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Entretiens avec des leaders politiques, chefs de communautés et religieux libanais
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Publié dans El Watan le 21 - 09 - 2012

Leaders politiques, chefs de communautés et religieux libanais, El Watan Week-end a rencontré les personnalités les plus influentes de Tripoli (nord du Liban) afin d'identifier les origines des conflits dans ce qu'on appelle aujourd'hui «la petite Syrie libanaise».
-Cheikh Redouan. Leader sunnite de Bab Al Tabbaneh : c'est Al Qaîda de Bachar qui sévit au Liban
-Les pro-Bachar vous accusent de tous les maux, notamment d'extrémisme religieux...
Nous sommes des modérés, contrairement aux apparences. Les sunnites de Bab Al Tabbaneh ne sont pas extrémistes. Dès le début de la crise en Syrie, nous avons condamné les actions criminelles de Bachar le sanguinaire à l'encontre de son peuple qui se fait massacrer. Notre position a dérangé le régime syrien. Ce dernier, dès que ça l'arrange, sème le trouble à Tripoli, en particulier entre Bab Al Tabbaneh et Djebel Mohsen, à travers son agent au Liban, Rifaat Eid. Quand les assauts ont commencé, nous avons laissé le temps à l'armée libanaise pour répliquer, mais ne voyant rien arriver, nous nous sommes défendus.
-A votre avis, quelles sont les origines de ces troubles ?
Le Hezbollah est derrière toute cette agitation. Dieu n'a pas de parti qui tue des femmes et des enfants en son nom. Il faut voir dans la destruction du restaurant américain l'œuvre d'agents envoyés par le Hezbollah iranien, et reliés par l'ambassade d'Iran au Liban. Les autorités ont prouvé que les incendiaires étaient liés à Bilal Chaabane et Hicham Minquara, favorables à Bachar Al Assad.
-Les médias arabes parlent de l'implantation d'Al Qaîda à Tripoli, représentée par les sunnites. Qu'en pensez-vous ?
Il n'y a pas Al Qaîda au Liban, mais Al Qaîda de Bachar Al Assad et du Hezbollah. Le Liban ne supportera jamais une organisation comme l'entend Al Qaîda que nous connaissons. Nous n'avons aucun avantage à entrer en guerre entre nous. Tripoli est presque abandonné par le gouvernement. Nous voulons juste que la situation économique et sociale s'améliore pour le bien de tous.
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-Cheikh Malek Chaar. Grand mufti de Tripoli : accuser la communauté sunnite profite à Bachar Al Assad
-Où en est la situation, aujourd'hui, à Bab Al Tabbaneh et Djebel Mohsen ?
Ce qui s'est produit à Tripoli, dans les quartiers de Bab Al Tabbaneh et Djebel Mohsen, est une explosion, due à une fragile gestion politique dans tout le Liban. C'est aussi une conséquence de ce qui se passe dans le pays voisin, la Syrie. Il n'y a pas de conflit confessionnel entre les deux parties, mais une divergence politique, qui a engendré cette crise. Les habitants de Bab Al Tabbaneh et Djebel Mohsen cohabitent en harmonie depuis longtemps.
-Alors pourquoi aujourd'hui sont-ils en conflit ?
Il y a dans Djebel Mohsen, un individu du nom de Rifaat Eid, secrétaire général du Parti arabe démocrate alaouite, qui s'est engagé pour le Hezbollah, Bachar Al Assad et Ahmadinejad. Cela signifie que toutes ses actions armées ou politiques, au Liban, sont prédéfinies par les intérêts de ces trois éléments. Rifaat Eid est fortement soutenu par ses partenaires, il est leur exécutif au Liban, et sert leurs intérêts politiques à Tripoli pour contrôler les choses et les hommes politiques libanais.
-A qui profite la déstabilisation de Tripoli ?
Une des principales problématiques à Bab Al Tabbaneh et Djebel Mohsen est de montrer que la ville de Tripoli est un fief d'Al Qaîda, du terrorisme et de l'intolérance. C'est aussi une manière d'accuser la communauté sunnite, qui est majoritaire dans la région, et de faire croire qu'elle appartient à des organisations étrangères, ceci profite principalement aux agents de Bachar Al Assad.
-Certains affirment que ce sont les salafistes qui sèment les troubles…
Les salafistes de Tripoli ne sont ni terroristes ni extrémistes, contrairement à l'idée que l'on se fait. Ce sont avant tout des Libanais, qui ont choisi de pratiquer un islam authentique et non moyenâgeux. Pour ne pas juger et dénaturer une conviction étrangère à la nôtre, il faut d'abord comprendre sa profondeur spirituelle. Les salafistes au Liban sont des penseurs et des chercheurs qui travaillent autour de la pratique musulmane. Nous collaborons régulièrement avec eux dans plusieurs domaines ou à Dar El Fatwa (centre religieux qui donne des directives aux communautés, ndlr), et il n'est jamais arrivé que l'un d'eux commette un acte répréhensible ou criminel. Les individus qui ont brûlé le KFC ne sont ni religieux ni salafistes. Ce sont des personnes qui ont été payées pour une mission précise, ce ne sont certainement pas des habitants de Tripoli. Ils servent des partis politiques libanais qui veulent déstabiliser la région.
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-Badr Wannous. Député et avocat alaouite anti-Al Assad : Tripoli est une importante base de renseignements secrets pour certains pays
-La plupart des analystes politiques pensent que le conflit en Syrie se déverse au nord du Liban, que c'est une question de temps avant que les choses ne se dégradent...
Bien que Tripoli soit un baromètre pour les politiques libanais, cette vision est pessimiste. Il vrai que les conflits entre les communautés ne s'arrêteront pas du jour au lendemain, vu les enjeux politiques et géostratégiques qui font pression sur la région. Au Liban, les mouvements armés indépendants sont souvent les partenaires de pays étrangers, qui, à travers eux, installent des bases importantes de renseignements secrets dans la région. Quand des politiques ou leaders libanais arrivent à dire que si l'Iran est attaqué par Israël, ils répliqueront en soutenant aveuglément Ahmadinejad, ici, oui, les choses seront hors contrôle. Le Liban sera trahi par ces gens-là qui brandissent des banderoles pour remercier le Qatar et l'Arabie Saoudite. Un mépris politique que ne nous n'apprécions pas.
-Pensez-vous que ceux qui ont saccagé le restaurant américain, au centre-ville, soient motivés par la religion ou manipulés par les forces qui sèment le trouble à Tripoli ?
Nous n'avons jamais connu des heurts aussi importants à Tripoli. C'est une ville d'une grande culture et une terre qui a beaucoup donné au Liban. Nous avions du mal à croire ce qui s'est passé au centre-ville. L'incident du fast-food américain est injustifiable, d'autant plus que ce sont des Libanais qui travaillent dans ce lieu et non des Américains. Les jeunes criminels sont connus des autorités libanaises, ils se promènent en voitures américaines, parlent en anglais, passent leurs vacances aux Etats-Unis et viennent ici faire la loi. Il est évident que nous condamnons fermement ce film qui a attaqué les musulmans. Si demain les chrétiens ou une autre communauté sont attaqués, nous en seront offusqués. Mais les réactions disproportionnées sur cette affaire ne donnent pas la véritable image des musulmans.
-Quelle lecture faites-vous de la dernière sortie de Nassrallah, leader du Hezbollah ?
J'aimerais vraiment que le Liban sorte de ce système qui sacralise des personnalités pour servir leurs propres intérêts ou ceux d'un pays étranger. Je n'ai rien contre Nassrallah, mais je n'adhère pas à sa politique.
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-Ali Fedda. Responsable du bureau politique de Rifaat Eid (Parti arabe pour la démocratie) : la Syrie est un pays puissant qui fait peur aux Etats-Unis et à Israël
-Vous soutenez un régime qui a opprimé des milliers de Syriens, est-ce votre vision de la justice ?
Aujourd'hui en Syrie, il existe des groupuscules terroristes qui détruisent la république de Bachar Al Assad. Le pire, c'est qu'ils viennent des pays voisins. L'armée de Bachar représente la société syrienne. Qui oserait se retourner contre sa propre famille ? Les gens qui ont été tués méritent leur mort pour les crimes qu'ils ont commis contre le peuple syrien. Ce sont les rebelles qui exécutent les civils et non l'armée de Bachar. La campagne de désinformation en est la principale cause, surtout celle des pays arabes, financés par l'Arabie Saoudite et le Qatar. La Syrie est un pays puissant qui fait peur aux Etats-Unis et à Israël, et ce qui dérange ces pays-là doit inévitablement être supprimé.
-Pensez-vous que l'émissaire onusien, Lakhdar Brahimi, puisse ouvrir une voie concrète au dialogue, voire une résolution ?
Nous comptons beaucoup sur Lakhdar Brahimi, car il n'y a de solution que dans le dialogue, jusqu'à ce que ce dernier ne serve plus à rien. Nous savons que les pays arabes ne soutiennent pas Bachar, car ils sont tous complices du projet sioniste. A l'exception de l'Algérie, le Liban et l'Irak qui n'ont jamais démenti leurs positions politiques dans la région.
-Ne craignez-vous pas que la crise syrienne vous entraîne dans un conflit interminable avec les sunnites ?
Nous soutenons Bachar Al Assad, et nous sommes contre tout projet des rebelles et de leurs partenaires. Djebel Mohsen, qui est en majorité alaouite, est agressé par les sunnites de Bab Al Tabbaneh pour son soutien à Bachar. Les gens qui nous agressent ne sont ni plus ni moins que des islamistes djihadistes, qui n'acceptent pas qu'il puisse y avoir d'autres convictions. Malheureusement, ils sont soutenus politiquement, ce qui leur octroie du pouvoir et leur permet d'aider les rebelles (l'Armée libre syrienne, ndlr). Djebel Mohsen est comme la bande de Ghaza, encerclée, et nous nous défendons quand nous sommes attaqués.


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