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«La filière est retournée à la case départ»
Akli Moussouni . Expert agronome
Publié dans El Watan le 20 - 02 - 2017

L'Algérie produit autour de 60 000 tonnes d'huile d'olive. Sa place dans le marché mondial reflète-t-elle ses potentialités en la matière ?
Je pense que le chiffre annoncé de 60 000 tonnes par an est une des aberrations des statistiques agricoles, comme pour les céréales, le lait, les effectifs animaux, etc. Cette production est proportionnelle à son prix, qui fait actuellement 700 DA/litre, ce qui laisse penser que la production globale ne dépasserait guerre les 10 000 litres, dont la qualité laisse à désirer. En plus, la moitié environ est vendue sous forme de mélange en tant qu'huile d'assaisonnement sans aucune norme de coupage. Le mélange, qui est généralisé à la restauration collective, présente un aspect douteux à l'extrême, étalé sur les tables sans aucune restriction et au détriment de la santé publique.
Négligeable sur le marché national, absente sur le marché mondial, la filière est retournée à la case départ, après le brouhaha fait autour du million d'hectares, devenu curieusement inaudible, après avoir consommé un budget qui aurait pu servir à créer une oliveraie de 3 millions d'hectares rationnellement capable de rivaliser avec les pays méditerranéens les plus oléicoles !
Les variétés algériennes d'oliviers sont-elles performantes ?
Difficile de le savoir en l'absence d'étude. A ma connaissance, une seule expertise a été réalisée sur la variété «Chemlal», majoritaire dans le manteau oléicole du pays par le département économie de l'université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou, en collaboration avec l'Institut El Sevier d'Espagne, laquelle étude avait décelé la faible présence de phénols et polyphénols dans les huiles issues de cette variété. Au sud du pays, les variétés Neb-Gmel, Bouchouk, Djerbi (tunisienne), Chemlal, la Sigoise et l'Arbequina (espagnole)... ont étés introduites au gré du hasard, en l'absence de la moindre orientation des instituts du ministère de l'Agriculture. Ce tâtonnement est à l'origine de l'abondon de plusieurs plantations engagées presque totalement avec le soutien de l'Etat.
Pourtant, il y a beaucoup de coopération avec les partenaires étrangers dans la filière…
Lors de l'exposition Filaha, en novembre 2010, des contacts ont eu lieu entre le ministère algérien de l'Agriculture et celui des Ressources en eau, et l'Autorité de la région de Murcie (Espagne) pour monter le fameux projet «Azeitoun», basé sur, soi- disant, un objectif de transfert de technologie. Le projet de contrat stipule : «La plate- forme technologique doit être comprise comme étant le cœur du projet, car c'est du manque de connaissances que souffre l'agriculture algérienne en ce moment…».
Il est fait appel, dans ce cadre, aux organismes espagnols, en l'occurrence l'Imida, l'université de Murcie et celle de Carthagène. Honteusement, les instituts algériens ne sont pas concernés, leurs responsables ont fait juste de la figuration au moment où l'Algérie avait désigné son représentant au COI (Conseil oléicole international), un cadre du ministère, qui n'a aucune connaissance en la matière pour faire aussi de la figuration dans un organisme international auquel l'Algérie contribue dans le financement depuis son adhésion, sans jamais en tirer profit. L'objet du partenariat avec les Espagnols est évalué à 22 millions d'euros, où la partie étrangère n'a pris aucun risque. La prudence doit être de mise dans ces histoires de partenariat, dont l'acceptation par la partie étrangère de la règle 51/49 est naturellement douteuse.
Sur un autre plan, en l'occurrence les expertises engagées dans le cadre de la coopération avec l'Europe (MEDA 1, MEDA 2 et Diveco), elles n'ont jamais fait l'objet d'un suivi sur le terrain, dont les instituts de recherche relevant du ministère de l'Agriculture (ITAFV, Inraa, etc.). Les agriculteurs engagés dans les plantations, notamment au sud du pays, dans le cadre du PNDA (Programme national de développement agricole), ne savent pas à quel saint se vouer en matière de choix des variétés, de la qualité de l'eau d'irrigation, de la densité et des lieux de plantation, de la protection sanitaire, etc. Ce qui les a poussé à abandonner des milliers d'hectares de plantations mort-nées.
Et que font alors les organisations professionnelles ?
Des organisations dignes de ce nom n'existent pas en Algérie. Dans cette filière, elles sont au nombre de 6, mais aucune d'elles ne dispose de légitimité ni de statut légal. A commencer par l'interprofession, CNIO (Comité national interprofessionnel oléicole), crée par le ministère à l'époque de Benaïssa pour contrecarrer l'UNPA (l'Union nationale des paysans algériens), que j'ai présidée, mais dont aucune de nos recommandations n' a été prise au sérieux, notamment le programme élaboré pour la filière dans le cadre du projet du million d'hectares).
Il y a eu aussi une tentative mort-née de création par l'UNPA de la «Fédération nationale des oléiculteurs», à l'échelle locale il y a eu des associations des wilayas de jijel, Tizi Ouzou, Bouira et Béjaïa, dont le rôle se limitait à organiser des fêtes, lesquelles associations, dirigées à partir des Chambres et qui n'ont plus pignon sur rue depuis le retrait du soutien de l'Etat. Comme pour toutes les filières agricoles, il n'existe aucune organisation professionnelle autour des productions.
La filière a acquis certains équipements modernes ces derniers temps. Y a-t-il eu incidence sur la qualité et les rendements ?
Les Algériens ont acquis une machinerie sophistiquée par la grâce du soutien de l'Etat à raison de 30 % du montant de l'équipement, à concurrence de 3 à 4 millions de dinars). Toutefois, aucune règle d'hygiène et de sauvegarde de la qualité des huiles n'est respectée, du fait que nous ne disposons pas d'un marché normalisé, qui imposerait une discipline de production. Pire que cela, nous importons des équipements fonctionnant à 3 phases, ce qui est abandonné par tous les pays oléicoles, afin non seulement de sauvegarder leur environnement, mais aussi de produire de la qualité et de recycler les sous-produits, qui constituent un manque à gagner important en termes de fertilisants organiques et d'alimentation animale.
Les infrastructures imposées aux huileries par les services de l'agriculture et de l'environnement sont inconnues des méthodes de protection de la nature dans le cas de résidus très nocifs : 100 kg d'olives dégagent 60 litres d'eau végétale dont chaque litre peut polluer 3600 litres d'eau des barrages, alors que le traitement des eaux de barrage coûte déjà à l'Etat plus de 2 % du PIB. En effet, des milliers de tonnes de résidus solides et liquides sont rejetés dans la nature, s'accumulant aux autres déchets jonchant les espaces publics.
Qu'en est-il des plantations nouvelles du sud du pays, Aïn Oussera, Hassi Fedoul, El Oued, El Ménéa … ?
Il y a eu des plantations, certes, réussies dans bien des cas, soumises toutes à l'incertitude qui plane sur le contexte économique du pays. De l'incertitude sur les rentabilités des variétés, sur l'évolution de la croissance des arbres par rapport à la densité, sur les attaques parasitaires (voir le cas du verticilium), champignon ayant accompagné les jeunes plants, du fait de l'absence de certification, mais aussi l'incertitude du marché. Tout le monde navigue à vue en l'absence d'un marché fidèle et normalisé. Ces incertitudes, qui s'ajoutent à l'absence de savoir-faire, ont fini par détruire des centaines de milliers de plantations, et les opérateurs ont jeté l'éponge. Agir sur des agrégats dispersés, c'est ce qui a mis à genoux toute l'agriculture algérienne. Le retrait du soutien par les subventions, cheval de bataille des programmes de développement de l'agriculture algérienne, ne feront que compliquer la situation dans un secteur qui, naturellement est dans son royaume.
Existe-t-il une menace sur cette filière ?
La maladie de Newton Pierce, du nom de son découvreur en Amérique, a fait son entrée en Italie, où elle a fait des ravages. Pour l'instant, l'Algérie, à ma connaissance, n'a pris aucune disposition pour faire face au cas où cette maladie affecte nos arbres. Par ailleurs, la mouche de l'olive affecte dans bien des cas plus de 50% de la production, notamment l'olive de table. Le contexte sanitaire ne posera pas problème que dans un marché normalisé que l'Algérie tarde à construire
Comment faire pour faire évoluer la situation de cette filière ?
La filière oléicole algérienne est clouée au sol, victime de la préférence de sa qualité immatérielle dans ses propres fiefs. Elle ne peut évoluer dans ses nouveaux territoires du sud du pays dans des conditions extrêmes qu'en générant des produits de qualité en mesure de compenser les frais de son déplacement. Cette valeur marchande ne peut trouver acquéreur que sur les marchés à l'export à travers une nouvelle organisation de cette filière.
Un Salon est dédié à cette filière du 22 au 25 février à Alger. Qu'en pensez-vous ?
Placé sous le signe «Pour un développement durable du secteur oléicole», comme pour toutes les autres expositions, lesquels slogans autour du «développement» ou «la sécurité alimentaire», destinés comme toujours à être parrainé naïvement par le ministère de l'Agriculture, alors que ce sont toujours des entreprises commerciales qui agissent à travers la promotion des produits étrangers dans bien des cas non appropriés.
Les expositions locales sont organisées à d'autres fins, notamment pour faire la promotion à l'échelle locale des programmes engagés sans aucune incidence commerciale. Les exposants sont choisis sur le volet en contrepartie des aides qu'ils ont reçues. D'ailleurs, lesdits exposants décampent juste après le passage des officiels. Ces «fêtes de l'olive» qui sont devenues traditionnelles, et financées généralement sur les budgets des APW (Assemblées populaires de wilaya), ne sont en fait ni de type culturel, puisqu'elles ne font pas appel à l'art contemporain local, ni des rencontres d'affaires, en l'absence d'organisations des soi-disant producteurs, puisqu'une bonne partie d'entre eux sont des intermédiaires.


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