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La création de blog par l'étudiant s'inscrit dans l'affirmation de soi
Mohamed Daoud. Professeur à l'université Ahmed Ben Bella, Oran et chercheur associé au CRASC
Publié dans El Watan le 12 - 10 - 2016

Créer son propre blog, raconter ses expériences, ses préoccupations et ses aspirations est devenu presque un phénomène social chez les jeunes étudiants. Orphelins d'espaces d'échanges, oppressés par une société sourde et embrigadée dans les non-dits et les «il ne faut pas dire», ils ont trouvé le moyen de répondre à une exigence, car «les besoins en termes de communication sont énormes et pressants pour le jeune, il s'agit pour lui de délimiter son territoire ou ses territoires, opérer un marquage et ‘‘affiner'' une stratégie de communication,… pour s'introduire dans le monde des adultes et d'y faire partie», comme l'affirme le Pr Daoud.
Quelle est l'importance de la communication - dans le sens «dire les choses» - pour la population de jeunes ?
Pour les jeunes, «dire des choses», c'est s'exprimer afin de communiquer, d'échanger, de partager et de donner du sens à des situations ou des postures. Libérer la parole pour un jeune, c'est répondre à un besoin, s'approprier un espace, s'y familiariser et créer son propre «univers», dans lequel il va sans cesse s'affirmer en valorisant ses aptitudes créatrices et ses connaissances, cela peut aller du sport à la musique, l'écriture littéraire, le débat social, religieux ou philosophique, jusqu'aux questionnements existentiels, aux angoisses, à l'intimité, aux ambitions personnelles et/ou professionnelles, etc. Les besoins en termes de communication sont énormes et pressants pour le jeune, il s'agit pour lui de délimiter son territoire ou ses territoires, opérer un marquage et «affiner» une stratégie de communication,… pour s'introduire dans le monde des adultes et d'y faire partie.
Nos jeunes souffrent de manque d'écoute. Leur voix n'est malheureusement audible qu'en cas de violence. Quel peut être le palliatif à ce langage (violence) ?
Exactement, pour les jeunes, il y a une absence de communication avec les adultes, soit dans la famille, soit dans l'institution scolaire ou à l'université, car les adultes considèrent les jeunes comme des éternels mineurs. Cela s'explique par plusieurs paramètres sociaux et culturels ; d'abord la famille, même si elle a évolué sur plusieurs plans, elle continue de poser le même regard sur l'enfant, surtout de sexe féminin. Pour l'institution familiale, le jeune ne doit pas «sortir» du cadre tracé par la famille, il doit constamment rendre des comptes sur ses fréquentations, ses projets et demander l'avis des parents sur toutes ses activités et pratiques quotidiennes, ce qui est en soi une bonne chose si cela passe par un dialogue et des explications rationnelles, par l'entente et la compréhension mutuelle.
On peut faire la même réflexion quant à l'institution scolaire et les autres institutions politiques, sociales, etc., où le jeune est brimé et son avis n'est pas pris en considération et minoré, ce qui entraîne des frustrations et des malentendus source de violences sous diverses formes (symboliques et matérielles), enfantant une rupture entre les générations. Un effort d'écoute, de dialogue et de socialisation par le biais de la famille, au sein de l'école (programmes et méthodes d'enseignement), des associations culturelles, sportives et des partis politiques est nécessaire. Mettre en avant l'éthique, les valeurs morales, l'intérêt public et le vivre-ensemble pourront être un rempart contre toute dérive sociale ou toute violence,…
Des jeunes étudiants ont créé des blogs pour raconter leur quotidien ou leurs états d'âme. Pourquoi ce choix, selon vous ?
La création de blog par l'étudiant s'inscrit dans l'affirmation de soi en tant qu'acteur qui a une véritable stratégie, celle de se valoriser auprès de la communauté estudiantine, de rendre visibles ses actions et pratiques quotidiennes. Bien sûr, en adoptant cette démarche, le blogueur aura des visiteurs qui vont réagir à ses propos, discuter de leur pertinence ou de leur futilité, ce qui ne va pas passer sans laisser des traces dans sa vision du monde et des choses.
Cela participe aussi de la construction de son identité individuelle, de son rapport aux autres qui va produire une certaine identification de «soi à l'autre» et de «l'autre à soi». L'écriture avec sa fonction cathartique serait dans ce cas un moyen, une bonne thérapie, un apprentissage pour le jeune, surtout pour celui qui a des difficultés dans ses rapports avec ses camarades de s'exprimer dans l'espace virtuel, d'écrire ce qu'il ne peut dire dans l'espace public, et d'apporter des correctifs, si c'est nécessaire, à ses pratiques et représentations sociales.
Dans ces sites individuels, ces jeunes parlent de tout et surtout de tabous sociaux. Quel est l'intérêt de cette démarche ?
Comme je viens de le préciser, en créant des blogs, les jeunes s'engagent à titre personnel, cherchent la visibilité et l'affirmation de soi en tant qu'acteurs. En écrivant sur des thèmes considérés alors par la communauté comme tabous, comme la politique, la religion ou le sexe, le jeune demande des explications ou exprime son point de vue sur telle ou telle question.
Alors l'intérêt de cette démarche pour le blogueur réside dans le désir de bousculer l'ordre établi, de chercher auprès des visiteurs de son blog soit l'approbation ou la contradiction, d'où la possibilité de la mise en œuvre d'un débat qui donnera des résultats positifs ou négatifs selon la manière avec laquelle il est mené, mais il serait toujours intéressant d'écouter les uns et les autres sur telle ou telle question ; par contre, d'autres peuvent recourir à des pseudos pour éviter d'être désignés comme «fauteurs de troubles…». Le mieux serait d'éviter de provoquer les autres en posant les problèmes sereinement, eu égard à la sensibilité de ces questions…
Quel constat sociologique peut-on en faire ?
Le premier constat serait d'enregistrer la capacité des jeunes à maîtriser les multimédias et de se projeter dans un monde où la communication est devenue un important enjeu parmi d'autres, ce qui dénote aussi de l'évolution de la société et des rapports sociaux, car l'Internet comme moyen de communication permet au jeune d'avoir plus d'autonomie par rapport à l'adulte.
Ce sont de nouveaux rapports et de nouvelles pratiques qui ont été créés avec l'avènement de ces moyens, symbolisant la liberté d'expression et de création et de communication avec les autres afin de tisser des liens d'amitié dans un monde virtuel enrichissant. Mais, en même temps, l'Internet développe une certaine indifférence vis-à-vis des proches, un individualisme qui pourrait être agressif et également le risque de perdition dans des réseaux douteux. Une formation quant à l'utilisation de l'Internet s'impose, et le mieux serait qu'elle soit soutenue par une approche pédagogique très pertinente.


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