Le président yéménite, Abd Rabbo Mansour Hadi, revient sur son refus de cautionner le cessez-le-feu, censé entrer en vigueur, jeudi dernier, à l'initiative du secrétaire d'Etat américain John Kerry, pour valider la trêve de 48 heures, applicable à partir de 9h GMT, annoncée par la coalition arabe. Son renouvellement est conditionné par le respect par les Houtis du cessez-le-feu et l'acheminement de l'aide humanitaire dans les villes assiégées dont Taëz (sud-ouest), comme le précise le communiqué publié par l'agence de presse officielle saoudienne. C'est à la demande du président Hadi, adressée dans une lettre au roi Salmane, que la nouvelle trêve a été décidée « en adhésion aux efforts de l'ONU et de la communauté internationale pour rétablir la paix au Yémen », souligne la coalition arabe. Toutefois, elle prévient qu'elle « ripostera » si les Houthis ou leurs alliés procèdent à une quelconque activité militaire ou mouvement de troupes. La coalition exige que les rebelles envoient leurs délégués à « la commission de désescalade et coordination », créée à l'initiative de l'ONU et basée à Dhahran, dans le sud de l'Arabie saoudite, pour superviser une cessation des hostilités. Le « blocus » naval et aérien sera maintenu. Jusque-là, la réaction des Houtis se faisait attendre. Faut-il déceler des signes d'espoir dans l'engagement des Houtis au terme d'une rencontre avec des négociateurs rebelles dans la capitale omanaise, Mascate, d'adhérer à l'initiative de paix Kerry prévoyant, outre la trêve, la formation d'un gouvernement d'union nationale avant la fin de l'année ? Après l'échec des 6 tentatives de cessez-le-feu, plombées par les divergences et la flambée de violence, rien n'incite à l'optimisme sur les chances réelles de dénouement d'une crise menacée d'enlisement et de contagion régionale. Le plan de paix initié, en octobre dernier, par Le médiateur de l'ONU pour le Yémen, Ismaïl Ould Cheikh Ahmed, est resté lettre morte. Des pourparlers de paix interyéménites qui s'étaient tenus au Koweït, pendant trois mois, sous l'égide de l'ONU avaient été suspendus en août dernier, en raison des divergences entre les deux camps. A la veille de cette énième trêve, le statu quo prédomine sur fond de violences. Depuis jeudi passé, plus de 50 personnes ont été tuées aux abords de Taëz, la troisième ville du Yémen, selon des sources médicales et militaires. Les violences ont débordé au-delà des frontières yéménites pour cibler les villes et les responsables saoudiens. Vendredi dernier, un militaire saoudien a péri par la chute à Assir, une ville du sud du royaume, de projectiles tirés depuis le Yémen, selon le ministère saoudien de l'Intérieur.