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Théâtre / La casa de Berada Alba
Aux prises avec l'autorité morale
Publié dans Info Soir le 24 - 03 - 2012

Représentation - La pièce raconte l'isolement, l'enfermement et la frustration des cinq filles de Bernarda Alba.
La casa de Berada Alba (la maison de Bernarda Alba), une pièce du poète et dramaturge espagnol, Federico Garcia Lorca, a été jouée hier, vendredi, à la salle Ibn Zeydoun (Riad el Feth) et jeudi, à l'auditorium du centre culturel de la Radio nationale, et ce, à l'initiative de l'Institut Cervantes
La pièce raconte l'histoire de de Bernarda Alba, qui, veuve pour la deuxième fois à l'âge de 60 ans, décide de vivre un deuil très rigoureux. Le fanatisme religieux, la peur de l'intimité, l'absence de personnages masculins, ainsi que la relation difficile entre les femmes de la maison de Bernarda, constituent le véritable argument de l'œuvre.
La pièce a été jouée en espagnol, et, en dépit de l'handicap linguistique, cela n'empêche pas de la suivre du début jusqu'à la fin, et, du coup, de l'apprécier.
En effet, dès l'entame de la pièce, l'on est interpellés et happés par le jeu des comédiennes, qui transcende immédiatement le langage. Car, il faut le souligner, le travail de l'interprétation est essentiellement axé sur la mise en scène, donc sur la gestuelle et le jeu corporel. Cela confère à la pièce plus de caractère et de relief. Le discours vient en second lieu. Il devient un simple accessoire.
Ce qui donne aussi de la force et du volume à la pièce, c'est bien l'expression ou le style vocalique. L'on est touché jusqu'au saisissement par l'intonation ou les inflexions de chacune des actrices, qui, toutes, dégagent de l'émotion. Leur voix, porteuse, véhicule une charge de sentiments et exprime un tempérament. Chacune des comédiennes s'emploie par sa voix et suivant la psychologie de son personnage à faire une démonstration de son vécu intérieur, qui, lui, se révèle sous l'emprise de son quotidien.
La pièce, dont les événements se déroulent dans un espace clos et en l'absence de toute liberté, raconte l'isolement, l'enfermement des cinq filles de Bernarda Alaba, qui se heurtent à la morale autoritaire et rigide d'une tradition ancestrale. Tout cela fait que ces dernières souffrent d'une profonde et lancinante frustration sexuelle, et pour cause, l'absence d'une présence masculine. Après les obsèques de son époux, Bernarda Alba, terriblement autoritaire, impose à ses filles huit ans de deuil rigoureux sans aucune relation avec l'extérieur : au début de la pièce, la matriarche demande à sa servante de fermer la porte de la maison avec la clé. Cette dernière s'exécute. Dans ce geste, il y a une double symbolique, à savoir se couper du monde extérieur et la clé servie pour fermer la porte renvoie métaphoriquement à celle utilisée pour le cadenas de chasteté.
- Les cinq filles de Bernarda Alba endurent douloureusement cet isolement que leur mère leur a imposé. Elles souffrent également de l'absence d'une présence masculine. Elles fantasment sur Pépé El Romano (un personnage masculin omniprésent, mais qui n'est pas représenté dans la pièce, il est seulement présent lorsque les filles l'évoquent en fantasmant sur lui) qui devait se marier avec Angustia, l'une des filles de Bernarda. Il se trouve qu'il fait l'objet de lutte entre les jeunes femmes qui ont succombé à son charme, et représente aussi le péché dans lequel tombe Adela. La jalousie des sœurs et la tyrannie de la mère poussent cette pièce qui commence par des obsèques, à une fin tout aussi tragique. Le drame dans lequel vivent les filles de Bernarda Alba, car c'en est un, est accentué par la musique, qui, en nous interpellant et sollicitant notre attention, traverse le jeu de bout en bout, et fait en conséquence ressortir toute sa puissance dramaturgique. A la musique s'ajoute la lumière. Les deux rendent la pièce prenante, tout à fait saisissante. Notons aussi que l'interprétation par laquelle les comédiennes se sont illustrées est attachante, tant le jeu, aussi bien avéré qu'entraînant, se veut naturel et s'exprimant dans un réalisme convaincant. On peut y déceler autant de crédibilité que d'éloquence dans la performance scénique. Car il s'agit effectivement d'une performance, puisque la représentation a duré deux heures et demie. Tout au long du jeu, les comédiennes ont su donner à la pièce du caractère et de la force. Elles ont su tenir le public en haleine, rendant ainsi la pièce attrayante et ses personnages attachants.


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