Une grande anarchie caractérise, depuis le début du mois de Ramadhan, les cités de Aïn Naâdja, dans la commune de Gué de Constantine. Selon des résidants, le nombre de commerçants anarchiques s'est multiplié, ces derniers jours, à tel point que des rues et des espaces publics sont complètement envahis par les vendeurs et transformés en véritables bazars informels. Si le nombre des commerces a considérablement augmenté, les prix, eux, n'ont pas baissé pour autant. Pis encore, la mercuriale a connu une hausse vertigineuses et inexpliquée. C'est le cas des fruits et légumes et des viandes. «Même les ingrédients et autres herbes entrant dans la préparation de la chorba n'ont pas été épargnés par la voracité des commerçants», dira un habitant. Si les commerces informels pullulent dans la journée, après le f'tour, des jeunes chômeurs profitent des longues nuit d'été et des veillées ramadanesques pour gagner de l'argent. Ainsi, l'on trouve des étals improvisés pour la préparation et la vente du bourek, qalb ellouz, des grillades. Mieux, certains habitants des quartiers ont carrément ouvert de vrais «cafétéria» sur la voie publique, en y installant des tables, avec café, thé et autres gâteaux et jeux. Si certains résidants prennent à la légère cette anarchie qu'ils justifient par l'ambiance et le charme des soirées du mois de Ramadhan, d'autres, par contre, ont exprimé leur crainte quant à l'augmentation du nombre de commerçants anarchiques à la fin de ce mois de jeûne. Une crainte justifiée notamment par l'absence de réaction de la part des autorités publiques qui assistent en spectateur à la propagation de l'anarchie.