Invité par le Forum des Chefs d'Entreprises pour s'exprimer sur sa vision du Commerce extérieur de l'Algérie, le ministre des Affaires Etrangères s'en est violemment pris au Maroc. Abdelkader Messahel s'est laissé aller à des confidences étonnantes sur la situation économique de nos voisins. Plus particulièrement le Maroc. Répondant à ceux qui ont posé des questions comparant l'économie algérienne à celle du Maroc, le ministre des Affaires Etrangères, qui s'exprimait hier vendredi à l'université d'été du Forum des Chefs d'Entreprises, a indiqué que les investissements marocains en Afrique ne sont d'autre que «le blanchiment de l'argent du hachich ». «Le Maroc, c'est rien du tout. Les banques marocaines, qui investissent, c'est le blanchiment de l'argent du haschich. Ça, tout le monde le sait. Ça, c'est des chefs d'Etats africains qui me le disent. Si c'est ça une banque, je ne sais pas Personne ne nous impressionne. La Royal Air Maroc transporte autre chose que des passagers. Ça aussi, tout le monde le sait. Nous, nous ne sommes pas le Maroc. Nous sommes l'Algérie», a indiqué le ministre devant un panel de personnalités composé essentiellement d'hommes d'affaires algériens. Poursuivant sa charge contre le Maroc, le ministre algérien estime que même les investissements étrangers ne représentent pas de grande valeur ajoutée. «Le Maroc est une zone de libre échange. Des sociétés françaises viennent, créent une usine et fait travailler quelques marocains... c'est tout», a-t-il indiqué. Plus largement, Abdelkader Messahel a estimé que l'Algérie est le seule pays «stable» de la région Afrique du Nord. Il cite comme preuve le rapport de Doing Business. «Nous sommes un pays sûr, un pays stable. Ce n'est pas nous qui le disons mais les autres qui le disons. Pour Doing business, aujourd'hui en Afrique du Nord, il n'y a que l'Algérie. Ni l'Egypte, ni la Libye, ni la Tunisie, ni le Maroc. L'Egypte a de gros problèmes économiques. Ce pays passe son temps à prêter de l'argent. Or, nous, nous avons payé notre dette par anticipation. La Tunisie a des difficultés énormes», a indiqué Abdelkader Messahel. Pourtant, dans le dernier classement de ce doing business, l'Algérie est classée loin, très loin, derrière le Maroc en ce qui concerne notamment le climat des affaires. Il cite également une autre référence : le rapport de l'institut américain Gallup, publié en août 2017, et qui classe l'Algérie avec la Suisse, à la 6eme place des pays les plus sécurisés au monde, donc aptes à capter les investissements, ainsi que d'autres rapports, venant d'autres organismes, classant l'Algérie parmi les 10 premiers beaux pays au monde, d'où «l'intérêt d'investir davantage dans le tourisme». Sur le plan de l'apport de son département à l'encouragement de l'économie du pays, Abdelkader Messahel a évoqué la création d'un département dédié à la prospective. Il a également suggéré la création d'une compagnie aérienne dédiée à l'Afrique. «L'idée de créer une compagnie aérienne sous-régionale pourrait être une solution fiable. Je suggère aussi de proposer à Air-Algérie de consacrer des lignes pour transporter les marchandises algériennes sur les marchés africains », a ajouté le ministre, précisant que « la situation sécuritaire, l'immigration clandestine et plusieurs autres fléaux, dans certains pays de la région ne favorisent pas l'ouverture totale des frontières ».