Au fur et à mesure que monte la fièvre du mardi soir, s'élèvent, haut dans le ciel oranais, les couleurs nationales. Toute la ville est en vert, blanc, rouge. Sur les balcons des immeubles, les capots des véhicules, dans les rues, sur les devantures des magasins... tout porte l'amour des Algériens pour leur pays. Cette fièvre, caractéristique des rencontres de foot, s'est accentuée par le sort fait à l'emblème national à Casablanca. « Pour le drapeau » est l'actuel mot d'ordre que l'on entend chez les jeunes et les moins jeunes, les hommes et les femmes. Aucun citoyen, homme ou femme, n'est épargné par cette belle contagion. Pour H'mida, gérant d'un cybercafé, qui a mis un drapeau géant sur la vitrine de son commerce, l'heure est à l'amour de la patrie : « Je suis un inconditionnel de l'équipe nationale. Le match contre le Burkina Faso est, bien sûr, déterminant pour l'aventure du Brésil. Mais c'est aussi une occasion pour moi de témoigner à mon pays tout l'amour que je lui voue. Face à l'adversité, les Algériens se serrent les coudes. L'étape politique actuelle et toutes les menaces qui nous entourent nous recommandent de porter haut les couleurs nationales. Je ne fais que mon devoir et cela me procure beaucoup de joie et une grande fierté d'appartenir à ce merveilleux pays, malgré toutes les difficultés qui se dressent sur les chemins des citoyens » C'est aussi l'avis de Sabrina, étudiante, qui porte, « depuis une semaine », précise-t-elle, une écharpe et un bandeau au poignet : « J'adore ces opportunités qui me permettent de prouver mon amour pour le pays. Et quand c'est associé à l'aventure de l'équipe nationale, ce n'est que du bonheur. Depuis le grand défi d'Oumdourmane, je me suis mise au foot qui est devenu une véritable drogue pour moi. A la maison, même si chacun a son drapeau, mes frères ne se sont pas empêchés d'accrocher un au balcon. « Tous pour le drapeau et le drapeau pour tous ! » est le nouvel hymne des Oranais qui, du fait de la proximité du match et du Maroc, ne jurent plus que par les couleurs nationales. Si bien que les vendeurs occasionnels de drapeaux champignonnent dans cet univers magique. Car c'est réellement magique tout ce bonheur qui naît de l'amour et de la possession d'un tissu, vert et blanc, frappé du croissant et de l'étoile rouges. Hommage également pour les martyrs qui ont donné leur vie pour que vive l'Algérie. « Nous n'avons aucune excuse de ne pas être aux côtés de notre pays », dira Si Mahmoud, un retraité.Et d'ajouter :« L'Algérie est ma raison de vivre. Elle m'a donné beaucoup de bonheur même si parfois elle a semblé m'oublier. Je ne m'intéresse pas tellement au football mais des matches comme ceux d'Oumdourmane et de ce mardi, c'est vraiment le rendez-vous avec la patrie. Alors, moi aussi, j'ai un drapeau dans le cœur et un autre sur le toit de ma voiture ». Et one, two, three...que vive l'Algérie. Et rendez-vous à Rio pour d'autres plaisirs.