350 à 400 emplois directs seront créés pour la première phase alors que pour la seconde, ce sont 1500 emplois qui pourront être disponibles. Annoncée depuis plusieurs années, l'usine de montage de véhicules du groupe français Renault verra bel et bien le jour en Algérie. L'accord de partenariat a été signé, le 19 décembre, en présence des deux Présidents et l'inauguration officielle aura lieu fin 2014. C'est ce qui ressort du point de presse animé, jeudi, à l'hôtel Sofitel, par deux cadres dirigeants de la région Euromed-Afrique. Il s'agit de Jean-Christophe Kugler, directeur des opérations de la région Euromed-Afrique chez Renault, ainsi qu'Arnaud Jaeger, directeur de programme adjoint Europe-Euromed. Etait présent, également, le directeur général de Renault Algérie, Guillaume Josselin. Pour Jean-Christophe Kugler, le projet n'aurait pas pu se concrétiser sans le soutien de Cherif Rahmani, le ministre algérien de l'Industrie, qui, selon le conférencier, «va droit au but». Le responsable de la zone Euromed-Afrique ajoutera que les meilleurs cadres du groupe ont été intégrés dans le processus de négociations pour arriver à arracher un accord de 200 pages, indiquant que la marque au losange est leader du marché algérien depuis pas moins de 7 années et que tous ses succès vont se poursuivre par une «belle aventure industrielle». Prenant la parole, son compatriote, Arnaud Jaeger, précisera que la Nouvelle Renault Symbol (produite en Roumanie), dont le lancement officiel est prévu pour mars prochain en Algérie, sera également produite dans notre pays. L'entrée en production de l'usine de montage d'Oran se fera «fin 2014». «Il y aura des modifications de la zone portuaire, des infrastructures routières ainsi qu'au niveau de l'aéroport afin de lancer les travaux dans les meilleurs délais», dira cet intervenant. Détenu à hauteur de 51% pour la partie algérienne et 49% pour Renault, ce projet devra développer une filière automobile en Algérie pour soutenir le développement du marché. «Cette intégration sera atteinte grâce aux investissements qui seront réalisés à l'intérieur de l'usine (tôlerie, emboutissage et peinture), mais aussi à l'extérieur de l'usine à travers notamment la mise en place d'un tissu de sous-traitance local fort du concours et de l'expertise de Renault.» Le volume annuel de production de l'usine commencera à 25 000 véhicules/an (7 véhicules/heure) pour être augmenté dans une deuxième phase à 75 000 véhicules/an (15 véhicules/heure). Le montant injecté pour cette première phase du projet est de l'ordre de 50 millions d'euros. «Des centaines de millions d'euros seront également investis pour les autres étapes du projet», ajoutera l'intervenant. 350 à 400 emplois directs seront créés pour la première phase alors que pour la seconde, ce sont 1500 emplois qui pourront être disponibles. «Il y aura également de la création d'emploi pour les autres secteurs, comme la restauration, les transports ou les services annexes.» Quant au passage à la deuxième étape, celle de la production de 75 000 véhicules par an, cela dépend du tissu industriel des sous-traitants locaux. Le constructeur français profite également d'une exclusivité de trois ans sur le marché local. «Exclusivité sur la partie individuelle et non pas sur les marchés publics», comme tiennent à l'expliquer les représentants du groupe. Ces derniers n'excluent pas, à long terme, la fabrication d'autres marques du groupe, comme la Dacia ou Nissan. Enfin, pour le crédit automobile accordé aux produits fabriqués localement, les responsables de Renault soutiennent que cette question n'a pas fait partie des négociations mais qu'ils restent cependant très intéressés.