Les habitants de Djelfa sont sortis depuis hier de leur torpeur en participant en masse à la première édition du festival culturel de musique, chanson, danse et habit naïlis qu'abrite cette ville steppique. C'est une première dans les annales de la vie culturelle de cette ville qui s'est agrandie et révèle une grande soif de culture et de découvertes. La manifestation est placée sous le haut patronage de la ministre de la Culture, Nadia Labidi et est parrainée par le wali de Djelfa, Abdelkader Djellaoui. Hier, la ville s'est parée de ses plus beaux atours pour fêter cet événement cher à tous les Naïlis. La fête était partout, rythmée par les sons du bendir et les détonations du baroud. A la maison de la culture, une riche palette est proposée aux citoyens venus nombreux visiter les différentes expositions d'habits traditionnels, de bijoux, sans oublier la danse exécutée par des cavaliers et des danseurs aux sons de la ghaita et du bendir. Lors de la cérémonie d'inauguration, le wali n'a pas manqué de rappeler que « la protection du patrimoine est une étape vers la promotion culturelle ». Il ajoutera que « l'institution du Festival de danse, de chanson et d'habit naïlis par le ministère de la Culture vise à mieux ancrer les traditions de l'authenticité et la préservation de la spécificité régionale des Naïlis ». Cette dernière, a-t-il souligné, « prend sa source dans l'histoire culturelle et l'authenticité de la région ». « La préserver reflète le degré de civilisation des hommes et des femmes qui n'ont ménagé aucun effort pour le succès de cette première édition », a-t-il indiqué. « Ce festival local peut devenir national grâce à la volonté de ses initiateurs et aux moyens accordés », a-t-il ajouté. De son côté, le directeur de la maison de la culture et commissaire du festival, Brahim Grim, a souligné que la préservation du patrimoine préserve l'identité culturelle de la nation, partant du principe qu'on ne peut « bâtir l'avenir sans constantes nationales ». « Une référence pour la promotion et le développement des peuples », a-t-il affirmé. Ce festival vient à point nommé, selon lui, « pour ancrer l'une de nos spécificités, à savoir l'art naïli qui dépasse les frontières de la wilaya de Djelfa ». La Palestine, dont le drame est intensément ressenti, n'est pas oubliée. Les Djelfaouis et les organisateursde l'évènement ont réitéré leur soutien et leur solidarité en invitant un représentant palestinien. Ce dernier a exposé les habits traditionnels de ce peuple martyr qui ont suscité l'admiration des nombreux visiteurs. Monotonie brisée Des stars locales spécialisées dans le genre naïli se sont produites au stade olympique de Djelfa jusque tard dans la soirée. Jeunes, moins jeunes et familles entières ne sont pas restés indifférents aux prestations de haute facture de Didia, Chrik Mohamed, H'Mida Naïli, Naila et la troupe Tourath Ouled Naïl. L'animation a été faite par le trublion Cheikh Attallah, le fameux humoriste de l'émission « El F'hama ». Beaucoup de personnes, grands et petits, ont exécuté des pas de danse cadencés par des gestes des mains. Selon les connaisseurs, ce sont des messages codés que seuls les initiés savent décrypter. L'espace d'une soirée, Djelfa, d'habitude morose, a renoué avec une ambiance festive agréméntée par les youyous des nombreuses femmes présentes. Le festival se tiendra jusqu'à samedi prochain avec un spectale artistique chaque jour. Il verra la participation des troupes des communes de Messaâd, El-Idrissia, la troupe des Ouled Naïl de Boussaâda et la commune de Hassi Bahbah. Des contrées où les traditions musicales et vestimentaires se sont maintenues.