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L'ex-chef de la PJ d'Alger maintenu en détention
Affaire de détournement de 32 milliards de dinars de la BNA
Publié dans El Watan le 06 - 11 - 2010

La chambre d'accusation près la cour de Tizi Ouzou a rejeté la demande de liberté provisoire de l'ex-chef de la police judiciaire d'Alger,
Messaoud Zayane, poursuivi dans le cadre de l'affaire Achour Abderrahmane l Une affaire dans laquelle plusieurs anciens cadres de la police avaient déjà été condamnés.
La chambre d'accusation près la cour de Tizi Ouzou a rejeté la demande de mise en liberté provisoire introduite par Messaoud Zayane, l'ancien chef de la police judiciaire d'Alger, placé sous mandat de dépôt par le magistrat instructeur près le tribunal d'Azazga. L'officier, qui avait occupé durant quelques jours seulement le poste de chef de sûreté de wilaya de Tipasa, avant d'être relevé, est poursuivi pour avoir «perçu» des fonds de la part d'Achour Abderrahmane, condamné à 18 ans de prison dans le cadre du scandale du détournement des 32 milliards de dinars (3200 milliards de centimes) de la BNA, entre 2003 et fin 2005.
C'est à la suite d'une lettre anonyme, adressée fin 2007 au parquet d'Alger, que l'enquête avait été ouverte. Le dossier a par la suite été transféré à la Cour suprême, qui a mis près d'une année pour le remettre au tribunal territorialement compétent. Les observateurs avertis n'écartent pas la thèse selon laquelle cette lettre de dénonciation ait été écrite par ceux-là mêmes que feu Ali Tounsi avait poursuivis en chargeant Messaoud Zayane de mener les enquêtes, et qui étaient pour la plupart détenus à Serkadji avec Achour Abderrahmane. En tout état de cause, cette affaire révèle une partie du lourd passif légué par feu Ali Tounsi à son successeur.
L'ancien divisionnaire était l'homme de confiance et de main de l'ex-DGSN, qui ne «mettait pas de gants» pour enquêter sur de nombreux cadres, en majorité relaxés par la justice. Son inculpation dans le cadre de l'affaire Achour Abderrahmane prélude la réouverture de tous les dossiers qu'il a eu à traiter pour le compte de feu Tounsi. Ces mêmes dossiers qui ont miné les relations entre ce dernier et l'ex-ministre de l'Intérieur, Yazid Zerhouni, entre fin 2008 et 2009. Au début des années 2000, entre Zayane et le commissaire Yassine Oussadit, ancien chef de la brigade criminelle d'alger, placé lui aussi sous mandat de dépôt dans le cadre de l'affaire Achour Abderrahmane, il y avait une grande complicité non seulement dans le travail, mais également dans les affaires.
La relation va voler en éclats avec la rupture entre feu Ali Tounsi et Sebbouh, l'ancien chef de sûreté de wilaya. L'on se rappelle que l'ex-DGSN avait suspendu ce dernier, en 2005, avec trois autres commissaires pour des raisons jamais connues. N'ayant pas accepté cet «affront», Sebbouh va utiliser ses connaissances en haut lieu et arrivera à se faire réinstaller à son poste, moins de deux semaines après. Un coup que le défunt n'a jamais «digéré». Il s'est lancé alors dans une guerre sans merci contre tous ceux qui «sentaient l'odeur» de Sebbouh. La chasse «aux sorcières» est dirigée par Zayane, étant donné qu'il est le chef de la police judiciaire au niveau d'Alger.
Les scandales se succèdent et, avec eux, les suspensions et les poursuites judiciaires à l'encontre de nombreux cadres.
Ce qui était présenté comme étant une «opération mains propres» n'était, dans la majorité des cas, que le résultat «de règlements de comptes, de luttes de clans, où les plus forts restent intouchables et les plus faibles laminés avec des carrières brisées à vie». Le limogeage de l'ancien inspecteur général, M'hand Saïdani et les accusations portées à son encontre sont révélateurs. L'ancien inspecteur a été poursuivi parce qu'une attestation de dépôt de plainte auprès de ses services a été retrouvée parmi les documents de l'ancien directeur de la résidence universitaire de Dergana, à Alger, et ex-coordinateur de la région est d'Alger, Belkacem Brahimi – jugé et condamné à une peine de prison pour une affaire de corruption –qui était en conflit avec le transporteur des étudiants Tahkout, connu pour ses relations privilégiées avec feu Tounsi. A l'époque, Saïdani n'avait pas cessé de crier au «complot ourdi», et la justice lui a donné raison, deux ans plus tard, puisqu'il a été relaxé en première instance et devant la cour.
De la guerre des clans à la chasse aux sorcières
Durant cette même période, c'est au tour de la prestigieuse Ecole de police de Châteauneuf d'Alger d'être au centre d'un «scandale». L'ensemble de ses dirigeants ont été suspendus et poursuivis en justice pour avoir été «complaisants» dans les épreuves d'accès au grade de commissaire principal. Il aura fallu attendre le procès pour comprendre que derrière cette affaire se cachait une volonté de «régler» le compte à un commissaire au parcours «irréprochable», juste parce qu'il avait des relations avec l'ancien chef de sûreté de wilaya d'Alger. En 2008, le défunt DGSN entre en conflit direct avec le divisionnaire Bendjillali, patron du service des Renseignements généraux.
Les raisons sont à chercher dans les enquêtes «de complaisance ou de manipulation» menées par ce département sur des personnalités influentes du régime. En novembre 2008, le patron des RG est suspendu de ses fonctions, mais ce dernier revient à son poste, sur décision du ministre de l'Intérieur, à qui il s'est plaint. Les relations entre l'ex-DGSN et son ministre sont désormais très froides. Pour Tounsi, le patron des renseignements généraux a franchi le pas «qu'il ne fallait pas» en «abusant» de ses prérogatives «trop élargies» à travers la confection «de faux rapports». Là encore, c'est le service de Messaoud Zayane qui assure le «nettoyage». Tous les responsables des RG nommés par l'ancien directeur ou ayant des affinités avec lui sont concernés par l'enquête.
Une guerre sans nom éclate entre les deux services, les RG et la PJ (police judiciaire), au point où des structures entières des RG sont dissoutes à l'Est et leurs cadres rattachés aux brigades de recherche et d'investigation reliées à la PJ. A Oran, cette «chasse» va toucher le patron des RG. Une équipe de la PJ composée de Zayane, son adjoint le commissaire Koreïchi, chef de brigade de la division centre et de Rabah Ladj, directeur de la PJ, est dépêchée d'Alger. Elle perquisitionne son bureau à la recherche de «faux rapports qu'il aurait confectionnés sur certaines personnalités, soit pour les préserver de poursuites judiciaires, soit pour les enfoncer».
Le responsable est mis en prison pour une affaire de drogue et, dès qu'il obtient la relaxe, il se plaint au ministre de l'Intérieur. Il accuse Zayane et ses accompagnateurs d'avoir mis de la drogue dans son bureau pour le mettre en prison. De nombreuses autres plaintes atterrissent sur le bureau de Zerhouni. Une enquête est alors ouverte par le ministre en personne. Pendant des semaines, de nombreux officiers sont entendus, ce qui provoquera la colère du défunt DGSN. Légitime. Jamais un ministre de l'Intérieur n'a enquêté sur des cadres dirigeants ou des divisionnaires. Zerhouni réclame la tête des quatre cadres de la police judiciaire impliqués dans l'enquête sur le chef des RG d'Oran. Une demande que feu Tounsi a du mal à accepter.
Le directeur de la police judiciaire, Ladj, est le premier «sacrifié» et, moins d'un mois après, c'est son subordonné d'Alger, Messaoud Zayane, qui est déchargé de sa mission. L'enquête ouverte par le parquet d'Alger sur les relations entre ce dernier et Achour
Abderrahmane est déjà lancée. Le directeur des RG d'Oran est réintégré dans les rangs de la Sûreté nationale en tant que chef de sûreté de wilaya de Sidi Bel Abbès. En contrepartie, l'ex-DGSN arrache le départ du patron des RG. Mais, quelque temps plus tard, Zayane est nommé chef de sûreté de wilaya de Tipasa. Il ne fait pas long feu dans ce poste. Moins d'une semaine plus tard, il est relevé à la suite d'une décision de Zerhouni, puis entendu par la justice. La notification de sa révocation des rangs lui est adressée la veille du décès de Tounsi.
L'enquête aurait révélé qu'Achour Abderrahmane l'a aidé à acheter une carcasse de villa à Hussein Dey, un salon de coiffure, des véhicules et aussi financé tous les frais de la fête de circoncision de son fils à l'hôtel St-Georges, à Alger. Les mêmes accusations sont portées contre le commissaire Yacine Oussadit, l'ex-chef de la brigade criminelle, placé lui aussi sous mandat de dépôt. Il aurait reçu des fonds d'Achour pour acquérir un appartement (que lui a vendu une chanteuse), un restaurant rue Claude Débussy, à Alger, et des véhicules.
Oussadit a été arrêté chez lui, sur la base d'un mandat d'amener. Transféré au commissariat d'Hussein Dey, il a reçu une visite qui a suscité de lourdes interrogations au sein de la police. C'est son ami, l'ex-chef de sûreté de wilaya d'Alger, Sebbouh, qui est intervenu auprès de ses anciens collègues pour qu'il ne passe pas la nuit dans les geôles, mais dans un bureau dans de bonnes conditions. Ce qui a été fait avant d'être présenté le lendemain au juge d'Azazga, qui l'a placé sous mandat de dépôt. L'intervention de Sebbouh suppose que l'affaire va connaître de nouveaux rebondissements, tant ses ramifications au sein de l'institution policière sont importantes.
En plus des anciens cadres incarcérés, le juge d'instruction a inculpé le chauffeur de Zayane, qui aurait été chargé par ce dernier d'aller, avec l'argent remis par Achour Abderrrahamane, acheter une voiture auprès d'un concessionnaire à Alger. Un autre proche et homme de main de l'ex-chef de la police judiciaire a été également placé sous contrôle judiciaire. Pour l'instant, l'affaire se limite uniquement aux «cadeaux» d'Achour Abderrahmane aux cadres de la police et les contreparties que ces derniers lui auraient garanties. Néanmoins, il n'est pas exclu que le dossier déborde sur d'autres, notamment celui lié à l'affaire de drogue trouvée dans le bureau de l'ex-directeur des RG d'Oran. C'est dire à quel point l'institution policière était minée de l'intérieur par des groupes de pression ayant des liens avec des lobbies puissants et des personnalités influentes au sein de l'Etat.


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