Une trentaine de photographies de Fatima Chafaâ sont exposées depuis ce mardi à la galerie d'Arts de Didouche Mourad, au titre d'une première rencontre consacrée à la photo expressive organisée sous le thème «Boite d'archives». Cette rencontre est initiée par l'établissement Arts et culture de la wilaya d'Alger. Ces œuvres en expriment divers sentiments, de joie, de peine, d'amour, de douleur, de révolte face à toute forme de guerre, mais aussi l'espoir d'un triomphe de sa juste cause. Cette artiste native de Béjaïa a mis tout son talent dans le mariage de la lumière et de l'ombre pour transmettre, à travers l'image, des messages qui ont suscité l'émotion et l'admiration du public algérois. Les photographies de Fatima Chafaâ se veulent quelque part une boite à pandore d'où jaillissent les souvenirs liés aux lieux, individus, villes. Elle sont aussi une partie de sa mémoire personnelle où sa partie «somnolente» demeure réceptive et vigilante. Elle dit «sans que je ne me rende compte, ces photos sont archivées dans ma tête, à la portée de ma mémoire. Car chaque photo a son importance, à laquelle je suis obligée de donner une signification». Elle poursuit : «J'ai donc sélectionné 30 photos réalisées ces dernières années, photos jamais exposées, jamais pensées, prises instinctivement, presque en cachette». «Boite d'archives», cette étonnante galerie de photos que nous propose Fatima Chafaâ, se poursuit jusqu'au 8 août 2010. Cette exposition qui regroupe des photos volées au temps, aux événements dominants, à l'exemple de ce tableau représentant un enfant indigène à l'église du Sacré Cœur, une autre image d'une tête de mannequin achetée aux puces de Marseille ou encore de cette dame kabyle pleine de grâce… L'objectif à travers cette initiative, selon cette artiste, est de partager des souvenirs personnels avec le large public. L'idée est simple, le résultat est dense et captivant. Filmer en plans fixes très serrés, ces portraits - souvent graves et parfois drôles-des scènes de la vie quotidienne. Pour le public, ces images sélectionnées sont visiblement impressionnantes par l'originalité et la charge émotionnelle de ses œuvres. En parcourant cet échantillon de sa collection, d'aucuns pensent qu'il est vrai que les commentaires soient superflus tant ces images saisissantes semblent baigner dans l'essence banale du quotidien de la vie. Une simplicité faite d'ombres et de lumières et qui a constitué pour l'artiste le meilleur moyen d'explorer, à sa façon, une facette du subconscient collectif. A travers ces photos, cette artiste a voulu voir et cadrer le réel, c'est à dire l'émotion, la mémoire et la lumière. Fatima Chafaâ est née en 1973 à Alger. Elle a été photographe puis elle obtient un diplôme supérieur artistique des Beaux-Arts d'Alger en 2006. Son travail est un mélange de photos et d'installations de poupées sur des thèmes personnels. Ses travaux lui ont valu de grands prix. On citera, le prix de la Fondation Asselah en 2003, médaille de bronze lors de l'exposition «Graines de femmes tourmentées» en 2006, le grand prix du président de la République «Ali Maachi du jeune créateur» en 2008. Fatima Chafaa a participé à plusieurs expositions, individuelles et collectives, locales et internationales. En projets, Fatima Chafaa exposera «La lumière du village de mes parents» en Croatie dans le cadre de la biennale de la peinture et la sculpture prévue en août. Elle exposera également en décembre à la foire de l'art à Casablanca (Maroc). Elle ambitionne de rendre un hommage à son oncle photographe Bachir Chafaâ en scannant toutes ses œuvres. Elle voudrait projeter une vidéo sur l'ensemble de ses travaux.