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L'exode au Mamo
Publié dans El Watan le 08 - 07 - 2017

Depuis dimanche dernier, et pour tout un mois, les amateurs d'art contemporain auront le loisir de se rendre au Mamo pour y découvrir les œuvres d'une pléiade d'artistes algériens et étrangers. Une cinquantaine de créateurs, au total, ont répondu présent à cette manifestation. En ces premiers jours de la Biennale, l'entrée est non seulement gratuite, mais il faut noter au passage que les horaires d'ouverture de cette annexe du musée Ahmed Zabana, sise à la rue Larbi Ben M'hidi (en plein centre-ville donc), ont été étendus. Plutôt que de fermer boutique à 17h, le Mamo reste ouvert au moins jusqu'à 20h, comme ce fut le cas mercredi dernier, quand nous nous y sommes rendus.
Certes, le premier constat est que la foule ne se bouscule pas au portillon. Mais, cela dit, la fréquence des visites est régulière, et nombre de visiteurs entrent, généralement, par pure curiosité, puis se surprennent à s'attarder à l'intérieur, prenant plaisir à contempler les différentes œuvres exposées. «Cela devrait être comme cela toute l'année. Il est illogique que le Mamo ferme ses portes à 17h, heure à laquelle les gens sortent du boulot.
Il faut prolonger au moins jusqu'à 19h, voire 20h, comme cela se fait dans la plupart des pays au monde», nous dit Schérazad, amatrice d'art rencontrée sur les lieux. Pour cette quatrième édition, on compte, outre les artistes algériens, une vingtaine de leurs pairs étrangers : français, suisses, turcs, espagnols et américains. Le thème retenu cette année est celui de l'exode, un thème on ne peut plus d'actualité, et qui propose, selon les organisateurs de la biennale, «un clin d'œil à l'humanité face à son destin». D'ailleurs, le ton est donné dès l'entrée du musée.
Souvent stupéfait par la chose, le visiteur y découvre un tas de petits cubes, jetés à même le sol, en vrac, comme par mégarde. Il lui faudra alors bien cogiter, ou alors se faire aider par un artiste présent pour comprendre que cette performance artistique représente ni plus ni moins que les camps des réfugiés sahraouis, à Tindouf. L'œuvre est de Djamel Benchennin, qui signe aussi une autre performance durant cette Biennale.
Celle-ci, intitulée «Exodus cigarette», comporte des minis fresques, 7.2 x 4,7 cm, soit la taille d'un paquet de cigarettes en somme, avec cette présentation pleine d'insinuation : «Il y a l'exode vers Dieu, il y a l'exode en Europe, et en Algérie, il y a l'exode vers le papier à cigarettes». S'il y a une interprétation subliminale, on laissera le soin au lecteur de la découvrir de lui-même. Peut-être pourrions-nous suggérer que les migrations consument les êtres humains…
A mesure que l'on déambule dans le vaste hall du Mamo, on est surpris par d'autres performances tout aussi ingénieuses. Une sculpture en bois sur laquelle est clouée la forme d'un voilier métallique avec des tissus de jean's qui sont pris en étau entre le bois et le métal. On l'aura compris, l'artiste auteur de cette sculpture, en l'occurrence Rahal, aborde le thème des harraga.
Pour celles et ceux des visiteurs qui préfèrent monter au premier étage du Mamo en prenant l'ascenseur plutôt que les escaliers, une jolie surprise les attend : une installation artistique mettant en relief une œuvre de l'artiste-photographe Nora Zaïr. «Vers un monde réinventé» est le nom de cette œuvre, une photo en noir et blanc où l'on voit un petit enfant, l'air songeur, dans les décombres d'un quartier en ruine à Sidi El Houari avec, derrière lui, cet étrange graffiti sur le mur : «Vers un monde réinventé.
L.T» Un peu plus loin, l'artiste Inès Naya Touam placarde sur les murs une série de photographies de femmes algériennes, les unes s'habillant différemment des autres. La photo qui attire peut-être le plus l'attention est celle de ces deux grands-mères, la première vêtue d'un haïk de la tête aux pieds, alors que la deuxième s'habille de façon disons «décontractée» avec les cheveux découverts.
Les deux personnages se tiennent debout, côte à côte et complices. L'artiste Mustapha Nejaï, invité d'honneur de cette biennale, a planté dans un espace du hall des chicanes dorées, les mêmes que celles que la police déploie pour établir un barrage dans une route nationale. De près ou de loin, cette performance aussi, quand on y pense, a un rapport avec le thème de l'exode.
Autre présence artistique qui a suscité l'intérêt de nombre de visiteurs, celle de la photographe française Reyna, qui a cette originalité d'accomplir des œuvres sur le sable, au bord de la mer, et de les prendre en instantané. Une vidéo qui nous fait voyager le long du rivage, où l'artiste s'attelle à produire ses œuvres avant qu'elles ne soient balayées par les vagues. «Depuis 2006, je travaille sur le sable, multipliant les lieux et les écritures.
Ce work in progress s'affine et les vies virtuelles dessinées sur le sable, avalées et rendues par les vagues continuent de me passionner et être en résonance avec mes intentions d'artistes, dit-elle dans sa présentation. On perçoit dans son œuvre tout le rapport de l'art contemporain avec la notion d'éphémère. Petits manquements à cette édition tout de même et que l'on peut imputer davantage aux moyens du bord qu'à un manque d'organisation : les spots lumineux, nécessaires pour mettre en relief davantage la visibilité des œuvres, laissent à désirer.
Quand on sait que l'éclairage est devenu un art à part entière au service de l'art… Certains visiteurs ont regretté par ailleurs que cette édition de la biennale n'exploite que le hall et le premier étage du Mamo, alors que les deux étages supérieurs sont restés vides. Mais qu'à cela ne tienne… cette manifestation gardera néanmoins le mérite – et c'était l'un de ses objectifs – d'avoir mis le Mamo sous le feu des projecteurs, en faisant connaître davantage ce bel édifice, non seulement aux Algériens, mais aussi aux étrangers. Notons que la Biennale méditerranéenne d'art contemporain est organisée par l'association Civ-œil (civilisation de l'œil), qui tient une galerie d'art au quartier de Miramar. Ali Tewfik Chaouche en est le commissaire.
Il nous a déclaré que l'organisation de la Biennale au Mamo n'a pu se faire que grâce au concours et à la disponibilité du nouveau directeur du musée Ahmed Zabana, qui a été enthousiasmé par cette idée. «J'estime que cette Biennale est une réussite. Le fait de l'organiser au Mamo nous a beaucoup aidés. Il est vrai aussi que lors des précédentes éditions, nous étions à la Médiathèque, et de ce fait nous étions un petit peu à l'écart et confrontés à plusieurs problèmes», nous explique-t-il.
Il se targue que des artistes de renommée, certains émérites, ont été présents à cette édition, tout en promettant de faire encore mieux lors des prochaines, en impliquant notamment les différentes institutions culturelles de la ville : théâtre en plein air, bains turcs de l'association SDH à Sidi El Houari, et d'autres lieux emblématiques d'Oran. Enfin, nous avons appris que la Biennale d'Oran fait désormais partie de la Fondation des Biennales du monde, ce qui est une très bonne nouvelle puisque cette structure internationale constitue un cadre propice d'échange et d'amélioration.


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