S'il a été une source de devises prolifique ces dernières années grâce à la hausse des prix du pétrole, le secteur des hydrocarbures semble agir toutefois comme un ralentisseur de la création de richesse dans le pays. Et pour cause, la part de sa valeur ajoutée dans la formation du PIB a diminué de 30% ces 15 dernières années, alors que la part du PIB hors hydrocarbures a progressé de 20% (voir graphe 1). Inversement pour le secteur agricole qui agit par intermittence comme catalyseur. Hors hydrocarbures, la part de la valeur ajoutée de l'agriculture dans le PIB dépasse les 15%. En revanche, la production du secteur industriel n'a cessé de reculer avec une part de 5,2% du PIB (7,5% hors hydrocarbures) en 2014, contre 7,5% en 2000 (13% hors hydrocarbures). Globalement, le gouvernement peut se targuer d'avoir vu une progression continue du PIB au cours des années écoulées. Ce dernier est en effet passé de 1800 dollars per capita en 2000 à 5400 en 2014. Une croissance relative car au même moment, le taux de change dinars/dollar glissait de plus de 6%. Relative également, car elle ne traduit pas une utilisation prioritairement des ressources financières au profit d'un accroissement de l'activité productive. Le gouvernement le sait et le Premier ministre l'a rappelé lors de la dernière table ronde du Conseil national économique et social, la priorité doit être donnée à la croissance du PIB hors hydrocarbures et à prioriser la sphère économique réelle, celle d'une activité économique produisant des biens et services. Un coup d'œil aux statistiques de l'ONS montre que les quinze dernières années ont été propices à la croissance des dépenses non productives (secteur financier, affaires immobilières, services non marchands). La consommation finale des administrations publiques, qui représente les trois quarts des services non marchands, a sextuplé passant d'une part de 13 à près de 20% du PIB. La part de l'administration dans la rémunération des salariés est passée de 45% en 2000 à 60% en 2014 quand celle du secteur économique est passée de 48 à 36% et que celle de l'agriculture de près de 6% à 4%. Les activités non productives ont évolué plus rapidement que les activités productives (voir graphe 2). En effet, selon l'ONS, la part de la sphère non productive dans la formation du PIB a été multipliée par 6 entre 2000 et 2014 quand la production du PIB et celle des activités productives ont quadruplé. Quand on sait qu'au même moment le ratio exportations/PIB est passé de 42 à 30%, alors que celui des importations a augmenté de 60% (de 20 à 32%), cela traduit inévitablement l'échec des politiques économiques entreprises jusque- là. Pour un pays comme l'Algérie, la dépense publique comme moteur de l'économie ne fonctionne qu'à la condition d'un marché pétrolier favorable. Une économie rentière est par définition suspendue à la pérennité de la rente. Une équation qu'il sera de plus en plus difficile de maintenir avec les bouleversements du marché énergétique mondial et les exigences de la consommation nationale.