Avis - La solution médicale pour la prise en charge du toxicomane doit être «l'alternative à l'approche pénale» auprès de tous les intervenants de la chaîne judiciaire. La répression dans la lutte contre la toxicomanie a prouvé ses limites, d'où l'importance de la mise en place d'une stratégie sanitaire dans le traitement des toxicomanes, plaide le directeur général de l'Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie (ONLCDT). Mohamed Zouggar a appelé, en marge des travaux d'un séminaire régional sur le traitement de la toxicomanie, a «privilégier le traitement médical du toxicomane plutôt que de le punir». Affirmant que la solution médicale est «une des priorités de la politique nationale de lutte contre la drogue et la toxicomanie». M. Zouggar a estimé que «l'incarcération s'avère peu productive d'effet dissuasif sur un toxicomane». Réprimer «n'est pas la bonne thérapie, la solution serait plutôt de le traiter pour l'extirper de l'addiction», a-t-il souligné mettant en exergue l'apport de telles rencontres dans «la sensibilisation» des magistrats. Ces derniers sont sollicités à adopter davantage l'approche médicale comme prise en charge du toxicomane. M. Zouggar a rappelé dans ce cadre que la loi n° 04-18 du 25 décembre 2004, relative à la prévention et à la répression de l'usage et du trafic illicites de stupéfiants et de substances psychotropes, présente le toxicomane comme «une personne malade ayant besoin des soins médicaux». Evoquant la nécessité de se doter de structures sanitaires appropriées et de mettre en place un personnel médical hautement qualifié pour une prise en charge sanitaire, psychologique et sociale efficace. Il s'agit, dit-il, de «repêcher» les personnes appréhendées, précisant que 6 389 personnes ont sollicité les services des centres de désintoxication à travers le territoire national durant le premier semestre de l'année en cours. On parle également de 870 toxicomanes ayant séjourné dans ces structures. Zouggar a, d'autre part, indiqué que l'importance de ce séminaire régional de deux jours réside dans les réponses qu'il pourra apporter et dans les explications qu'il pourra fournir aux magistrats dans l'objectif de «s'adapter et mieux coordonner» l'action des différents intervenants dans la lutte contre la toxicomanie. Des magistrats, des officiers de la police judiciaire (DGSN et Gendarmerie nationale) ainsi que des médecins algériens et français participent à ce séminaire régional après des rencontres similaires à Alger et Oran, en partenariat avec la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT). Des interventions relatives aux outils «juridiques et pratiques» des procureurs en matière de lutte contre la toxicomanie, l'approche sanitaire et médicale de la toxicomanie dans le processus judiciaire en Algérie et en France ont été présentées, suivies de débats.