Les artisans présents à ce salon se plaignent de l'inexistence d'un réseau de distribution pour la commercialisation de leurs produits à travers le pays. La troisième édition du salon national de l'artisanat, ouvert dimanche dernier à la salle omnisports Saïd-Tazerout de Tizi Ouzou, a pris fin mercredi 28 avril. Organisée par l'Assemblée populaire de wilaya (APW), en collaboration avec la chambre locale de l'artisanat et des métiers, l'association culturelle Amusnaw (Le savant) et autres directions de wilaya, la manifestation a été rehaussée par la présence de 71 exposants dont 32 sont issus de la seule wilaya de Tizi Ouzou. Les 39 autres participants sont venus de diverses autres régions du pays, représentant un ensemble d'au moins 18 wilaya, a-t-on appris du directeur de l'artisanat et des métiers, M. Ali Asmani, qui a qualifié ce nombre d'important et de croissant. Selon M. Asmani, le nombre des inscrits au registre de l'artisanat pour l'année 2010 a atteint 12 000 acteurs. Pour M. Hadibi, vice-président de l'APW, «notre perspective s'inscrit dans une démarche de développement durable. Pour cela, nous nous appuyons sur une stratégie pluridisciplinaire où seront inclus les secteurs les plus porteurs dans la région, tels que l'agriculture, la pêche et le tourisme solidaire. Nous travaillons aussi à ce que ce salon soit pris en charge par les pouvoirs publics en vue d'assurer sa pérennité». Un universitaire, spécialiste en économie, estime, lui, que «c'est un véritable espace pour la rencontre de nos artisans, qui auront ainsi à s'échanger leurs savoir-faire respectifs, même si cela reste symbolique. Nous souhaitons que de telles rencontres soient concrétisées par un accompagnement constant et réel des artisans», ajoute notre interlocuteur. «Si l'on veut aider ces artisans, il faudrait leurs faciliter l'accès au marché par l'élimination des barrières et autres obstacles à l'entrée», renchérit un enseignant, spécialiste en management, ajoutant que «ni promotion, ni développement de l'artisanat ne peuvent réussir si on ne développe pas le tourisme». Le problème auquel sont confrontés presque tous les artisans du pays, c'est les difficultés à commercialiser leurs produits. «Nous n'arrivons pas à vendre nos marchandises à cause de l'absence d'un réseau de distribution pertinent dûment conçu et réparti par l'Etat», estiment un autre participant venu de Ouargla. «La communication joue un rôle primordial dans la réussite de toute manifestation commerciale ou autre. Malheureusement, notre administration n'a pas cette culture d'assurer préalablement une large diffusion de l'information, ce qui fait que, souvent, d'importantes manifestations organisées chez nous, passent inaperçues, sinon limitées juste au rayon d'action de l'endroit où elles eurent lieu», déplore le même participant. Cette édition a été marquée par la participation de différents métiers artisanaux, tels que le tissage traditionnel (Ouadhias, Ait Yahia, Ait Hichem), la poterie, l'artisanat du bijou, les arts culinaires traditionnels, la peinture, le prêt-à-porter, etc. Très passionnée par le style de ses divers articles de confection et ravie de les exposer au public, Samira, une artisane de Maâtkas, indique avoir «hérité de ce métier, pratiqué depuis la nuit des temps par nos aïeux et nos grands-parents. Pour ce, nous devons le préserver, tant il symbolise notre identité et constitue une sorte d'emblème de la femme kabyle. J'adore mon métier, je le fais avec amour et en toute fierté», ajoute Samira, toute heureuse.