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Entreprise SIMAS de Hassi Ameur (Oran)
Retour sur une banqueroute
Publié dans El Watan le 09 - 01 - 2006

Les travailleurs de l'entreprise SIMAS (zone industrielle de Hassi Ameur, à 20 km à l'est d'Oran), un fleuron du secteur de la métallurgie, ont observé, hier, un sit-in à l'intersection de la route nationale de la zone industrielle de Hassi Ameur, pour dénoncer les conditions de liquidation de leur entreprise.
En fait, les 430 travailleurs de Simas, depuis l'annonce officielle de la dissolution de leur entreprise, le 28 mars 2004, n'ont pas perçu de salaires. A la veille de l'Aïd, un cadre gestionnaire rencontré sur place et ne pouvant contenir son émotion éclate en sanglots : « Ils ont tout fait pour déstructurer cette entreprise qui était leader dans le pourtour méditerranéen. Aujourd'hui, on se retrouve comme des malfrats, sans un sou pour subvenir aux besoins de nos enfants. » En fait, tous les travailleurs insistent sur le fait que leurs enfants ne fêteront pas l'Aïd comme tout le monde. Un syndicaliste dénoncera, pour sa part, « la non-implication du liquidateur » et annoncera que, juste après les fêtes de l'Aïd, « une partie des travailleurs entamera une grève de la faim et le reste fera le déplacement sur Alger, où ils observeront des sit-in ». En fait, l'entreprise Simas est un exemple édifiant d'une déstructuration et d'une banqueroute « programmée » d'une entreprise leader dans son domaine par l'entremise d'une ouverture de capital. C'est dire que le partenariat avec les entreprises étrangères n'est pas toujours synonyme de rentabilité et de prospérité. Dans le cas de Simas, il est catastrophique, et ses travailleurs ont fait l'amère expérience. Ils vont se retrouver au chômage, car, selon de nombreux travailleurs, aucune disposition n'est prise à leur avantage dans les termes de la liquidation. Dix ans après l'ouverture du capital de l'ex-ENCC, le 16 avril 1995, qui a donné naissance à l'entreprise Simas, implantée dans la zone industrielle de Hassi Ameur (Oran est), le bilan est peu reluisant. Au départ, l'ENCC détenait 50% des parts et les 50% restants répartis à parts égales entre Sonatrach et Sonelgaz. La spécificité du domaine d'intervention de cette entreprise, dont la gamme de produits va de la mécanique lourde, à la charpente métallique, aux aéro-réfrigérants a fait, semble-t-il, que le recours à un partenaire étranger est devenu une nécessité. En 1997, il a été procédé à l'ouverture du capital de l'entreprise à des partenaires étrangers, en l'occurrence l'espagnole Mecanica de la Penã, à hauteur de 11,25% des actions, et KPS, une entreprise norvégienne à hauteur de 22,75%. Cependant, l'assemblée générale extraordinaire des actionnaires, réunie le 22 mars 2004, a décidé sa dissolution et a procédé à la nomination d'un liquidateur. C'est à la demande de la partie algérienne, constituée de Sonatrach, Sonelgaz et l'ENCC, que la dissolution a été prononcée. Une demande formulée déjà en 2002, mais rejetée par la SGP Construmet, qui a préféré accorder à Simas un sursis de deux ans. Mais c'est un sursis qui n'a fait qu'accentuer le déficit global de l'entreprise pour atteindre, à la fin de l'exercice 2004, 130 milliards de centimes. Pour rappel, l'entrée au capital du partenaire canadien KPS, présenté comme leader mondial dans le domaine de l'ingéniering métallique, devenu majoritaire du capital de Simas, après l'acquisition des actions de l'espagnole Mecanica de la Penã, lui a permis de contrôler les destinés de l'entreprise. Ceci dit, les comptes de l'entreprise ont été remis à zéro dès la création de Simas. Les pouvoirs publics ont épongé toutes ses dettes et c'est une entreprise assainie et dégageant même des bénéfices à laquelle les Canadiens ont été invités à prendre une participation au capital. Pour les syndicalistes et les travailleurs de Simas, « cette participation de 6 millions de dollars canadiens, dont 2,4 millions en numéraires et 3,6 millions en ‘‘nature'' correspondant au financement du programme lié à la formation et au transfert technologique, n'a pas été honorée ». Pis encore, KPS n'aurait versé, semble-t-il, à ce jour, que 266 000 dollars US. En ce qui concerne le volet formation, l'on saura qu'il y a eu, certes, quelques déplacements de cadres au Canada, mais point de transfert de technologie proprement dit. De l'avis de nombreux travailleurs rencontrés hier, « Simas avait tous les atouts en main pour réussir le pari de la performance et de la compétitivité. Au lieu de cela, c'est une descente aux enfers qui s'est produite ». En tout état de cause, l'évolution du résultat annuel est effarant, il passe d'un déficit de 54,5 millions de dinars (Mda) en 2002, à moins de 315 Mda en 2003, pour atteindre, en 2004, les 345 Mda (en négatif évidemment). Pour ce qui est du découvert bancaire (frappé du sceau du secret), il connaîtra une accentuation qui donne le tournis. De 66,8 Mda à fin 2001 à... 405 Mda à fin 2002. « Soit une augmentation qui équivaut à deux fois les charges annuelles du personnel » (180 Mda), selon un syndicaliste. Il est ensuite passé de 459 Mda en 2003 à 513 Mda à la fin de l'exercice 2004. Un découvert supérieur au capital social qui est de 400 Mda. Ce qui intéresse KPS, selon de nombreux interlocuteurs, c'est la pénétration des marchés algérien et maghrébin. « Arracher le maximum de contrats en Algérie par le biais de Simas qui fera toujours des offres qui ne seront retenues qu'en raison des prix proposés défiant toute concurrence. La plus grande partie de ces contrats sera réalisée par la société mère canadienne qui empochera la grande partie du montant du marché. A Simas, il reste les dettes et le découvert. » Pour étayer ses dires, on avance l'exemple de l'unité de dééthanisation de GP2/Z, où « Simas soumissionne et obtient un marché de 36 Mda qui profite, en réalité à KPS ». C'est en effet à cette dernière, ou plus précisément à son siège au Canada, que revient la partie ingénierie et fournitures. La main-d'œuvre est à la charge de Simas. KPS engrangera les dividendes et Simas n'aura, finalement, servi que de simple atelier d'assemblage industriel. Un deuxième exemple est également cité, relatif au marché obtenu par Simas, mais à perte : « Il s'agit de la fourniture à Naftal de 350 cuves GPL de différentes dimensions. Simas a été le soumissionnaire le moins disant pour un montant de 57 Mda, soit un prix moyen de 160 000 DA la cuve, alors que son prix de revient est de 240 000 DA. L'entreprise n'en tirera aucun bénéfice, mais devra recourir à l'endettement pour s'acquitter d'une dépense supplémentaire de 280 Mda. » Toutes les démarches des travailleurs pour dénoncer cet état de fait sont restées sans suite. A. S. A.

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