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Gérer une entreprise : science ou art ?
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Publié dans El Watan le 14 - 05 - 2012

Une controverse récurrente se situe au niveau du management des entreprises. Pour gérer efficacement une entreprise, doit-on disposer de caractéristiques innées ou faudrait-il apprendre comment faire dans des business schools ? L'idéal serait de posséder les deux. Mais à défaut, que privilégier ? Nous parlons d'entreprises de moyenne et de grande tailles. Les très petites entreprises (épiceries, boulangeries, etc.) nécessitent beaucoup moins de savoir-faire et ne constituent pas un sujet de polémique. Mais dès lors qu'une entreprise est de taille moyenne ou grande, le sujet garde toute sa pertinence. En fait, il y a de nombreuses dimensions à cette problématique.
Science ou art : Implications
Le débat sur la question est tronqué sur un point : la signification qu'il faut donner aux concepts de science et d'art. Les spécialistes en épistémologie (philosophie des sciences) considèrent que toute pratique scientifique est science et art. Deux chirurgiens peuvent avoir fréquenté les mêmes écoles, mais l'un est plus efficace dans ses interventions. Il a de meilleures aptitudes de mettre en pratique ce qu'il a appris. Il a un meilleur art d'utiliser ses connaissances. Ceci es vrai pour toutes les autres sciences (architecture, ingénierie, etc.). Il faut tout un art, donc des aptitudes personnelles, pour mettre en pratique les connaissances scientifiques. C'est ce que l'on appelle communément le savoir-faire. Mais cette dimension existe, à des degrés divers, dans toutes les autres sciences et pas seulement en gestion.
Mais beaucoup de personnes brandissent cette distinction pour insinuer l'inutilité de l'apprentissage. Il faut dire que plusieurs maîtres à penser (Drucker, Mintzberg) critiquent la manière de procéder des business schools. Ils insistent sur la nécessité de doser davantage les apprentissages de terrain. Mais le fait que l'art d'appliquer les connaissances est plus inné ne signifie guère qu'il faille renoncer à l'apprentissage. Les spécialistes débattent la meilleure manière de diffuser ces connaissances : le dosage théorie/pratique, l'importance de la modestie, de l'écoute, du partage et de l'utilisation des énergies et de l'intelligence de tous. Les méthodes d'apprentissage sont décortiquées, mais on ne remet pas en cause la nécessité. Certains pays, comme l'Allemagne et le Japon, ont relativement moins recours aux business schools.
L'enseignement nécessaire se fait en interne ; ou surtout au niveau des chambres de commerce. Mais l'essentiel demeure qu'il y ait apprentissage. Parfois on fait la confusion entre l'entrepreneur et le manager. Le premier est un développeur. Il prend des risques et monte l'affaire. Le second gère ses différentes fonctions dès qu'elle devient grande. Souvent, on évoque le fait que des entrepreneurs sans formations approfondies, partant de rien, ont créé puis développé des entreprises d'envergure mondiale. Mais la plupart se sont entourés de gens compétents formés qu'ils ont écoutés. L'exemple type fut M. Honda, fondateur de la célèbre firme japonaise. Les succès financiers, marketing et production, sont principalement dus à M. Fujisawa, compétent manager. M. Honda, développeur de moteurs, aurait ruiné son entreprise sans les avis éclairés de son bras droit. Mais la presse met rarement en avant les brillants managers qui, dans l'ombre, produisent les succès phénoménaux. Par ailleurs, quelques développeurs ont été de brillants autodidactes. En lisant énormément (Bill Gates, Jack Welch) et en assistant à de nombreux séminaires, on peut s'approprier l'ensemble de connaissances prodiguées dans des business schools.
Ce qu'il faut retenir
Les universités modernes tendent à voir croître en leur sein le département business administration. En général, les effectifs qui se spécialisent dans les sciences de gestion représentent le tiers du total. Seuls les départements éducation (formation d'enseignants et de spécialistes en pédagogie) rivalisent, en termes de nombre, avec les départements business administration. La version extrême qui consiste à dire que gérer une entreprise n'a pas besoin d'apprentissage et que par conséquent on doit fermer ces structures est un non-sens. Ne serait-ce qu'on apprend les concepts. Il faut beaucoup de temps et de chances pour découvrir seul les notions de besoin en fonds de roulement, coût du capital, variabilité dans les processus qualité et le reste. Un responsable financier peut travailler toute sa vie et ne jamais comprendre la formule de Black and Schoole pour évaluer les options s'il ne l'apprend pas.
Les rôles des managers et des entrepreneurs sont différents. La version qui consiste à vouloir introduire beaucoup d'aménagements pour que l'apprentissage se fasse par plus de coaching, plus de présence en milieu réel et un meilleur dosage entre les cours de conceptualisations théoriques et de mise en milieu réel fait beaucoup de sens. L'apprentissage par cas concrets (qui fait le succès de Harvard) est déjà un pas en avant vers cette concrétisation. Mais il demeure insuffisant aux yeux de plusieurs spécialistes. Le système d'apprentissage par coaching (apprentissage théorique et pratique en milieu réel orienté vers la résolution de problèmes concrets sous l'impulsion de coach) a beaucoup d'avenir et peut devenir une composante essentielle de la formation. En ce sens, la médecine a beaucoup plus évolué dans son apprentissage que les sciences de gestion. Après les formations théoriques, les apprentis médecins passent beaucoup de temps en milieu réel avec des professeurs pour traiter de nombreux cas réels avant d'obtenir des responsabilités et de prendre des décisions autonomes.
En management, nous n'avons pas cette période de transition qui enseigne aux futurs managers comment traiter des cas réels, toujours apprendre, écouter, être modeste, communiquer et intégrer les préoccupations de toutes les parties prenantes dans les décisions finales. Dans le monde moderne, on a besoin de maîtriser un minimum de concepts pour agir et communiquer avec autrui. Comment peut-on dialoguer avec un banquier qui nous parle de forward ou d'un responsable qui nous évoque l'organisation matricielle sans en maîtriser la teneur. Les concepts et les théories s'apprennent en milieu adapté. Mais la mise en pratique nécessite d'autres habiletés. On voit bien que la vérité se situe quelque part au milieu. Il est indispensable de maîtriser un minimum de connaissances dans le domaine. Mais ceci est loin d'être suffisant. Le défi des business schools de demain serait peut-être de faire ce que font les écoles de médecine : accompagner (coaching) pendant une longue période, les candidats au poste de managers afin de parfaire leur savoir-être.
Le fait que les départements de business administration sont devenus les spécialités-clés des universités, celles qui permettent à ces institutions de formation de demeurer rentables, ne signifie guère qu'on a trouvé la meilleure formule pour former les gestionnaires de demain. Rien n'est figé. On aura droit à des améliorations révolutionnaires. Mais pour le moment, gardons-nous de tout extrémisme. Les enseignements des business schools sont incontournables. L'amélioration des méthodes de diffusion de l'application des outils enseignés est à ses débuts. Mais ceux qui préconisent qu'on puisse faire fi des outils, des méthodes et de leur application privilégient plutôt le charlatanisme. Quelques rares managers ne croient ni aux outils ni au coaching pour les appliquer. J'ai eu à diagnostiquer ce genre d'entreprises. La conclusion est la suivante pour la plupart : «Si la plupart des entreprises algériennes et internationales étaient gérées de la même manière, la planète retournerait très vite à l'âge de la pierre taillée».
Abdelhak Lamiri. PH. D. en sciences de gestion
[email protected]


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