Le premier responsable du Mouvement de la société pour la paix (MSP), Abderrazak Makri, s'est expliqué, hier, sur une rencontre qu'il a eue, à la fin de l'année passée, avec Saïd, frère du désormais ex-Président, Abdelaziz Bouteflika, au sujet de l'«initiative du consensus national» de cette formation politique qui s'articulait autour du report de la présidentielle et de réformes politiques. Il a affirmé à cet effet, lors de son passage au forum du quotidien El Moudjahid, qu'il n'avait pris part «à aucune conspiration avec une quelconque partie contre une autre», d'autant plus que sa rencontre avec le frère et conseiller de l'ancien chef de l'Etat a eu lieu, d'après ses dires, au siège de la Présidence. Après l'incarcération, jeudi dernier, de Louisa Hanoune, secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), qui avait été convoquée par le tribunal militaire de Blida en tant que témoin dans apparemment l'affaire d'«atteinte à l'autorité de l'armée», dans laquelle seraient impliqués Saïd et les deux anciens patrons des services de renseignement, Toufik et Tartag, avant qu'elle ne soit mise sous mandat de dépôt (quoi que le parquet du tribunal militaire de Blida n'a pas communiqué jusque-là au sujet de l'arrestation de Mme Hanoune), des rumeurs ont circulé au sujet de l'éventualité de la convocation d'autres chefs de parti dans le cadre de la même affaire. D'où cette tendance à vouloir justifier les rencontres passées de certains avec Saïd. Makri a tenu, ainsi, à indiquer que sa réunion avec le frère de l'ancien Président n'avait rien de secret, puisqu'il avait «demandé informer le chef d'état-major de cette initiative», comme il avait souhaité, via la Présidence, selon ses dires, rencontrer ce dernier aussi. Seulement, l'affirmation du chef du MSP, selon laquelle son parti avait soumis cette initiative à d'autres formations politiques, à savoir le Front pour la justice et le développement (FJD), Adala de Abdallah Djaballah, avant de la proposer à la Présidence, a fait réagir le député Lakhdar Benkhellaf (FJD). Celui-ci a précisé que Djaballah n'a rencontré Makri qu'après que ce dernier ait discuté avec Saïd. Une initiative, a ajouté Benkhellaf, qui a été rejetée par Adala étant donné qu' «elle était anticonstitutionnelle» et émanait des «forces extra-constitutionnelles». Une «initiative» qui a fait long feu. En tout cas, il est clair que les états-majors de quelques partis politiques vivent ces derniers jours dans l'inquiétude de se voir convoquer par un tribunal. Pour l'instant, personne n'a pu connaître les griefs précis retenus contre Louisa Hanoune.