Regret - «Nous avons mangé, applaudi, pris des photos. Mais cela n'a abouti à rien. Même pas à un texte. Pourtant, nous avons posé des problèmes.» C'est ce qu'a déclaré à la presse le Pr Debzi, du CHU Mustapha-Pacha, faisant le constat que les journées parlementaires de 2009 n'ont servi à rien. Le Pr Debzi, qui s'exprimait en marge du séminaire sur «la gestion et traitement de l'hépatite C chez les patients vivant avec le VIH sida» organisé à Oran par le laboratoire MSD, estime que ceux qui prennent en charge les hépatites doivent tenir le même langage. Ce responsable appelle également à l'identification des centres thérapeutiques pour évaluer les malades. Sur le nombre des cas d'hépatite, le spécialiste estime qu'il y a un manque d'étude épidémiologique à grande échelle. Selon lui, «pour l'hépatite B, nous avons à ce jour les mêmes chiffres depuis 1998, soit 2,15 % de la population, et 0,40% pour la C». Pour les hémodialysés, le chiffre «qui date de 2010, est de 23,8%». Le Pr Debzi insiste, par ailleurs, sur la nécessité de la réactivation des comités nationaux de spécialités, gelés depuis très longtemps pour beaucoup de pathologies, et auxquels il faut donner plus de prérogatives. Ces comités «attendent d'être stimulés par le ministère de la Santé», dit-il, soulignant un vide juridique en matière de vaccins, notamment pour les femmes enceintes de 6 mois et les bébés. «Nous sommes le seul pays où on ne demande pas à la femme enceinte de faire la recherche des virus à six mois de grossesse afin d'éviter que le bébé ne soit infecté. Notre interlocuteur déplore en outre, à propos de l'examen prénuptial, que les mairies fassent un listing d'examens, alors qu'elles ne sont pas habilitées à le faire.» «La législation algérienne exige un certificat prénuptial de bonne santé, en insistant sur la confidentialité, après c'est au médecin de décider de demander la sérologie ou pas. Il faut chercher les facteurs de risque, car on ne peut pas faire un dépistage systématique», précise-t-il. De son côté, le Pr Berkane de l'hôpital de Bologhine (Alger), s'est étalé sur le consensus national pour la prise en charge de l'infection chronique A virus B .Cette infection dynamique de pronostic variable exige, selon lui, un traitement qui n'est prescrit que par un médecin spécialisé. Ce consensus implique le dépistage des partenaires sexuels et de l'entourage familial du sujet. Sur le plan préventif, ce même procédé recommande le dépistage de la femme enceinte à 6 mois, le rattrapage de la vaccination des enfants nés après 2003 ainsi que les sujets à risque dont les professionnels de la santé. Ces derniers ont été considérés par certains comme «réservoirs» de virus «Il faudrait une décision politique pour vacciner les nouveau-nés et les professionnels de la santé», a-t-il révélé aux participants dont des internistes, gastrologues et infectiologues.