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Les chansons de La Casbah (2e partie et fin)
Publié dans El Watan le 14 - 08 - 2005


Le traducteur a conscience de la limite de son bagage cognitif. Quand il dit que : « ... Nous connaissons les caractéristiques des dialectes arabes citadins préhilaliens et le - aoud al balad - qui en est l'expression poétique, mais nous ne savons pas très bien, faute d'archives, ce qu'étaient les dialectes hilaliens et ma'aquiliens et la poésie arabe bédouine avant la constitution de cette ‘‘koiné'' et de cette poésie, le melhoun, au XVIe siècle », (voir chanson p.13). Connaissant profondément les us et coutumes des artistes compositeurs de poèmes, percevant la richesse du lexique des poèmes, il les traduira en établissant des correspondances quant aux noms des tissus, leur nature, leur couleur, à la vaisselle employée au XVIe et XVIIe siècles au Maghreb ; aux gâteaux traditionnels, aux boissons, entre autres, café et thé, aux différents instruments de musique, aux armes, aux chevaux et chiens... La traduction par correspondances est à ce stade inévitable dans ce cas-là, vu que les poèmes sont un immense réservoir de la de la culture maghrébine. Le traducteur essaie d'expliciter certains mots oubliés, peu pratiqués ou ignorés quelquefois. La traduction par correspondance est une contribution à préserver le passé linguistique et culturel au Maghreb au XVIe et XVIIe siècles. Même si la traduction par correspondance est utilisée à bon escient, elle n'est, cependant, pas littérale comme l'a caractérisée le traducteur dans l'introduction ; c'est une traduction qui respecte la structure grammaticale et rythmique du vers, dont elle est linguistique ; mais le traducteur « des jeunes filles de Fès El Bali (p.55) ne voulait pas sacrifier la forme du poème, il a recours à la traduction interprétative afin de préserver le sens. Ainsi, il conjugue les deux procédés de traduction ; par correspondance, car le poème est un trésor lexical concernant les tissus, les gâteaux, les tentures... - le traducteur ne lésine pas à donner en notes le mot correspondant en français pour souligner la richesse de la langue arabe parlée - par équivalence entre le rôle du harraz et le rôle d'Arnolphe en disant en notes : « Ce genre de tuteur abusif n'est pas sans rappeler le fameux Arnolphe de l'école des femmes, de Molière », (voir : chansons... p. 194). Donc le lecteur en français comprendra le message. Il en est de même, quand le traducteur interprète le vers : Kari Jaradabiya dyal Romane El Azrak. Il établit une équivalence entre El Azrak et le ténébreux : « Il a lu le livre des Abîmes de Romanel le ténébreux. » L'image poétique que suscite Romanel Al Azrak est un écart poétique ; s'il avait été traduit par : Romanel le bleu, la traduction par correspondance aurait faussé le sens, alors que le traducteur a eu recours à l'équivalence de sens en traduisant par : Romanel le ténébreux. Il a pu dépasser l'ambiguïté établie par Al Azrak qui dans l'arabe parlée oranais compte plusieurs sens ; il semble que les Oranais emploient ce qualificatif de couleur d'une façon spécifique, pour désigner le vert, ils disent bleu. Le traducteur dépasse cet écart en faisant appel à son bagage cognitif pour expliquer que Romanel est chargé de faire écrire ses actes au mort dans le tombeau. Le traducteur revient à la version d'E. Dermenghen dont le texte traduit se trouve dans son livre Les plus beaux textes arabes, les Introuvables, Paris 1979, pp 522-531. Ainsi, sa traduction revêt une fonction impérative qui met en exergue la comparaison des réactions des destinataires - auditeurs de la chanson/lecteur du poème traduit. Grâce au critère de la fonction informatique de la traduction, l'auditeur de la chanson comprend différemment le message que le lecteur du poème traduit. C'est ainsi que la forme d'expression diffère selon que le poème est chanté ou que le texte traduit, ce qui délimite le troisième critère de la fonction expressive. Le contexte du poème à traduire a été pris en considération par le traducteur qui présente aussi bien en introduction ou en notes tous les éléments qui permettent de savoir à quel sens l'auditeur et le lecteur ont affaire. Dans son introduction, le traducteur a délimité les niveaux du texte poétique, il a suivi méticuleusement les mouvements concentriques allant du contexte du discours (paragraphe, strophe, refrain ou poème tout entier, en les nommant en arabe, selon l'usage courant des poèmes maghrébins), au contexte culturel de la langue de départ et de la langue d'arrivée, en passant par le contexte de communication tel que le poème El Meknassia de Sidi Kaddour El Calami (p. 35). Le traducteur, pour élargir son bagage cognitif cite les circonstances de la composition du poème, le temps, le lieu, le poète et ses intentions. Il arrive que vienne se greffait à ce poème chanté par exemple, par El Anka, un nouveau sens, même si le contexte reste le même. Par sa voix, le chanteur s'approprie le sens pour communiquer à son public son expérience ; c'est alors que son intention est appréhendée différemment par le public ; le chanteur réactive le poème, il ne reste au traducteur qu'à rendre plus clair tous les implicites du poème chanté. Les techniques de transfert interlinguistiques utilisées par le traducteur sont dans l'addition lors du passage de l'implicite à l'explicite et dans la soustraction lors du passage de l'explicite à l'implicite. La méthode utilisée par le traducteur s'est fait par équivalence qui lui ont donné une grande liberté pour rendre un sens qu'il considérait plus plaisant qu'un autre. Il l'explicite clairement quand il dit pour Bakari par exemple : « Je préfère cette version à celle qui comporte le terme (qabri), car la comparaison avec l'animal, ici le bœuf, est justifiée par le second hémistiche, qui est son pendant logique. » A. A. Dellaï se dispense de la traduction littérale quand il traduit les vers suivants : « Ida Nejbel sifi kullaha takhdaâ wa tassallam yaârfuni la chiyakh falhayat wal muta yarhamuni wal hartala kel hmir alfin farrabg yatoum » (p. 156) En fait, la traduction littérale des deux derniers vers aurait donné : « Les maîtres me connaissent, qu'ils soient bénis dans la vie et après la mort, quant aux bavards, comme deux mille ânes attachés, ils se sentent orphelins. » La traduction interprétative de A. A. Dellaï préserve la poéticité des vers, elle est supérieure à la précédente, car il a basé sa traduction sur des équivalences de sens : « Si je dégaine mon épée, ils rentrent tous dans l'obéissance et se soumettent. Les poètes, encore en vie, me connaissent et les disparus, qu'ils reposent en paix. Quant à ceux qui déblatèrent, à tort et à travers, ils sont comme les ânes : tu en attacherais deux mille ensemble, à une même corde, ils se sentiraient quand même comme des orphelins ! » La traduction interprétative de A. A. Dellaï exprime le sens en français autrement, le traducteur explicite pour sauvegarder l'image poétique qui même en français reste néanmoins suggestive. A. A. Dellaï a fait appel aux ajouts ; c'est ainsi que les deux mots en arabe : wal hartala ont pour équivalent un verbe qui rend l'action vivante ; ils seront suivis d'une proposition « qui déblatèrent » inexistante en arabe ; le texte en français est composé d'ajouts, tels que : « A tort et à travers » ; « tu en attacherais » ; « ils se sentiraient ». Finalement, la réflexion sur la traduction poétique de A. A. Dellaï attend une étude plus approfondie de la traduction des écarts poétiques dans la poésie du melhoun, étude renforcée par un bagage cognitif plus vaste, pour aboutir à une traduction interprétative par équivalence.

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