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Un itinéraire singulier
Le penseur Mohamed Tazerout vu par Slimane Benaziez
Publié dans Horizons le 28 - 02 - 2014

« Parmi les noms de l'intelligentsia algérienne du siècle dernier, beaucoup sont à exhumer de l'oubli et d'autres à faire sortir carrément de l'anonymat. C'est notamment le cas de Mohamed Tazerout ». C'est avec ces termes que le professeur Slimane Benaziez a entamé sa conférence sur ce personnage méconnu. L'intervention de notre confrère au musée public national des beaux-arts à Alger est le début d'un cycle d'activités qu'organisera l'institution. Le conférencier s'interrogera d'emblée sur le peu d'écrits où cette figure est évoquée. Il a pourtant entrepris, à travers le monde, un périple qui l'avait conduit jusqu'en Chine. « Là où il n'y avait ni Boeing ni Airbus mais seulement la recherche du Savoir ». Mais qui était cette « encyclopédie » ambulante ? Mohamed Tazerout est né en 1893 dans la localité d'Ath Jennadh, près d'Azzefoune. Cette région de Kabylie représente une véritable pépinière d'intellectuels d'artistes, de chantres, de militants et de combattants. C'est la région natale des Issiakhem, Iguerbouchen, Hadj M'hamed El Anka, El Ankis, Tahar Djaout et d'autres... Selon les recherches effectuées par Benaziez, Mohamed est issu d'une famille de dignitaires religieux. Avant d'entrer à l'école communale, son père lui apprit le Coran et la langue arabe. Brillant élève, il réussit à décrocher une bourse départementale et s'inscrit au collège de Tizi-Ouzou puis au collège de Sarouy à Alger. Il eut ensuite accès à l'Ecole normale d'instituteurs de Bouzaréah, où il obtient un diplôme en 1912. Au cours de la même année, il fut affecté à l'Ecole Thaniat El Had dans l'Ouarsenis. Cependant, il ne s' y éternisa pas. L'esprit colonial outrancier et raciste du chef d'établissement le poussa à abandonner l'enseignement. Il décida alors de quitter le pays « pour entreprendre, à travers le monde, un périple. Pour bien saisir l'aspect singulier de cet homme d'exception, il faut se placer dans le contexte de l'époque, c'est à la veille de la Première guerre mondiale » a souligné Benaziez.
Halte au cœur de l'Asie
L'homme s'arrêta d'abord en Egypte où il s'inscrivit aux cours d'El-Azhar. Après une année universitaire, il s'est rendu en Iran où il passa également près d'une année pour apprendre le persan. « Exilé du Maghreb et déçu de l'Orient, espérant trouver mieux dans le monde musulman non arabe, il semble s'être aperçu rapidement que les pays musulmans, quelle que fut la forme de domination qu'ils subissaient, faisaient face pratiquement aux mêmes types de défis, de sous-développement et de marasme », a indiqué le professeur Benaziez. Les désillusions successives et un certain goût pour l'aventure l'amenèrent par la suite jusqu'en Chine en traversant toute l'Asie centrale, afin de s'informer de la situation des populations musulmanes rattachées par la suite à l'Union soviétique. Il fit un séjour en Mongolie, où il a appris la langue mongole. Il aurait même laissé dans ce pays un système d'écriture. Un ancien ambassadeur de l'Algérie en Ex-URSS, Si El-Hadj M'Hamed Yala a retrouvé ses traces lors d'un périple effectué, dans les années 1980, dans les républiques musulmanes de l'ancienne URSS. « Les vieux notables et intellectuels de ce pays lui on relaté des souvenirs d'un Algérien qui s'appelait Mohamed Tazerout, et qui, plus d'un demi siècle auparavant, est passé par là », rapportera Benaziez.
Prédispositions exceptionnelles pour les langues étrangères
L'homme singulier entre en Russie en pleine guerre mondiale. Là il a appris le russe. Il revient par la suite en Europe et visite l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne. « Selon son neveu, Hassane Tazerout, dans chacun de ces pays il ne manquait pas d'en apprendre la langue, c'est dire sa vocation pour l'apprentissage des langues étrangères. De contrée en contrée, il arriva au Mali puis au Maroc » rapporte Benaziez. Le polyglotte a été blessé en Belgique en 1917, fut fait prisonnier et envoyé en Allemagne. A la fin de la guerre, libéré, il a choisi de rester à Lausanne pour préparer une licence de latin-allemand. Il a préparé une thèse sur la culture allemande et se mit à écrire un lexique de conversation franco-allemande, ainsi qu'une traduction du « Déclin de l'Occident » du grand historien Oswald Spengler. Il a rédigé aussi un essai de science politique, fait la traduction de l'œuvre de l'Orientaliste allemand Carl Brockelmann sur l'histoire des musulmans et écrit une série de trois volumes consacrés aux « éducateurs sociaux de l'Allemagne moderne ». Après la Seconde guerre mondiale, il est professeur en 1945 au collège Chaptal à Paris où il assuma également les fonctions de directeur d'études. Celui qui est qualifié de « raté » par le grand frère Mohamed Tahar, fut, dans les années 1950, lauréat à l'institut de France. Il devient par la suite professeur au Lycée Charlemagne à Paris. Mais ce fut en 1953 qu'il se fera connaître par sa série de plusieurs volumes intitulée « Au Congrès des civilisés ». La situation des émigrés algériens en France lui inspira alors un « Manifeste contre le racisme ». Le penseur a édité plusieurs autres livres comme « Histoire politique de l'Afrique du Nord » en 1961, « Le capitalisme mondial du XIVe siècle à nos jours » et « La philosophie amoureuse de l'antiquité » en 1958, « Le communisme soviétique et la sociologie de la coexistence pacifique » en 1959, « Afrique contemporaine » en 1971 etc. Le professeur honoraire s'est retiré à Tanger où il fut conseiller du roi. Il s'attela également à une traduction inédite du Coran vers le français avant de s'éteindre dans cette ville en 1973.


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