L'assistance de la salle Ibn Zeydoun de dimanche soir a été éblouie par l'interprétation magistrale de la nouba M'djenba, donnée par les jeunes artistes, au devenir talentueux, de l'association « Les Beaux arts d'Alger », composée de jeunes filles et garçons. Cette association, au riche palmarès, se classe en pole position au niveau national. Puisqu'elle est animée d'un double objectif, celui de la formation artistique des jeunes et la sauvegarde du patrimoine musical andalou, a confié le chef d'orchestre, Abdelhadi Boukoura. Dans ce sillage, elle a participé à plusieurs manifestations d'envergure nationale et internationale où elle a décroché de multiples prix et récompenses. Très nombreux, le public algérois, visiblement ravi par la qualité du plateau proposé pour cette quatrième soirée de la compétition, s'est régalé de plusieurs chansons puisées du patrimoine national authentique, les deux associations gratifiant l'assistance d'une belle programmation artistique. « M'chalia », « Leilat el ounsi », « Tidhkaroukoum indi », « Imla khouyous el khilaà », « Ya aàchikin », « Ya saàt hania » ou encore « Kalifatou b'il badri », remarquablement interprétées par l'association « El Amraouia » de Tizi Ouzou ont fait vibrer l'applaudimètre. En plus de la musique, le public présent, où l'on pouvait apercevoir de nombreuses familles, a eu droit à une ambiance de joie qui a régné tout au long de la soirée. Les associations, itinéraire et production L'association « Les Beaux-arts » d'Alger est issue de la Société des Beaux-Arts d'Alger (1851) qui comporte plusieurs sections artistiques, la classe andalouse n'a vu le jour qu'en 1980 sous la direction de feu A. Benzerrouk, élève du regretté maître A. Fakhardji. Sous l'impulsion de A. Boumaâza (1985) et de Abdelhadi Boukoura (2000) qui la dirige encore, l'association musicale n'a cessé de progresser et de s'imposer comme l'une des associations de musique andalouse les plus dynamiques du pays. Outre son palpable travail de conservation et de divulgation du patrimoine musical arabo-andalou, l'association des Beaux-Arts d'Alger œuvre à enrichir son répertoire par une recherche constante sur les différentes archives et sources ainsi que par l'intégration de nouvelles compositions respectueuses de l'esprit de cette école algéroise à laquelle elle se rattache. Sous la direction de Abdelhadi Boukoura, considéré comme l'un des plus jeunes chefs d'orchestre à ce jour, elle participe très régulièrement aux diverses manifestations nationales de haut niveau et ses interprétations ont plusieurs fois été primées, notamment au festival de la musique sanaâ d'Alger où elle obtint le 1er prix en 2009 et au festival hawzi de Tlemcen en 2013 (2e prix). Elle compte également à son actif des enregistrements sonores au nombre de 5, comportant des noubate sur les modes sika, raml maya, rasd et ghrib. Quant à l'association « El Amraouia » de Tizi Ouzou, celle-ci a vu le jour en 2007 dans la région des Amraouas. Structurée en trois niveaux (initiation, moyen et supérieur), elle assure ses formations à la maison des jeunes Cherif- Boussad de Tizi Ouzou. Bien que de création récente, la classe supérieure, qui représente l'association dans les différentes manifestations culturelles auxquelles elle participe, s'est imposée par la qualité de ses interprétations, notamment lors de l'hommage rendu au grand maître Abderrezak El Fakhardji au palais de la culture Moufdi- Zakaria en juin 2012 et au festival national de la musique sanaâ d'Alger en 2012 où, pour leur deuxième participation, ils ont remporté le premier prix.