Photo : Fouad S. Hier, à Bab Ezzouar, le bruit des bulldozers se faisait entendre de loin. Un nuage de poussière se dégage mêlé à la chaleur écrasante. Le bidonville d'El-Djazira vient d'être rasé, sous l'œil vigilant des forces de l'ordre sonnant l'heure du relogement pour les habitants qui y vivaient depuis plus de vingt ans. Le pari est gagné. Ce site a été débarrassé des tôles qui portaient atteinte à l'environnement. Les camions de Netcom, en procession, ramassent les débris et autres gravats. Le wali délégué de la circonscription administrative de Dar El-Beida, Abdellah Benmansour, est sur place. Accompagné de son staff, il a supervisé l'opération de relogement des familles et de démolition des baraques. 276 familles ont bénéficié de nouveaux logements. Elles ont été dispatchées dans les sites de Baraki et des Eucalyptus. Certaines familles ont squatté le site d'El Djazira depuis 1990. Des couples se sont formés et des enfants y sont nés et y ont grandi dans la précarité et la promiscuité. « Depuis que les autorités ont pris le taureau par les cornes pour éradiquer l'habitat précaire, plus de 1000 familles à Bab Ezzouar ont été relogées », indique le wali délégué. « Les terrains récupérés vont servir pour des projets comme les espaces verts et les équipements de proximité », ajoute M. Benmansour. Mais dans le recensement du site El-Djazira, 130 familles ont été exclues du relogement. Le wali a expliqué que le fichier national a repéré 27 familles qui ont déjà bénéficié de logement, 22 autres sont venues après le recensement effectué en 2007 et 20 familles ont construit des baraques trouvées vides durant le recensement. Le wali a souligné que des visites inopinées ont été faites de nuit comme de jour pour débusquer le vrai du faux squatter. Il raconte qu'il a vu une baraque érigée sur un mètre carré, comportant seulement une porte et un numéro. « Donc, il fallait éradiquer l'habitat précaire et être ferme avec les occupants », souligne-t-il. A propos de l'octroi d'un logement pour trois familles composées de plusieurs personnes, là aussi le wali délégué réplique : « On prend en compte la taille de la famille est non les ménages qui habitent la baraque et avoir une baraque ne signifie pas obtenir, à coup sûr, un logement ». Aujourd'hui, la démarche est claire, le logement n'est affecté à la famille qu'après traitement du dossier et le passage au « filtre ». Car beaucoup de squatters ont acheté des baraques et ont prétendu à un logement. Parmi les heureux, c'est la famille Chemlal. La maman Fatiha avec ses six enfants cherche le camion où sont entassés ses meubles. Elle habite El-Djazira depuis 1997, où ses 6 enfants y sont nés. La joie se lit aisément sur le visage. « Enfin, depuis que je me suis mariée, je vais jeûner dans mon nouveau logement à Baraki ». Comme les autres heureux bénéficiaires, les Chemlal disent adieu à la précarité.