sourire qui en disait long sur ses craintes quant au risque de déperdition et de mauvaise interprétation que cela pouvait engendrer, faute d'une authentique et fidèle transmission.
Au dernier festival de musique andalouse de Tipasa, courant juillet de l'année dernière, il dirigea comme d'habitude d'une main de maître l'orchestre de la classe supérieure de l'association El Fen El Açil. Il nous confia, à Mohamed Benfares et à moi-même, que «le cœur n'y était pas» depuis la disparition de son épouse (six mois plus tôt), n'eut été l'obligation morale et l'engagement qu'il avait envers ses élèves de les faire participer malgré son deuil et en plus, avec un riche programme, en l'occurrence une nouba sur le mode Ramlmaya.
Maâmar, un de ses anciens élèves et ami depuis plus de trente ans, membre fondateur de l'association El Fen Al Açil, ne put s'empêcher de lancer une fois dans les coulisses son fameux «Tahya e'Raïs» et parvint ainsi à lui arracher un sourire que ses élèves et moi-même garderons très longtemps…

(*) Membre fondateur de
l'association El Fen El Açil
et élève du maître
Brahim Benladjreb
1) – Djed : il s'agit de poèmes mystiques interprétés sur les modes de la nouba classique et sur les cinq mouvements : m'ceder, b'taïhi, derdj, nesraf et khlas.


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