Le ministère marocain de l‘Intérieur a ordonné la saisie samedi des deux derniers numéros des hebdomadaires marocains «Telquel» et «Nichane» (indépendants) pour «avoir enfreint le code de la presse», a indiqué le ministère dans un communiqué. Le communiqué ne précise pas les faits reprochés aux deux hebdomadaires qui appartiennent au groupe de presse «Telquel» dont le siège est à Casablanca. Les deux numéros saisis ont en effet publié samedi un sondage, effectué en partenariat avec le journal français le Monde, sur le bilan des 10 premières années du règne du roi Mohamed VI. Le journaliste marocain et auteur d'un ouvrage «Mohamed VI : le grand malentendu», édité le 29 avril dernier, Ali Amar, a affirmé samedi, à la chaîne II de la radio algérienne, que la justice de son pays a la «main lourde» contre la presse indépendante. «La justice a eu la main lourde contre la presse indépendante et la liberté d'expression. Elle ne fonctionne pas de façon exemplaire par rapport aux affaires sensibles, à l'exemple du Sahara, de l'appareil sécuritaire et de sa responsabilité actuelle et ancienne et nous avons aussi le caractère sacré de certaines institutions qui ne peuvent pas être débattues», a souligné le journaliste à la chaîne III de la radio nationale. Il a expliqué que ces sujets sont, toutefois, traités par la presse indépendante, précisant que son œuvre «très critique» traite la question à deux niveaux. Pour le co-fondateur du «Journal hebdomadaire», la presse internationale n'a pas suffisamment ouvert certains sujets qui concernent la liberté de la presse ou les droits de l'homme. «On n'est pas encore arrivé à une situation où on pourrait avoir une ouverture démocratique», a-t-il précisé. L'écrivain marocain a également fait remarquer que «la nouvelle monarchie n'a pas marqué une véritable rupture avec Hassan II», relatant le fait que l'héritage de feu roi perdure sur le plan sécuritaire.