Les étudiants du département de langue française de l'université de Bouzaréah ont organisé, les 25 et 26 avril 2005 à la Faculté centrale d'Alger, un séminaire sur la littérature algérienne d'expression française et arabe. Plus précisément le roman algérien. Les communications ont présenté un état des lieux de l'acte cursif, littéraire, artistique, militant et « protestataire » dans le roman algérien. Lequel roman se distingue par son « algérianité » spécifique, faisant exception. Cependant, une différence fonctionnant comme une valeur ajoutée. Loin de tout antagonisme linguistique et autre ambivalence sémantique arabophone et francophone.Aujourd'hui, l'exception révèle un dénominateur commun dans le regard porté sur la société, notamment la condition humaine des femmes confrontées au machisme, voire à la « tyrannie » de l'homme. Parmi les intervenants à ce séminaire, à l'initiative des étudiants du département de la langue française de l'université de Bouzaréah, l'on cite les écrivains Rachid Boudjedra, Waciny Laâredj, Tahar Ouattar... Des auteurs qui ont marqué la littérature algérienne par leur plume, son histoire, sa politique, sa société et sa culture en général. Ainsi que par leur sacrifice, à l'image de Mouloud Feraoun et de Tahar Djaout. Lors des débats avec les étudiants, les auteurs ont soulevé la « témérité romanesque » chez certains écrivains concernant les tabous brisés, comme la sexualité, dans les œuvres. « Dans la désillusion ou la langueur, le roman algérien fait donc peu à peu son deuil de toute image globale de l'Algérie et du monde. Les écrivains n'y espèrent plus pouvoir représenter la rude réalité dont souffrent les Algériens, mais ils ne cessent d'évoquer et de dénoncer tout ce qui l'a engendrée. La difficulté de faire part du vécu miséreux de notre Algérie... », soulignera l'auteur Rachid Boudjedra. Tous les écrivains présents s'accordent à dire qu'il faut savoir saisir ces réalités et d'en témoigner, tout en étant fidèles et braves dans les positions qu'ils adoptent aussi bien dans leurs écrits que dans leur vie.