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L'Algérie craint-elle le fonds souverain ?
Forum international de la finance à Alger
Publié dans El Watan le 14 - 05 - 2008

L'Algérie n'est pas encore prête à transformer une partie de ses réserves de changes, ou le fonds de régulation des recettes, en fonds souverain.
C'est du moins ce qu'a laissé entendre hier Karim Djoudi, ministre des Finances, approché à l'hôtel El Aurassi (Alger), à l'ouverture du 4e Forum international de la finance (FIF), organisé par le Forum des compétences algériennes en Suisse (FCAS). « Le fonds souverain est une décision économique avant tout. Maintenant, il faut voir l'opportunité de la décision », a-t-il dit. Evoquant la crise financière internationale liée aux subprimes américains, le ministre a estimé que les fonds souverains n'ont pas été épargnés. « Le fonds souverain en lui-même n'est pas uniquement une réponse positive. Cela s'accompagne d'éléments de risque. C'est un élément qu'il faut apprécier. Par tradition, ce genre de fonds s'oriente vers des activités avec un niveau de risque fort. Il y a un risque potentiel de perte », a-t-il noté. Selon lui, la gestion des réserves de changes (estimées à plus de 110 milliards de dollars) se fait par la Banque d'Algérie avec comme principe avoir un minimum de risque et avoir une liquidité. « C'est-à-dire qu'à tout moment, vous pouvez récupérer ces réserves pour pouvoir participer à un financement quelconque et avoir un niveau de risque qui soit le plus faible possible », a précisé Karim Djoudi. Brahim Gacem, économiste algérien établi en Suisse, a, de son côté, estimé que la gestion prudente des réserves de changes algériennes est recevable. Il a cité l'exemple de la Banque nationale suisse qui a pris des positions actives sur le marché en prenant des risques. Résultat : elle a perdu presque 5 milliards de dollars. Mais la prudence a des limites. « Il faut être actif dès maintenant pour mieux profiter des hausses à venir. Les fonds souverains servent à pouvoir investir sur des projets stratégiques. Oui, pourquoi pas. Il existe des opportunités actuellement qui sont intéressantes. Il est clair que tout investissement génère des risques », a relevé Brahim Gacem. Il a évoqué le Singapour et les pays du Golfe qui prennent des positions, à travers les fonds souverains, dans des sociétés stratégiques qui comptent au niveau international. « C'est une forme d'achat de voix pour faire partie des décideurs au niveau mondial. Les décisions ne se prennent pas seulement au niveau politique, mais aussi économique », a-t-il expliqué. A ses yeux, le moment est venu pour que l'Algérie crée un fonds souverain si elle veut faire partie du concert des grandes nations. Position que partage Lachemi Siagh, économiste et directeur général de Stratégica. « Rien n'empêche l'Algérie de créer un fonds souverain. Elle a les ressources. Il ne reste que les moyens humains à mettre en place. La décision appartient aux pouvoirs publics. Cela est lié à une stratégie de gestion des ressources excédentaires », a-t-il déclaré, disant que le choix est à la fois politique et économique. Selon lui, les fonds souverains n'investissent pas uniquement à l'étranger. Ils peuvent être mobilisés pour développer l'économie nationale. Il a cité des exemples : aider à l'émergence de champions nationaux économiques, coinvestir avec des entreprises internationales prêtes à transférer la technologie vers le pays, accompagner Sonatrach dans ses investissements à l'étranger. « Il faut fixer des objectifs à un fonds souverain. L'important est qu'il mette du capital, ce que les banques ne peuvent pas faire (...) Il y a des manières de gérer les risques. On peut se protéger. S'il n'y a pas un peu de risque, il ne peut y avoir un rendement plus élevé. Il y a un dosage pour le risque », a-t-il soutenu, précisant qu'on peut prendre 2 ou 3% de grandes sociétés pétrolières. « Ce n'est pas aussi risqué que cela. Il faut solliciter les spécialistes en placement », a-t-il ajouté. Pour gérer un fonds souverain, l'Algérie a besoin, selon Lachemi Siagh, de gestionnaires de portefeuille, des analystes de risque. « Il faut se faire aider par les gens qui savent. La Russie, qui met en place un fonds souverain, se fait assister par une banque d'affaires. Le service est une denrée qui s'achète », a-t-il indiqué. A l'heure actuelle, la plupart des pays émergents et les Etats pétroliers ont créé des fonds souverains. Adia, le fonds des Emirats arabes unis, est le plus important du monde avec 875 milliards de dollars, presque huit fois les réserves de changes algériennes. Singapour intervient en deuxième position avec 490 milliards de dollars. Singapour vient de prendre des participations à hauteur de 13 milliards de dollars dans deux grandes entreprises, l'américain Merrill Lynch et l'Union des banques suisses (UBS). La Norvège, qui a adopté le système de régulation des recettes avec la prise en charge du différentiel des prix du pétrole sur le marché mondial, possède le deuxième fonds souverain par échelle d'importance : 341 milliards de dollars. « Ce fonds est détenu par les citoyens norvégiens. Je ne suis que leur représentante. Il est géré par la banque centrale. Le gouvernement n'intervient pas », a déclaré, récemment à la presse, Kristen Halvorsen, ministre des Finances de la Norvège, l'un des pays les plus transparents du monde. Avec 300 milliards de dollars, l'Arabie Saoudite occupe la quatrième position, suivie du Koweït avec 250 milliards de dollars, de la Chine avec 200 milliards de dollars, de la Russie avec 158 milliards de dollars, de l'Australie avec 61 milliards de dollars et du Qatar avec 50 milliards de dollars. La Libye, le Canada, la Malaisie, l'Iran et le Kazakhstan ont créé également des fonds souverains. Selon les experts, le montant global des fonds souverains avoisine actuellement les 3355 milliards de dollars. Un montant qui va tripler dans les dix prochaines années. Les pays occidentaux, pour des impératifs géostratégiques, craignent de plus en plus la puissance de ces fonds contrôlés par les Etats. L'Union européenne a adopté en février 2008 un code de conduite pour obliger ces fonds « à respecter des règles de transparence et de bonne gouvernance, en dévoilant l'importance de leurs investissements ». L'Organisation pour la coopération et de développement économique (OCDE) s'est, de son côté, déclarée ouverte aux investissements de ces fonds « tant que l'action est liée à des fins commerciales et non politiques ». Il existe une crainte évidente que les fonds souvrains s'approprient massivement les technologies et les industries des pays européens et nord-américains. « Tant qu'ils agissent avec une logique financière, c'est bien. Sinon, il faut s'inquiéter », a dit Larry Summers, ancien secrétaire au Trésor américain.

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