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La face cachée des Frères musulmans
L'Egypte des «Ikhwane» ou le consensus impossible
Publié dans El Watan le 24 - 01 - 2013

Sur un panneau publicitaire de l'avenue Dokki, un large panneau publicitaire exhibe non pas un produit commercial pour en vanter les vertus, mais des…menottes.
Le Caire.
De notre envoyé spécial

Et ce slogan : «Dis non à la Constitution». Sur un mur attenant au Musée du Caire, ce graffiti : «Irhal Ya Morsi» (Morsi dégage!). L'imposant musée de couleur ocre est tristement vide, déserté par les touristes. A quelques mètres de là, une cinquantaine de tentes dressées par différents groupes d'activistes et autres partis d'opposition campent à Maydan Ettahrir en signe de défiance envers le pouvoir de Mohamed Morsi.
Ce tableau résume à lui seul le blocage actuel de la situation politique en Egypte. Et le dernier référendum sur la Constitution, censée jeter les bases de la nouvelle Egypte, n'a rien réglé. Me Kamal Al Islambouli ne mâche pas ses mots : «Cette constitution a été rédigée par des juristes médiocres» fulmine-t-il. Cet ancien juge, qui a passé 21 ans en tant que magistrat, avant de démissionner sous Moubarak et se convertir en avocat, préside aujourd'hui le Conseil national égyptien, sorte de parlement citoyen créé peu après la révolution, pour combler le vide institutionnel laissé par l'insurrection du 25 Janvier. Me Al Islambouli poursuit : «En dépit du fait que tout le monde reconnaît mes compétences en matière juridique et en droit constitutionnel, le régime me dénie cette qualité. Il a préféré s'appuyer sur des juristes médiocres qui lui sont affiliés. Je les connais. Certains ne sont même pas capables de rédiger correctement un acte notarié pour un deux-pièces, de là à concevoir la Constitution d'un pays…»
Les FM raflent tout sur leur passage
Pour lui, la Constitution devait être promulguée avant toute élection. «J'écumais chaque jour les plateaux télé, en criant à tue-tête que si la Constitution arrive en dernier, pour chaque pas en avant, nous ferons plusieurs pas en arrière. Ceci parce que nous n'avons pas posé les fondations. Les choses ont été conduites à l'envers. Il aurait fallu élire d'abord une Assemblée constituante. Il aurait fallu composer la constituante sur la base de la participation de tous et faire en sorte qu'il n'y ait pas un groupe qui l'emporte afin qu'elle représente tous les Egyptiens.» De fait, ce qui turlupine une bonne partie de la société égyptienne, c'est la manière avec laquelle les islamistes ont réussi à truster tous les postes, donnant le sentiment qu'un seul groupe domine la scène, à l'exclusion de tous les autres. Il faut rappeler que le référendum et la Constitution qu'il a entérinés n'est que le dernier épisode d'une série de «conquêtes» qui ont permis aux islamistes de tout rafler sur leur passage. Au lendemain de la révolution du 25 janvier, le Conseil militaire, dirigé alors par le maréchal Tantaoui, décide d'accélérer le processus de transition démocratique, en proposant une feuille de route dont le point de départ était l'introduction d'un certain nombre d'amendements dans l'ancienne Constitution, permettant d'ouvrir la voie au plus grand nombre pour participer aux prochaines élections.
Les Frères Musulmans se frottent les mains, forts de ce qu'ils étaient le mouvement le plus organisé. De leur côté, les laïcs et les libéraux, à leur tête Mohamed El Baradei, Amr Moussa et le parti El Wafd, plaident pour une transition plus mesurée en insistant sur le fait qu'il fallait d'abord commencer par rédiger la Constitution avant toute opération électorale, comme le plaide Me Al Islambouli. Le 19 mars 2011 est organisé le premier référendum constitutionnel (voir chronologie).
Les islamistes appellent à voter massivement «oui». Ils disaient : «celui qui votera ‘‘non'' ira en enfer» se souvient Moataz Salah-Eddine, porte-parole du Wafd. A la faveur de ce référendum, le Conseil militaire passe directement à l'étape suivante par l'organisation d'élections législatives. Celles-ci consacrent le triomphe des candidats islamistes sous leurs différents labels (Parti de la Justice et de la Liberté, Parti salafiste Al Nour, Hizb Al Wassat, parti de l'Edification et du développement…). Cette victoire leur permet, dans un second temps, d'avoir une majorité écrasante au sein de l'Assemblée constituante, chargée de rédiger la nouvelle Constitution. Les laïcs, les Coptes et autres députés de gauche de cette Assemblée se sentent humiliés et se retirent, laissant le champ libre aux islamistes. Résultat des courses : une Constitution sur mesure pour Morsi et les Frères musulmans.
La justice, les médias et Al Azhar en coupe réglée
Dès lors, le processus politique, engagé depuis la révolution du 25 janvier, semble s'enliser dans une transition compliquée et peu consensuelle. Ce qui pose problème, c'est la difficulté de réunir les Egyptiens autour d'un large contrat social, surtout pour une société connue pour sa diversité culturelle et confessionnelle. «Si on analyse les chiffres, on constate qu'il y a eu 32% qui ont participé, soit 15 millions. Il y a environs 10,5 millions qui ont dit ‘‘oui'' et le reste a voté ‘‘non''. Si on compare cela au corps électoral, cela nous fait 20,5%. Et ceux qui n'ont pas voté pour la plupart étaient contre, donc on peut dire que 80% des Egyptiens ont rejeté cette Constitution», décortique Moussa Mostafa Moussa, président du Parti d'opposition Al-Ghad. Kamal Al Islambouli estime que le danger, aujourd'hui, est qu'après avoir fait main basse sur toutes les institutions, et après avoir renforcé son emprise sur le gouvernement à la faveur du dernier remaniement ministériel, le mouvement des Frères musulmans veut s'accaparer de l'ensemble de la société : «Les Frères musulmans ont la présidence, le gouvernement et bientôt le Parlement. Mais cela ne leur suffit visiblement pas. Ils veulent, en plus, s'occuper de la justice, des médias, de tout. Ils veulent faire une opération chirurgicale sur le corps de la société. Il veulent changer le squelette de la société, ses veines, son sang, ses muscles et les traits de son visage, en lui imposant son moule doctrinal.
Du coup, ils lorgnent vers l'armée pour y mettre leurs hommes, idem pour l'intérieur. Ils ont jeté leur dévolu sur l'institution d'Al Azhar qui a fait preuve de modération. Ils veulent y mettre des chouyoukh sévères, pour favoriser des références et des interprétations rigoristes de la chariaâ. Tout ce qui n'est pas sous leur coupe est qualifié de corrompu jusqu'à ce que les Frères mettent la main dessus. La Télévision égyptienne sous Moubarak était corrompue, et le ministre de l'Information l'a «ikhwanisée». Il a intronisé des animateurs, des producteurs, des administrateurs« Ikhwane». Aujourd'hui, la télévision égyptienne impose un embargo aux personnalités comme moi. Je suis banni de la télévision (publique, ndlr). Ils ne veulent écouter que leur propre voix. C'est ça le danger que représentent les Frères musulmans. Ce régime est en train de réécrire la dictature de Moubarak peut-être en pire, et sans professionnalisme aucun.»


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