Résumé de la 3e partie - Akhénaton ira plus loin, dans une apparente radicalisation de sa réforme antonienne : il ordonne de détruire, dans les principales régions névralgiques du royaume, les images de culte des anciennes divinités. Certains archéologues estiment par conséquent que l'iconographie d'Amarna ne faisait que suivre une exigence de pharaon qui voulait que fût mis en évidence le lien exclusif qui unissait la famille royale au Dieu unique créateur de toute vie. En effet, l'art amarnien fut un art de cour qui, tout comme l'art traditionnel et ses conventions figuratives, devait respecter les normes qu'imposait une perspective hiérarchique. Il se peut toutefois qu'Akhénaton ait eu un physique très ingrat, voire un handicap. On a ainsi avancé l'hypothèse selon laquelle le roi aurait été atteint d'une maladie génétique rare et transmissible à sa descendance : le syndrome de Marfan ou le syndrome de Prune Belly. La représentation artistique de certains membres de la cour amarnienne disposant, dans de moindres mesures, des mêmes déformations, rend cette théorie peu plausible. On a encore dit que le roi aurait été atteint d'épilepsie, provoquant chez lui de longues crises hallucinatoires et douloureuses. On prête aussi à ce mystique des talents de poète, s'il est vrai qu'il a lui-même composé le Grand hymne à Aton gravé dans la tombe d'Aÿ. Akhénaton perpétue la tradition de rois bâtisseurs de ses prédécesseurs. Il élève des temples, qu'il appelle Gematon, comme à Karnak, à Kawa et à Sesebi, ainsi qu'une ville fortifiée en aval de la troisième cataracte. L'an XII semble être l'apogée du règne. Une fête grandiose est célébrée dans la cité où les envoyés des roitelets palestiniens, de Nubie, des pays de Koush et de Pount, apportent leurs présents au roi et à la grande épouse royale, possiblement en présence de la reine mère Tiyi. Cette dernière, dont l'importance en matière de politique, intérieure comme internationale, est déjà avérée à Thèbes sous le règne précédent, fait, selon certaines représentations, plusieurs séjours dans la nouvelle capitale, et y résida peut-être. Elle semble avoir conservé une certaine influence sur son fils. Elle est souvent accompagnée par sa plus jeune fille Baketaton, dont l'âge se rapproche de celui de ses nièces, les filles d'Akhénaton. La reine mère et sa fille cadette meurent toutes deux à la fin de l'an XII. (A suivre...)