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Rebonds - Révolutions arabes : Cet invraisemblable destin commun
Publié dans Horizons le 26 - 03 - 2011

La logique de la loi des dominos semblait prévaloir jusqu'à un certain point, mais elle a déjà montré ses limites et obligé les acteurs «olympiens» de cette tourmente révolutionnaire, à se révéler sur deux scènes, l'une pour approuver une expédition contre-révolutionnaire, et l'autre pour empêcher une armée de reprendre la situation en main. Que s'est-il passé et que se passe-t-il dans les pays arabes qui explique cette communauté de destin dans le devenir révolutionnaire ? Il n'y a pas quatre ou cinq mois, il était difficile de concevoir cette continuité par laquelle ce qui arrive ici et là pouvait se produire, par effet de contagion, dans le pays voisin et un peu partout dans la géosphère arabo-musulmane. Tunisie, Egypte, Libye et Yemen continuent de vivre la tourmente, alors que l'épidémie menace de se propager ailleurs où des soubresauts révolutionnaires semblent se profiler.
TANT VA LA CRUCHE À L'EAU QU'À LA FIN ELLE SE CASSE…
Faut-il s'étonner que Ben Ali ait été chassé du pouvoir en Tunisie dans le contexte d'une colère populaire qui a rarement autant reflété la violence et l'autoritarisme policier avec lesquels cet homme a gouverné son pays ? On s'en étonne moins quand on sait que c'est moins l'autorité qu'on lui reproche que d'avoir fait régner l'injustice et la corruption, en favorisant les siens et les clans qui lui étaient loyaux, créant, dans un contexte pourtant économiquement prospère, une économie à deux vitesses, et excluant de cette prospérité une bonne partie de la population. On s'en étonne encore beaucoup moins quand un chef d'Etat qui a incarné l'autorité et qui a représenté son pays devant les assemblées internationales, décide de s'enfuir pour échapper à son destin et se révèle tel qu'il est réellement, loin, très loin de la stature qu'il se donnait en tant que chef d'Etat, avec des fortunes occultes, des complicités sordides et une histoire clanique et familiale dont le récit est parcouru de détournements, de népotisme, d'abus et d'excès de pouvoir.
Faut-il s'étonner que Hosni Moubarak, qui était arrivé accidentellement au pouvoir en Egypte derrière le cercueil de Sadate, qui s'était engagé à n'y rester que six années, et qui a finalement décidé de rempiler à vie, en soit expulsé avec autant de détermination par le peuple égyptien ? Il est évident, s'il devait y avoir un ordre chronologique dans les événements qui se succèdent dans les pays arabes, que c'est l'Egypte qui aurait dû arriver en tête, et cela pour la simple raison que ce pays, gouverné depuis des années par la terreur policière et selon des priorités
qui n'étaient plus celles de l'Egypte, vivait un mode de gouvernance, dont les principaux acteurs se savaient depuis longtemps dans une posture de fuite en avant, usant de toutes les formes de violences politiques, policières, sociales et économiques pour maîtriser une situation, dont la plus sordide des manifestations est une misère atroce touchant plus de vingt millions d'individus, une classe moyenne laminée et un peuple, dans sa totalité, frustré et atteint dans sa dignité de ne pouvoir s'opposer à une amitié israélo-égyptienne décidée au sommet et vomie par tous, surtout au lendemain des massacres de Ghaza que ponctuaient des visites et des accolades fraternelles entre Moubarak et les bourreaux des Palestiniens.
… SURTOUT QUAND ON VEUT LA CASSER
La fragilité de nombreux systèmes politiques arabes délégitimés par la corruption, les fraudes électorales, la confiscation des libertés et une propension certaine à rechercher une reconnaissance internationale au lieu de la puiser à la légitimité populaire et démocratique, rend la plupart de ces régimes très vulnérables et dès lors fort perméables à une volonté de déstabilisation extérieure. La logique de la loi des dominos semblait prévaloir jusqu'à un certain point, mais elle a déjà montré ses limites et obligé les acteurs «olympiens» de cette tourmente révolutionnaire, à se révéler sur deux scènes, l'une pour approuver une expédition contre-révolutionnaire, et l'autre pour empêcher une armée de reprendre la situation en main. C'est ce qui est arrivé respectivement avec le Bahreïn où l'Arabie Saoudite a été autorisée à intervenir, et en Libye où une coalition intervient militairement, en dépit de toutes les oppositions, pour favoriser la chute d'El Gueddafi. Cela signifie-t-il que les monarchies du Golfe sont des démocraties, et que la Libye est une dictature ? Cela signifie-t-il que Ben Ali et Moubarak sont des victimes ? Cela signifie-t-il qu'on s'attaque aux républiques récalcitrantes et qu'on épargne les monarchies dociles ? Cela ne semble rien signifier de tout cela, tout en y renvoyant et tout en l'induisant. Cela signifie simplement qu'on trace, en accompagnant et précipitant des révolutions et en empêchant d'autres, une géopolitique nouvelle qui déterminera, pour l'avenir, de nouveaux rapports internationaux dans la gestion des ressources énergétiques.
LA DEMOCRATIE N'EFFACE PAS CERTAINES REALITES, MAIS…
Moubarak, plusieurs jours avant son départ forcé du pouvoir, avait tenu des propos singulièrement significatifs de la croyance tenace chez ce genre de leader, qu'en son absence, ce sera le chaos. Ce qui est en partie vrai, du fait qu'en l'absence du «Pharaon», on a pu, en Egypte, pénétrer dans les coulisses du pouvoir, tous départements confondus, pour y découvrir l'horreur, l'ignominie, le crime d'Etat, l'injustice, les abus, les détournements et tant d'autres immondices qu'un pouvoir, dans une posture de fuite en avant, est capable de commettre pour continuer de sévir. Mais il ne faut pas s'étonner de voir certains dictateurs croire dur comme fer, qu'ils sont les sauveurs de leur peuple. Pourtant, l'aide américaine à l'Egypte, le soutien saoudien, le tourisme égyptien et tant d'autres manières occidentales de manifester un certain contentement vis-à-vis du régime de Moubarak ne peuvent justifier les clivages sociaux terribles, l'accaparement des richesses par une minorité de potentats corrompus et la confiscation de la volonté populaire par la violence policière.
Les réalités sociales et économiques que les Egyptiens et les Tunisiens ont redécouvertes au lendemain de leurs soulèvements, ont fait dire à certains que la démocratie ne règle pas certaines réalités.
Cela est vrai, mais il est encore plus vrai que sans la démocratie, ces réalités se révèlent encore plus graves et le chemin pour les solutionner encore plus sinueux.
La démocratie a, au moins le mérite de favoriser une alternance, un dialogue qui associent le plus grand nombre en vue de la solution la meilleure, sans calculs claniques et sans possibles concessions à des intérêts étrangers.


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