« Les mises en garde sont terminées. Ce qui s'est passé jeudi est une déclaration de guerre. Et, nous allons leur livrer cette guerre. Ce sera automatique », annonce Mahamadou Djeri Maïga, vice-président du MNLA. Et d'accuser le gouvernement malien de « violer les accords de paix » signés le 18 juin dernier à Ouagadougou, au Burkina Faso, pour permettre l'organisation de la présidentielle du 28 juillet à Kidal et mettre en place des négociations pour un statut juridique de l'Azawad. Jeudi, quelques centaines de manifestants ont pénétré dans l'aéroport de Kidal et poussé le Premier ministre, Oumar Tatam Ly, qui devait s'y poser, à faire demi-tour. Selon le MNLA, des militaires ont tiré à « balles réelles » sur des femmes et des enfants. Ils auraient fait un mort et cinq blessés. Bamako se justifie. « Prises à partie par des éléments incontrôlés, les troupes ont procédé à des tirs de sommation », affirme le gouvernement malien ajoutant que les militaires ont essuyé aussi « des jets de pierres et des tirs d'armes ». Mahamadou Djari Maiga réfute ces arguments et prévient : « Là où on trouvera l'armée malienne, on lancera l'assaut sur elle pour lui faire payer son irresponsabilité après son forfait. On ne parle plus de cantonnement. Maintenant que le feu est ouvert, on verra qui est qui. Partout où on a des troupes sur le territoire de l'Azawad, on les appellera à se mobiliser ». « Les groupes politiques et militaires de l'Azawad et le Haut Conseil pour l'unité de l'Azawad déclarent la fin du cessez-le-feu conclu avec le gouvernement central de Bamako », déclare Attaye Ag Mohamed, l'un des fondateurs du MNLA précisant que « toutes nos unités militaires sont placées en état d'alerte ». Certains dirigeants du mouvement tempèrent. Selon eux, la reprise des hostilités n'est pas d'actualité. Même si, reconnaissent-ils, « nos hommes sont sur les nerfs » depuis qu'ils ont rétrocédé des bâtiments officiels à Kidal et constaté que le pouvoir tarde à libérer les prisonniers et à lancer des négociations. « En cas de nouvel incident, avertit Ambery Ag Rissa, représentant du secrétaire général du mouvement à Kidal, il sera difficile d'empêcher les hommes de reprendre le combat ». La Minusma, la force de l'ONU au Mali hausse le ton. Bert Koenders, son patron, qui a condamné fermement les violences de jeudi, invite le gouvernement et le MNLA à la retenue. Il leur demande de « retourner à la table des négociations et ce pour arriver à une solution conforme à la résolution 2100 (2013) du Conseil de sécurité et aux engagements prévus dans l'accord préliminaire de Ouagadougou ». Pour apaiser les « tensions intercommunautaires », Bamako organise un forum régional pour la paix et la réconciliation nationale à Gao, dans le nord du pays.