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Un ami babylonien
Publié dans El Watan le 12 - 04 - 2007

Non, il n'avait rien à voir avec ce jeune miséreux, superbement décrit par Gibran Khalil Gibran, dans un de ses textes en prose ! On ne prend pas d'assaut la fameuse « Rambla » de Barcelone pour demander l'aumône, mais, plutôt, pour ébahir des passants désœuvrés, ou, encore, pour vendre des aquarelles ou de la poésie.
Devant lui, quelques exemplaires d'un recueil poétique fraîchement sorti de l'imprimerie. Un chapeau fait de feutre, sciemment penché sur le côté droit, au point de me faire croire qu'il était le peintre Dominique Ingres, tel que celui-ci s'était représenté dans un autoportrait de jeunesse. Qu'est-ce qui pouvait, ce jour-là, empêcher la poésie et la couleur de contracter un beau mariage sur cette grande allée, si fréquentée par des hommes de différentes nationalités ? La poésie, dit-on, est faite de la même essence que la couleur, d'où la difficulté de les distinguer et d'en tracer les contours. En effet, est-il possible de localiser, en plein jour, ces belles étoiles que sont Sirius, l'Aldabaran, Alyamani et autres corps célestes, qui n'ont jamais quitté le ciel des poètes et des peintres à la fois ? En dépit de l'indifférence des passants qui n'étaient pas sans rappeler le magma linguistique de Babylone, mon jeune poète fit étalage de son recueil poétique. Deux grands yeux sur un visage oblong, une froideur dans le port et le geste. Comment le soleil peut-il rester incandescent à tout jamais ? Je ne répondis pas à ma propre question, car, le jeune poète avait déjà deviné qu'il nous était impossible d'ouvrir un débat plein de promesses. Aucune connaissance de la langue arabe, de sa part, une ignorance crasse de la langue de la Catalogne, de ma part. Ses yeux étaient là pour prendre le relais, et nous secourir. Son regard se fixa obliquement sur les rebords du trottoir comme pour m'inviter à me procurer un exemplaire de son recueil poétique. Un nouveau langage vint alors s'ajouter à l'énigmatique tour appelée Babylone. Je me mis à le regarder dans les yeux, tout en reconstituant le puzzle de l'autoportrait réalisé par Dominique Ingres. « You look, lui dis-je, like the famous french painter, Ingres ! ». Et lui de me répondre du tac au tac, dans un anglais teinté d'hispanisme : « I don't like him. ». Je n'ai pas cherché à comprendre la raison de son aversion pour Ingres. En revanche, ce qui m'a toujours déplu chez ce peintre, c'est le fait de s'être opposé, au musée du Louvre, à l'exposition du fameux tableau de Théodore Géricault, Le radeau de la Méduse. « Sortez ce tableau du Louvre, s'était-il écrié un jour, il est affreux ! » La « Rambla », cette route babylonienne où se répandaient en écho les différentes langues du monde, ne parvenait pas à nous réunir. Pour un poète censé être profondément humaniste, il affichait une fierté exagérée de sa Catalogne. Comment pouvait-il, alors, vendre de la poésie et se considérer, en même temps, au dessus de toutes les autres cultures de la terre ? Pour le mettre au pied du mur, je lui fis savoir, par des gestes tous azimuts, que mes ancêtres avaient élu domicile dans la terre d'Andalousie, et qu'ils avaient poussé leur extravagance jusqu'aux Pyrénées. « Je le sais, me répondit-il en anglais, et je m'en honore pour une seule raison : mes ancêtres avaient, face à eux, des adversaires de taille. Ils les ont combattus et ils les ont vaincus ! ». Lisant sur les traits de mon visage que je m'apprêtais à le quitter, il me retint par mon bras : « La chose, dit-il, qui devrait nous réunir, c'est la poésie. Le passé, c'est le passé. Le présent, c'est l'entente, la liberté ! ».Je compris aussitôt qu'il venait de traduire un passage de sa propre poésie vers l'anglais. C'est alors qu'il esquissa un grand sourire sur ses lèvres, puis se saisit d'un exemplaire de son recueil et écrivit sur la page de garde avec un stylo rouge : « A mon ami, le Babylonien avec qui j'ai fait connaissance en un moment d'extase ! » Et je poursuivis mon chemin tout en poursuivant le parallèle entre mon jeune poète et le peintre Dominique Ingres.

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