Résumé de la 3e partie - Dennis Nielsen, va-t-il encore tuer Kenneth, ce jeune touriste canadien ? Kenneth a lutté un moment, Bleep a aboyé en voyant son maître lutter pour serrer le cou de l'invité. Puis Dennis met le casque sur sa tête, écoute de la musique et avale un dernier verre en compagnie du cadavre. Après quoi, rituellement, il le lave dans la baignoire, le sèche, l'habille et l'installe sur son lit à côté de lui pour dormir. Le lendemain matin, pour faire son lit, il met le corps dans un placard et s'en va travailler. Le soir, il ressort son compagnon du placard, l'installe sur une chaise dans la cuisine, prend des photos, parle, mange, puis le remet au lit pour regarder la télévision et s'endormir. Deux semaines de cohabitation. Puis la rupture. Dennis enroule le cadavre dans un rideau et le range sous le plancher, avec le précédent. Kenneth sera la seule victime de Dennis dont la disparition sera signalée dans les journaux, mais le corps ne sera jamais retrouvé. Les liaisons macabres se multiplient. En l'espace d'une vingtaine de mois, six cadavres vont se retrouver sous le plancher. Dennis ne racole même pas, il sympathise dans les pubs avec de jeunes marginaux, des sans-domicile-fixe, des fugueurs, des chômeurs, des adolescents à la dérive. Beaucoup fréquentent son appartement le temps d'une soirée et en repartent sans dommage. Les autres, sous le plancher, commencent à encombrer et Dennis pratique le dépeçage à son rythme, remplit les sacs poubelle ; il fait même un feu dans le jardin devant l'immeuble, avec des pneus qui empestent pour masquer l'autre odeur. Les voisins ne remarquent rien. Aucun policier ne vient frapper à sa porte. Les victimes n'ont pas d'intérêt social, nulle famille pour s'inquiéter d'eux. Et, de pub en pub, les pistes sont inextricables. La cravate de Dennis Nielsen, qui s'est avérée l'instrument le plus pratique pour étrangler, va servir une dizaine de fois entre 1980 et 1981. Toujours le même processus : il achève sa victime en la noyant si nécessaire, puis la lave, la sèche, l'habille et vit avec ce compagnon cadavérique entre huit et quinze jours. Parfois, il s'offre une relation sexuelle solitaire, avant ou après. Parfois pas du tout. L'essentiel, c'est de «garder» quelqu'un, de lui parler, de dormir à ses côtés. Il y aura ainsi Martyn de Liverpool, un jeune fugueur de dix-sept ans, dont le corps était si beau que Dennis regrette de devoir l'abandonner sous le plancher au bout de deux jours. Il était trop boursouflé. Il y aura également Billy, vingt-sept ans, marginal, prostitué à l'occasion, qui traîne sa vie comme un poids, après un mariage, un enfant, un divorce, de la prison, des tatouages sur tout le corps. Il s'est presque imposé chez Dennis, pour avoir un toit et ne pas retourner à l'Armée du Salut. Alors Dennis l'a tué pour s'en débarrasser. Ce n'était pas une rencontre intéressante pour lui et il estime plutôt lui avoir rendu service. Il y aura encore Malcolm, vingt-quatre ans, sans famille, sans amis, en traitement psychiatrique et épileptique. Dennis l'a trouvé sur un trottoir. Malade. Lui aussi, il a voulu lui rendre service, il l'a ramené chez lui, puis l'a envoyé à l'hôpital se faire soigner, mais l'autre est revenu, décidé à s'installer dans l'appartement. Il a bu - Dennis ne voulait pas - et, bourré de médicaments, il s'est effondré comme une loque. (A suivre...)