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Sidi Fredj au temps des amours mortels
Chronique d'une union tiède
Publié dans El Watan le 18 - 08 - 2004

Loin des tumultes de la ville, des paysages encombrés d'habitations, Sidi Fredj se cramponne au rivage comme un bébé au sein de sa mère. L'endroit est aéré, les arbres y poussent avec aisance.
Les oiseaux ont élu domicile à Sidi Fredj. Le ciel est dégagé des ombrages de la ville et les pins se concurrencent pour atteindre le soleil. La nature s'est donné rendez-vous à Sidi Fredj. Les éléments sont en accord avec eux-mêmes, l'homme ne peut être que de passage. Sidi Fredj s'offre pour un jour au visiteur, peut-être pour un mois, mais elle n'autorise pas l'homme à s'y installer. S'il y a tentative de possession sur le site, Sidi Fredj se rebelle. Si la tentative réussie, Sidi Fredj se venge. Elle n'offre alors qu'un visage haineux, sali et moribond. Elle se déleste parcimonieusement de son parfum délicat pour puanter l'atmosphère.
Symbiose entre l'homme et la nature
C'est avec générosité que Sidi Fredj a donné un peu d'elle-même pour permettre à l'homme de s'y ressourcer. Mais c'est qu'elle choisit sur le volet ceux qui seront suffisamment dignes d'elle. 10 500 DA l'abonnement pour l'année pour avoir le droit de venir quatre fois le mois. Le centre de thalassothérapie de Sidi Fredj est ouvert aux plus aisés. Pas question d'admettre n'importe qui dans cette partie du territoire. Les plus chanceux y ont accès, pas les autres. Ce juste compromis entre l'homme et la nature permet à chacun des signataires du contrat d'y trouver son intérêt. L'homme peut jouir de la part belle de la dame qui s'offre sans escompter. Les rochers sont cléments pour les pieds des visiteurs. Les poissons dansent au coin d'une crevasse. La pelouse verdoyante caresse les orteils. Altruiste, le centre de thalassothérapie de Sidi Fredj donne même ses poissons aux pêcheurs venus se languir. L'eau y est claire, la nature abondante et amicale. Des piscines permettent à Sidi Fredj de se reposer, pour un temps, de ses baigneurs gourmands. L'hôtel surplombe la mer, la face rivée sur la Méditerranée. Une petite crique naturelle invite au repos. Des rochers se dressent contre la Méditerranée, protégeant l'homme des vagues houleuses de la mer. Agressives, elles se surélèvent, jetant un regard sur l'homme comme un poisson sur un appât. Mais Sidi Fredj veille. Son centre de thalassothérapie offre le meilleur sans rien enlever d'essentiel. Dans cette partie de Sidi Fredj, les merveilles de la nature ne font pas dans l'ostentatoire. Elle s'offre entière. Comme un modèle sous le pinceau de l'artiste, Sidi Fredj se dénude, s'exhibe sans tabous ni pudeur. Mettant en valeur les courbes de sa côte, elle s'expose. Sans fard, son vert et son bleu s'enhardissent sous les reflets lumineux du soleil. Sidi Fredj est belle. Et elle le sait. Non loin du centre de thalassothérapie, la plage est offerte à un autre type de visiteurs. Ceux-là mêmes que Sidi Fredj n'autorise à venir qu'en guise de transit. On y vient le matin pour ne partir que le soir. A 500 DA l'entrée, la plupart des estivants y restent pour toute la journée. La plage est reculée en demi-cercle comme poussée dans ses derniers retranchements par une mer dédaigneuse. Une famille par parasol. La plage semble infestée de parasols bleus. Une vue aérienne laisserait croire à une invasion de méduses sur le sable. Les baigneurs s'enduisent de crème solaire, les doigts de pieds en éventail. Assis, couché ou debout dans l'eau ou sur le sable, l'homme paraît en perpétuel mouvement. Aucune position ne le satisfait. Il gesticule à gauche, à droite, hésitant à s'offrir entièrement aux rayons du soleil. Assis, le sable s'amoncelle derrière ses pieds créant une crevasse pour son derrière. Sidi Fredj est ingrate ou prétentieuse. Ceux qui vont à la plage n'ont pas les avantages du centre de thalassothérapie. La plage se fait toute petite, plaçant les parasols entre eux à une distance à peine respectable. Rien ne sépare l'homme de la mer qui, ici, est statique. Les vagues ont élu domicile ailleurs. Les poissons sont allés au large. Cyniques, ils observent de loin les bipèdes se prendre pour des cétacés. Quand le soleil se fait ravageur, Sidi Fredj est cruelle. L'homme ne peut se baigner sans affronter un monticule d'algues glissantes et sournoises. Obstruant toute la plage, elles n'offrent aucun répit à l'homme qui veut faire trempette. Il doit avancer à petits pas sur des herbes folles qui s'échinent, inlassablement, à enlacer les chevilles. Les algues se lèchent les papilles au contact du pied humain. Elles s'agitent sous l'effet des remous et donnent une vision presque animale. Complices avec Sidi Fredj, la mer, les algues et le sable dans un élan obséquieux s'amusent à indisposer l'homme. Celui-là inconscient du manège tribal s'amenuise aux loisirs adipeux de l'oisiveté. Aucun regard pour dame Nature qui n'est là, au fond, que pour répondre à ses désirs. Du côté de l'hôtel Riad, El Manar, Sidi Fredj multiplie les visages. Le port est livré aux badauds, aux amoureux du bateau ou à ceux venus manger au restaurant. Les bateaux de plaisance, amarrés au port, voguent au rythme de clapotis ou offrent leur coquille au sol. Petit répit avant de reprendre le large. Ventre à l'air, certains plaisanciers sont oubliés, égratignés par un sol rugueux. La plage, l'autre, celle de la côte est, séparée du port par un grillage, est grande. Les parasols, de paille ou de tissu, sont piqués dans le sol et n'autorisent à l'homme qu'une seule position : couché. Les estivants sont nombreux et agglutinés à un mètre les uns des autres. Les regards sont insistants et la moue dédaigneuse. Pour avoir le droit de se baigner, il faut enjamber les serviettes, contourner les glacières, chercher un endroit où poser son pied. Seuls les enfants sont dans l'eau que le sable rend boueuse. Il faut parcourir plusieurs mètres dans l'eau pour l'avoir sous le menton. Sidi Fredj recule comme étouffée par autant de monde. Elle cherche à respirer, mais tout l'arrête. Pas un grain de sable ne semble avoir été foulé, pas un mètre d'eau ne semble avoir été remué. Des détritus jonchent la plage. La concurrence est féroce entre la fourmi et la bouteille en plastique. Des relents de nourriture se mêlent à l'air marin. Du jaune, du rose, du bleu... La mode est aux maillots multicolores. Sidi Fredj, soumise mais vengeresse, se veut à l'image de son invité. Grossière, insipide et froide. Des tentes en toile, installées à quelques mètres des parasols, sont louées pour permettre à l'homme et à la femme de satisfaire aux « appels de la nature ».


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