Charme Dotée de belles plages, Béjaïa est une destination touristique balnéaire de prédilection. Un atout qui devrait dynamiser le secteur touristique et l?activité hôtelière. Mais aujourd?hui ce n?est pas le cas. Car malgré la forte affluence des estivants sur le littoral béjaoui, la fréquentation des hôtels demeure en deçà de l?offre. En effet, depuis plusieurs années l?activité hôtelière dans la wilaya connaît un net ralentissement. La décadence s?est accentuée par les événements qu?a vécus la région. Cette régression est constatée même en saison estivale, période où les côtes de l?antique Saldae reçoivent des millions d?estivants. Pourtant, d?importantes infrastructures publiques ou privées, à l?expérience avérée, existent : un parc hôtelier de 69 établissements dont 19 unités balnéaires offrent 1 834 lits. Le faible taux de fréquentation des hôtels balnéaires durant la saison estivale précédente, qui ne dépassait pas 32% avec 52 652 nuitées confirme que bien qu?ils soient bien situés, ils n?arrivent toujours pas à faire le plein. Et les dividendes étaient, malgré la qualité des prestations, loin des résultats escomptés. Pour l?été 2002, le chiffre d?affaires avoisinait les 51 millions de dinars. Un chiffre dérisoire sachant qu?il représente l?essentiel de l?activité annuelle. Pour l?actuelle saison qui bat son plein, les hôteliers sont optimistes quant à une véritable relance après les améliorations de l?an dernier. Une virée à travers les principales structures d?accueil notamment les complexes d?El-Djourf de Melbou, Safsaf de Souk El-Tenine, Les Hammadites et surtout au magique village de Capritour nous a permis de constater que la tendance est plutôt prometteuse et c?est déjà la saison de la reprise de l?activité hôtelière. L?espoir est donc permis, pour reprendre l?expression du gérant du complexe Sahel d?Aokas, fleuron de l?investissement formule ZET. Même optimisme du côté du personnel des Hammadites. Quelques hôtels proposent de nouveaux produits : la nuit de noces et la lune de miel. D?autres, en revanche, préfèrent la formule de réservation groupée. Le prestigieux complexe les Hammadites est sans doute le plus prisé et le plus animé. L?établissement accorde un grand intérêt à la convivialité familiale et au tourisme culturel. «Il faut satisfaire et fidéliser une clientèle de plus en plus exigeante surtout en animation», s?accordent à répéter les hôteliers. Un constat s?impose : les lieux et l?activité ont visiblement subi une opération de moralisation. Mais il demeure que certains hôtels n?ont rien prévu et préfèrent intensifier le «tourisme de bar» et de «folles discothèques». Même si la relance de la fréquentation est certaine, le remplissage complet de tous les hôtels n?est assurément pas pour demain. C?est pourquoi il est urgent de chercher les raisons de cette régression. Pour les opérateurs, le problème réside ailleurs, car ils estiment qu?ils offrent des prestations et des commodités de classe. Selon eux, après les efforts fournis en matière d?hygiène et de sécurité, «tout est disponible pour assurer un agréable séjour». Cependant, d?autres se plaignent de quelques «concurrents» dont les hôtels seraient détournés de leur vocation initiale d?établissement d?hébergement en lieux de débauche caractérisée. Les exemples de non-respect du caractère familial ne manquent point. «De grands hôtels sont devenus de vulgaires bistros ou de douteux cabarets», expliquent-ils.