Même s'il s'est rendu à un effort d'explication appuyé, impliquant, pour ce faire, le bureau exécutif national du Mouvement de la société pour la paix (MSP), Abderrezak Makri voit toujours la sincérité de son engagement au sein de l'Instance de concertation et de suivi de l'opposition (Icso) sujette à caution. Des suspicions franches pèsent sur son initiative, sa rencontre du 9 juillet avec le chef de cabinet de la présidence de la République. Des reproches l'accablent. Notamment ceux que lui font les islamistes du FJD d'Abdallah Djaballah qui, plus que d'autres membres de l'Icso, se font un devoir de lui tailler des croupières. C'est Lakhdar Benkhelaf qui a eu l'outrecuidance de lui porter l'estocade et de la manière la plus indisposante qui soit, l'interpellant publiquement sur la liberté qu'il a prise de remettre à Ahmed Ouyahia le texte de la plateforme politique de Mazafran. Pour Benkhelaf, l'homme qui supplée aux défections répétées de Djaballah aux conclaves de l'Icso, le président du MSP n'avait pas à s'autoriser une telle initiative, laquelle, rappelle-t-il, ne devait en aucun cas relever d'une démarche partisane, c'est-à-dire solitaire. Et s'il se montre particulièrement regardant sur ce que Makri fait entreprendre et endosser à son parti, ce n'est pas forcément pour prémunir l'Icso contre le risque de fissurations. Il y poursuit surtout de réduire de l'influence du MSP sur l'Alliance de l'Algérie verte (AAV) au profit de son propre parti, le FJD. Evidemment, cette rupture de confiance entre les deux partis islamistes, sur fond de guerre de leadership, aura un impact certain sur la cohésion et la solidarité parmi les partis membres de l'Icso. À plus forte raison quand on sait que Djaballah et ses ouailles ne donnent pas l'impression de vouloir accorder des circonstances atténuantes à un Makri qu'ils savent pourtant victime de pressions de certains de ses partisans. Les échanges aigres auxquels Benkhal et Makri se sont adonnés via des posts sur leurs pages facebook respectives ajouteront assurément à la difficulté de conciliation entre le MSP et le FJD. La prochaine réunion de l'Icso risque d'abriter des querelles entre les représentants des deux partis, mais pas seulement, puisque le premier responsable de Jil Jadid, soufiane Djilali, a également égratigné le président du MSP en confiant à certains supports médiatiques que Makri subissait des pressions de l'intérieur de son parti. Le sentiment est, au demeurant, partagé par nombre de membres de l'Icso, mais qui, contrairement à Benkhelaf ou Soufiane Djilali, n'en font pas étalage public, préférant plutôt ménager Makri que le soumettre à davantage de pression. Ceci dans le but d'éviter que l'Icso ne s'effrite, elle qui, déjà, a besoin de trouver un nouveau souffle pour reprendre l'initiative à la rentrée politique prochaine. S. A. I.