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Jean Pierre Laporte (Historien spécialiste du Maghreb antique et médiéval)
« Je suis prêt à participer à la mise en valeur du site »
Publié dans El Watan le 27 - 01 - 2008

Quelle est exactement l'importance historique du site de Tiklat ?
Tiklat est l'emplacement de l'antique Tubusuptu qui avait gardé son nom berbère (reconnaissable par sa structure linguistique, mais dont on ne connaît pas la signification), malgré l'installation d'une colonie romaine à cet endroit. A une date à déterminer entre 31 et 25 avant J.-C., l'empereur Auguste y « déduisit » (y installa) un certain nombre de soldats romains démobilisés à la fin des guerres civiles romaines (notamment après la bataille d'Actium en 31 avant J.-C.). Ces vétérans, auxquels il donnait des terres, appartenaient à une 7e légion, dont des anciens soldats furent également installés à Rusazus (Azeffoun) et Saldae (Béjaïa). La ville nouvellement fondée reçut le titre de colonie qui en faisait d'un point de vue juridique une partie de la ville de Rome. Mais les contacts et les mariages avec la population environnante en firent progressivement une ville bien africaine dont on suit l'histoire jusqu'au VIe siècle au moins. Par la suite, la population restée plus ou moins « romaine » se fondit totalement dans la population berbère de la région. Un grand nombre de pierres inscrites permettent de retracer un peu l'histoire à l'époque romaine : quelques dédicaces officielles parlent de diverses constructions, de nombreuses épitaphes donnent des idées sur la population.
Peut-on, actuellement, envisager l'ouverture du site au grand public ?
Sur le terrain, cette ville, très enterrée, a laissé de nombreux vestiges importants : une grande enceinte, que l'on suit bien sur le terrain, de grands thermes (hammam), des citernes urbaines. Un peu au-dessus de la route moderne, de gigantesques citernes publiques, alimentées par un grand aqueduc, des inscriptions sur pierre, etc. Le site, non clos mais soigneusement gardé, est de fait ouvert au public, mais dans les faits difficilement accessible et surtout peu compréhensible. Plutôt que des fouilles, qui ne me paraîtraient pas répondre aux vrais besoins, je préconiserais un aménagement léger (naturellement sous contrôle archéologique) :
a) Aménagement d'un parcours bien précis permettant de visiter l'essentiel sans endommager les ruines, par gravillonnage de certains chemins existants, aménagement léger de quelques sentiers, débroussaillage des principales ruines (notamment les grands thermes, les grandes citernes, une partie du rempart), comblement au sable de rivière de quelques trous dangereux pour éviter les accidents.
b) Installation d'un jardin épigraphique dans lequel seraient réunis systématiquement toutes les inscriptions et fragments divers provenant de Tiklat et dispersés un peu partout à El Kseur (par exemple dans la cour du cinéma) et dans diverses fermes coloniales.
c) Documentation par installation sur le terrain de quelques panneaux explicatifs et rédaction d'un petit dépliant distribué ou vendu aux touristes. Tout ceci est peu coûteux et peut être réalisé à la fois rapidement et progressivement dans le cadre d'un plan d'action concerté et accepté par les différents acteurs et les autorités compétentes. Pour ce qui est des travaux à faire, pour ma part, je déconseillerai formellement des fouilles de dégagement. Ce site, qui présente un volume de vestiges apparents déjà important, est particulièrement intéressant parce qu'il est resté presque intact. Quelques petits sondages par des archéologues algériens dans des endroits bien choisis pourraient certes être envisagés à terme, mais uniquement pour résoudre des questions archéologiques ou historiques bien précises. Il serait utile en revanche de procéder chaque année à des prospections systématiques des champs environnants après les labours, et après chaque hiver des rives de la Soummam, que le fleuve entame à chaque crue. On finira bien par retrouver notamment les fours qui ont produit les « amphores de Tubusuctu », ou les dépotoirs où l'on jetait les amphores ratées à la cuisson. Ces amphores n'ont jamais été recherchées sur place, alors qu'on en a trouvé jusqu'au Soudan !
Etes-vous prêt à reprendre vos fouilles archéologiques et vos recherches si le ministère de la Culture algérien vous sollicite ?
Une précision d'abord, je n'ai jamais fait de fouilles à Tiklat, mais j'ai effectué en 1970-1971 une reconnaissance archéologique légère du site urbain (mais pas des alentours). A titre personnel, cet endroit m'a séduit par sa beauté et sa tranquillité. Par la suite, je m'y suis arrêté à plusieurs reprises, une heure ou deux, par plaisir, chaque fois que je passais à proximité, et surtout j'ai accumulé une importante documentation historique à son sujet (notamment sur un type d'amphores qui y ont été produites et ont été exportées dans tout le bassin méditerranéen).Il y va de soi que, maintenant retraité et ayant (assez peu) de temps, je suis prêt à participer à cette mise en valeur, à titre strictement bénévole, en mettant à la disposition des autorités algériennes les connaissances que j'ai accumulées sur ce site. Je pourrai aider à tracer le parcours touristique sur le terrain, à rédiger les pancartes, à rédiger le dépliant explicatif. Je pourrai aussi rédiger un gros article (ou un petit livret) sur l'histoire du site et de ses alentours, comme je l'ai fait en 2005 pour Béjaïa (dans un colloque sur le patrimoine culturel amazigh, publié en 2006 par le HCA.)


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