Réussite - Le responsable des lignes aériennes émiraties, de passage dans la capitale française, lui proposera un poste d'hôtesse avec un salaire substantiel payé en devises, pratiquement quatre fois ce qu'elle gagnait. Elle a vu le jour en 1940 à Oran, dans une famille modeste du quartier populaire d'El-Hamri. Son père était docker au port et sa mère faisait les ménages. Une fois le certificat d'études en poche, Houaria n'aura qu'un rêve à réaliser, un rêve qui l'avait habitée pendant des années : Devenir dactylographe et travailler à la préfecture ou à l'Hôtel de ville. Pour y parvenir, elle prendra des cours particuliers dans une école privée grâce aux sacrifices de son père qui s'était littéralement saigné aux quatre veines pour les lui payer. A l'Indépendance, elle optera pour une toute autre voie : elle choisira l'agence Air France où elle sera employée comme hôtesse d'accueil. Avec la création d'Air Algérie et surtout à sa beauté brune et langoureuse, elle sera vite promue en qualité d'hôtesse de l'air. A l'escale de Paris, elle se fera remarquer par sa gentillesse aussi bien par les clients de la compagnie, que par les agences du Moyen- Orient. En 1968, le responsable des lignes émiraties, de passage dans la capitale française, lui proposera le même poste avec un salaire substantiel payé en devises, pratiquement quatre fois ce qu'elle gagnait. C'est vrai que cette nouvelle compagnie recrutait à l'époque à tour de bras. Houaria, c'était son nom, acceptera avec plaisir d'autant qu'elle avait tous les atouts pour ce poste : elle parlait l'arabe et le français, elle était jeune, célibataire et surtout volontaire. Elle servira à bord de toutes les destinations, à l'intérieur du monde arabe comme à l'extérieur. En l'espace de 10 ans elle réussira à acheter un superbe appartement de luxe à Beyrouth où elle installera ses parents. Elle les fera voyager un peu partout à travers le monde à chaque fois qu'elle était de service, surtout que les réductions à l'époque étaient pour les personnel et leurs familles de 80 %. Et comme elle a perdu le fil et même tout contact avec son pays, elle n'hésitait jamais, lorsqu'elle avait affaire aux rares Algériens qui empruntaient ses lignes, de demander des nouvelles fraîches du bled. Elle a été vue pour la dernière fois en 1992 par des passagers en provenance d'Oran. Depuis Houaria et sa famille sont définitivement entrées dans l'anonymat.