Selon l'arrêt de renvoi, l'assassinat a été perpétré la veille de l'entame de l'année 2004, avec une sauvagerie inouïe, à quelques pas du siège de la sûreté de police de la wilaya d'Oran. Les mis en cause, deux frères, A. A. et A. H., armés de coutelas, ont surpris leur victime, A. M. J., qui était en compagnie d'une jeune femme au moment où elle s'apprêtait à traverser la route. Ils se sont rués hors du véhicule qui venait de les déposer, et, avant qu'elle ne réagisse, ils l'ont lardée de coups de couteau. La victime a succombé à ses blessures sur les lieux de l'agression, bien avant l'arrivée des secours. Les auteurs de cet assassinat, qui ont réussi à prendre la fuite à la faveur de la confusion parmi les badauds, ont été identifiés et appréhendés grâce aux signalements et autres informations fournies par la compagne de la victime. En fait, une rancœur couvait chez les mis en cause depuis plusieurs jours. La victime aurait volontairement omis d'honorer ses engagements vis-à-vis de ses agresseurs suite à une transaction de drogue. A la barre des accusés, A. A. s'est rétracté dans ses déclarations par rapport à celles formulées lors de l'enquête judiciaire, en tentant de faire croire aux membres du tribunal criminel que son frère ignore tout de cette affaire. Il n'hésita pas à endosser toute la responsabilité de cet assassinat. « Mon frère est innocent Monsieur le juge, c'est moi qui ai tué. » Le président du tribunal rétorque : « Mais ce n'est pas ce que vous avez déclaré lors des différentes étapes de l'enquête judiciaire. » Le prévenu balbutie : « C'est moi l'auteur de l'assassinat. » Son coaccusé, son frère, déclare pour sa part : « Le soir du meurtre, je me trouvais à Bousfer (sur le littoral ouest de la wilaya). Il y a des gens qui peuvent confirmer mes dires. » Le juge fait remarquer : « Les résultats de l'enquête de police ne font pas état de ce supposé fait. Par contre, des témoins affirment que vous et votre frère étiez bien présents sur les lieux de l'assassinat. » Les témoins et la compagne de la victime, qui ont défilé à la barre, ont été unanimes à déclarer reconnaître les deux auteurs de l'assassinat dans le box des accusés. Le représentant du ministère public a mis en évidence les déclarations contradictoires des présumés accusés en soulignant que « les témoignages de la compagne de la victime, qui a assisté au meurtre, sont accablants. Ils ont reconnu les griefs retenus contre eux devant le magistrat instructeur, et, aujourd'hui, ils se rétractent ». L'avocat général a conclu son réquisitoire en requérant la peine maximale prévue par la loi pour ce genre de crime. La défense a tenté de remettre en cause les déclarations des témoins avant de plaider le bénéfice des larges circonstances atténuantes. Au terme des délibérations, le tribunal criminel a condamné chaque prévenu à une peine de 20 ans de réclusion.